Derrière Marchessault, il y a Paraphe

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Jonathan Marchessault est l'artisan de son propre succès avec les Panthers de la Floride.

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CHRONIQUE/Jonathan Marchessault est débarqué au Centre Bell mardi soir auréolé du titre de meilleur marqueur des Panthers de la Floride. Quatorze points en 15 matchs pour l'ex-vedette des Remparts, qui a su profiter de la blessure à Jonathan Huberdeau pour se mettre en valeur sur le premier trio de son équipe.

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Paul Corbeil

Tout le crédit revient au jeune homme, qui est spécialiste pour saisir les opportunités. Il l'a fait dans le junior, dans les rangs professionnels mineurs, puis avec le Lightning l'an dernier. 

Cette éclosion dans la LNH n'est pas uniquement liée à son talent et à son instinct de compétiteur. Cet été, avec son agent Paul Corbeil, il a choisi d'utiliser son statut de joueur autonome pour se trouver du boulot dans une ville où il aurait plus de chances de se faire valoir.

Évidemment, Marchessault et Corbeil ne pouvaient prévoir la blessure à Huberdeau. Sauf qu'ils savaient que la profondeur offensive des Panthers était ordinaire. À Tampa Bay, Marchessault aurait eu besoin... d'une épidémie de scorbut dans le vestiaire pour obtenir une audition aux côtés de Steven Stamkos!

Il fallait quand même du cran pour quitter une organisation qui t'a offert ta première chance dans la LNH, qui est prête à t'accorder un nouveau contrat. Marchessault a été bien guidé par Corbeil dans cette décision dont il va probablement récolter les dividendes pour le reste de sa carrière.

Avec Marchessault, Corbeil a encore une fois montré son flair pour aider ceux qui passent sous le radar à se faire une place au soleil. Marchessault n'a jamais été repêché, tout comme Alex Burrows, Marc-André Bergeron et David Desharnais. Corbeil croit tellement à ses protégés qu'il réussit à les vendre à une organisation. Son rôle est d'ouvrir les portes et il le joue à merveille. 

Pas pour rien qu'à l'époque où de plus en plus de joueurs se tournent vers les supers agences, le Groupe Paraphe est toujours sur la carte. Le milieu est une jungle, particulièrement avec la nouvelle génération de hockeyeurs qui se sentent moins liés à leur entourage professionnel.

Ces dernières années, Corbeil a vu quelques jeunes lui faire faux bond après leur entrée dans la LNH parce que soudainement, les grands agents s'intéressaient à eux. Quelques dossiers comme Desharnais et Jean-Gabriel Pageau ont été particulièrement durs à avaler...

Mais le Trifluvien est toujours fidèle au poste, prêt à se battre pour ses clients. Il n'a peut-être pas les moyens de les faire voler jusqu'à Trois-Rivières pour les étourdir dans des bureaux grandioses, mais vous pouvez compter sur lui pour déterrer les opportunités...

Pas d'appel du Canadien

Pour en revenir à Marchessault, il y avait quelques clubs intéressés à lui l'été dernier. Mais pas le Canadien, qui avait pourtant deux trous au sein de son groupe des six meilleurs attaquants. Certes, Alexander Radulov se veut une belle prise. À moins d'un million$ par année, Marchessault s'enligne de son côté pour le titre d'aubaine de l'année! 

Évidemment, il n'est pas le plus imposant. Et c'est vrai que des petits joueurs, le Canadien en a trop. Mais, je vous le demande, vous prenez Marchessault ou Brian Flynn dans votre club? Marchessault avait quand même maintenu une moyenne d'un point aux deux matchs l'an dernier, avec 12 minutes de temps de jeu en moyenne.

Quand un gars élevé à quelques centaines de kilomètres de ton aréna commande des pinottes comme salaire, et qu'il montre un flair évident sur le jeu de puissance, il me semble que tu t'intéresses à lui quand il est libre comme l'air...

Robert Rousseau a-t-il sa place au Temple de... (Archives Le Nouvelliste) - image 3.0

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Robert Rousseau a-t-il sa place au Temple de la renommée du hockey?

Archives Le Nouvelliste

Rousseau et Béchard oubliés?

Coup de fil à Gerry Rochon il y a quelques jours, en marge de l'intronisation d'Eric Lindros, Sergei Makarov, Pat Quinn et Rogatien Vachon au Temple de la renommée du hockey lundi.

Sans vouloir critiquer les choix du jury, j'ai sursauté un peu en prenant connaissance des faits d'armes de Vachon. Il a été un bon gardien, mais a-t-il été exceptionnel au point de figurer parmi les immortels de son sport? Et si oui, est-ce qu'un gars comme Robert Rousseau a été oublié?

J'avais eu la même réaction en tombant sur les notes biographiques de Dick Duff il y a quelques années. Duff a été admis en 2006 avec moins de 600 points au compteur en plus 1000 matchs, et quatre coupes Stanley.

Il a joué avec le Canadien à la même époque que Rousseau, qui a lui aussi bu quatre fois dans le célèbre trophée. Rousseau a empilé pour sa part plus de 700 points en moins de 1000 matchs. Il a de plus raflé le trophée Calder, mis la main sur la coupe Memorial, et mérité l'argent aux Jeux olympiques.

L'histoire peut aussi retenir qu'il a été l'un des premiers attaquants à être utilisé au point d'appui sur le jeu de puissance. «Sa candidature se compare avantageusement à celle de Duff, ça ne fait aucun doute dans mon esprit», lance Rochon. «Dans un Temple de la renommée, il y a toujours un peu de politique entourant ceux qui sont sur la ligne...»

Rochon n'ira pas plus loin. Pas besoin. Ça ne prend pas un grand analyste pour comprendre que Rousseau n'avait pas le même cercle d'amis pour pousser son dossier. Duff et Vachon sont restés dans le milieu du hockey après leur carrière, Rousseau a préféré l'univers du golf.

L'historien sportif trace un parallèle avec Claude Béchard, lui aussi boudé par le Temple. «Le jury a pourtant admis John d'Amico. Ils étaient dans la même classe pour moi. Claude Béchard a travaillé durant plusieurs finales lui aussi et il était reconnu comme l'un des meilleurs de sa profession à son époque. J'ai déjà posé la question, on m'a dit qu'il n'avait pas travaillé assez longtemps dans la LNH pour avoir accès à cet honneur», raconte Rochon, un peu surpris de la réponse puisque Béchard a oeuvré de 1966 à 1980 dans la LNH. 

Rousseau et Béchard auraient-ils eu plus d'appuis si leur nom de famille étaient White et Donovan, par exemple? J'ai bien peur que poser la question, c'est un peu y répondre...

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