L'UQTR dit officiellement non au football

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Avec l'arrivée de 80 nouveaux étudiants, l'UQTR aurait empoché 800 000 $ en revenus annuellement, selon les promoteurs du projet de football universitaire.

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(Trois-Rivières) Près de trois ans d'efforts ont été balayés par le recteur Daniel McMahon en début de semaine, lorsqu'il a avisé les promoteurs travaillant au retour du football à l'UQTR qu'il ne désirait pas les rencontrer afin de prendre connaissance de leur ultime proposition pour enfin trouver un terrain d'entente entre les deux parties.

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Jean-Guy Paré

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Nous sommes très déçus, évidemment. On a bien du mal à comprendre le raisonnement du recteur. Cette fois, c'est terminé», expliquait Jean-Guy Paré mercredi soir. 

Deux points de la dernière proposition du consortium étaient problématiques pour McMahon, selon Paré et ses lieutenants, qui ont accordé une longue entrevue au Nouvelliste

D'une part, l'UQTR souhaitait un projet à coût nul pour elle, et McMahon jugeait que le coût récurrent pour l'entretien d'un nouveau complexe de haute performance devait faire partie de l'équation. 

Il a aussi fait savoir au groupe qu'il tenait compte que la directrice du Service de l'activité physique et sportive de l'établissement, Isabelle LaVergne, allait devoir utiliser 75 % de son temps pour chapeauter l'équipe. Ces deux éléments, selon McMahon, obligeaient l'UQTR à consacrer environ 250 000 $ annuellement à ce projet. 

«Pour le nouveau complexe, nous avons proposé d'assumer le tiers de la facture, car un étage allait être consacré au football. Le reste du bâtiment allait être utilisé par l'ensemble des étudiants. Quant à Isabelle LaVergne, nous avons fait la démonstration que le calcul était erroné, car nous aurions embauché, à nos frais, un coordonnateur pour le programme. Selon notre estimation, c'est plutôt une somme d'environ 100 000 $ qui était en jeu du côté de l'UQTR», a noté Paré. 

«Or, avec l'arrivée de 80 nouveaux étudiants, l'UQTR empocherait 800 000 $ en revenus annuellement. Même si c'était seulement 60 nouveaux étudiants, ce serait 600 000 $ en subventions. Le recteur n'a jamais tenu compte de ce revenu dans son équation. C'est de l'argent qui s'envole, que l'UQTR ne touchera jamais.»

L'autre litige, c'est sur la gouvernance du programme. McMahon tenait mordicus à ce que l'UQTR chapeaute les activités du programme, alors que les promoteurs voulaient avoir les coudées franches. 

«Le recteur nous parlait du modèle de l'Université de Montréal, où un conseil d'administration interne s'occupe du football. Mais là-bas, l'Université défraie 50 % du coût du programme, contrairement à 10 % ici. Ce n'est pas du tout la même chose», lance Pierre Poirier. 

«Mais encore là, nous étions prêts à faire un bout de chemin. On aurait pu créer, par exemple, un Fonds dédié exclusivement au football. On n'a même pas eu le temps de faire cette proposition», déplorait Martin Leblanc.

Ce qui rend les promoteurs amers, c'est qu'ils ont l'impression que leur projet n'a pas été jugé au mérite. Qu'il est plutôt la victime d'un recteur qui ne veut donner aucune munition aux syndicats de l'université, en cette période où il tente de redresser les finances. 

«Il ne le dira jamais publiquement mais ça me semble clair qu'il ne veut pas de ce genre de pression avant de négocier avec les syndicats», poursuit Leblanc.

«On aurait dû nous avertir dès le départ que c'était voué à l'échec. Nous avons travaillé très fort pour répondre aux exigences de l'UQTR. À chaque rencontre, il y avait de nouvelles demandes. On avait le goût de s'investir. J'avais le goût de redonner à mon alma mater. Je m'aperçois aujourd'hui que l'UQTR veut simplement gérer des problèmes, des chicanes et des procès. C'est très frustrant.»

L'UQTR tourne donc le dos à une quarantaine de bâtisseurs prêts à injecter de leur poche près de 1,5 million $ dans l'aventure. Ces chiffres apparaissent sur la proposition d'entente déposée la semaine dernière au recteur, dont Le Nouvelliste a obtenu copie. 

De plus, dans ce document, Paré et sa bande font état d'engagement de commanditaires à la hauteur de 1 million $ pour les six prochaines années, et confirment la décision du Prix du Gros d'acheter pour 500 000 $ en billets par année au cours des cinq premières saisons du programme. 

Benoît Dusablon aurait assumé la présidence de l'équipe. «Cette proposition n'a même pas été présentée au conseil d'administration», pestait Pierre Poirier. «Le recteur nous a dit qu'il fallait qu'il soit convaincu pour la présenter au conseil d'administration, et que nous avions échoué. Notre perception, c'est qu'il n'a jamais cru au projet.» 

En conférence de presse mercredi, McMahon a laissé la porte ouverte au projet si les conditions deviennent plus favorables dans l'avenir. Il peut dormir tranquille, ce n'est pas demain la veille que ce groupe va le solliciter à nouveau. 

Le Prix du Gros, qui jouait le rôle d'épine dorsale du projet, s'est retiré. Et il n'est pas le seul à sortir de ces discussions avec de la rage au coeur. 

«On va trouver d'autres endroits où investir notre temps et notre argent», conclut Martin Leblanc.

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