UQTR: retrait au bâton pour le football

Dany Rousseau se désole de la mort d'un... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Dany Rousseau se désole de la mort d'un projet qu'il peaufine depuis 1993.

François Gervais, Le Nouvelliste

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CHRONIQUE/Dany Rousseau va assister à la Coupe Vanier à Hamilton ce week-end. Dans un monde idéal, il y serait pour représenter les Patriotes, et amasser encore plus d'informations pour un programme de football sur le point de renaître.

Avec la décision de l'UQTR de tourner le dos à ce projet la semaine dernière, il va se contenter de jouer les touristes. À son plus grand regret.

Les promoteurs qui ont essuyé le refus la semaine dernière travaillaient sur le dossier depuis deux ou trois ans. Rousseau, lui, est là-dessus depuis 1993! Il avait assisté à la réunion qui avait sabordé le programme de football en 1979, quelques mois avant qu'il ne gradue dans les rangs universitaires.

C'est donc le maillot des Golden Bears de l'Alberta qu'il a défendu. Quand il est revenu dans la région et qu'il a commencé à toucher au football scolaire, il a eu l'idée de plancher sur le retour d'une équipe de football universitaire dans sa ville.

Il a essuyé des refus en cours de route, vu certains délais s'étirer. Mais depuis quelques mois, avec toute cette énergie qui entourait le projet, il a cru que la grande nouvelle allait finir par tomber. 

«Tout le monde que l'on rencontrait trouvait le projet extraordinaire. Il y avait beaucoup d'effervescence autour de nous. Partout, sauf à l'intérieur des murs de l'UQTR», se désole Rousseau. «Je comprends que le recteur s'embarque dans un plan de redressement. Que la situation n'est pas facile. Mais c'était un projet tellement rassembleur, avec une multitude de retombées positives. Fallait seulement avoir une volonté pour que ça débouche. Mais cette volonté n'est jamais venue.»

La dernière semaine a été difficile. Plusieurs ont été sous les micros pour parler de la fin précipitée des négociations. Il y a eu une petite guerre de chiffres. Rousseau s'attarde de son côté sur les propos du recteur Daniel McMahon, qui a lancé que le projet n'était pas viable.

«J'étais là lors du point de départ du programme du Vert et Or de l'Université de Sherbrooke. Je suis bien placé pour dire que nos chiffres étaient plus que réalistes», confie Rousseau, en poste comme responsable des sports à l'Université de Sherbrooke de 2002 à 2005.

«J'étais aux premières loges pour voir comment ce programme a été monté. Le sentiment d'appartenance qui s'est développé. La synergie maximisée à l'intérieur de l'université. Le programme de football est devenu une locomotive pour l'ensemble des sports...»

Il s'est évidemment inspiré de tout ça pour étoffer sa présentation. Faut l'entendre parler des nouveaux programmes académiques qui auraient pu se rattacher au projet, ou encore de la mobilisation des anciens qui aurait pu éventuellement s'étendre à tout le campus, pour comprendre que Rousseau est un peu dérouté par la tournure des événements.

«L'UQTR a manqué le bateau. Trois fois! Si on avait eu le feu vert en 1993, on aurait eu deux ans d'avance sur le Rouge et Or. Je ne dis pas que notre succès aurait été comparable, Jacques Tanguay a été incroyable pour le Rouge et Or. Puis il y a eu l'échec de 2000. Cette fois, avec un gars comme Benoît Dusablon à notre tête, et tous ces investisseurs, on avait les moyens de nos ambitions. C'est triste de savoir que tout ça va rester sur la table.»

Si le projet avait été accepté, Rousseau était pressenti pour devenir le coordonateur du programme. Il ne cache pas qu'il avait de l'intérêt, mais croit que la Corporation aurait eu d'autres bonnes candidatures à étudier. Tout comme il est convaincu que l'équipe n'aurait eu besoin que de cinq ans pour être compétitive.

«Pour devenir compétitif rapidement, ça prend de l'argent, de bons entraîneurs et des infrastructures de qualité. Bien sûr que le premier critère influence les deux autres. Et l'argent, nous l'avions», martèle-t-il. 

En novembre 2014, Rousseau croyait que l'affaire était dans le sac. «André-François Lafond m'avait invité à dîner pour me dire que ça fonctionnait! Un an plus tard, au Banquet de la Coupe Vanier avec la vice-rectrice, ça semblait réellement sur les rails...»

Ce fut finalement deux élans dans le beurre. Et le retrait sur trois prises est venu la semaine dernière. Rousseau n'y croit plus. «Cette fois, c'est terminé. Le Prix du Gros est tanné, je le comprends. Il va mettre son énergie sur le hockey...» 

Effectivement, Dusablon s'intéresse maintenant au projet de ramener du hockey junior à Trois-Rivières. Il a déjà fait des affaires avec Réal Breton, les deux ont jasé des potentiels nouveaux Draveurs il y a quelques semaines.

Selon une source qui connaît bien le dossier, Breton assure en coulisses qu'il a toujours l'appui de Geoff Molson et Peter Simons. Quand tu ajoutes un joueur de concession local comme Dusablon à l'équation, voilà un groupe qui va faire beaucoup parler de lui quand la première pelletée de terre du nouveau Colisée sera effectuée l'automne prochain.

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