Les portes de la NCAA se ferment devant Auger

Carrie-Ann Auger continue de dominer chez les Diablos... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Carrie-Ann Auger continue de dominer chez les Diablos de Trois-Rivières, en première division du réseau collégial. Ce week-end, elle a marqué 25 points dans la victoire des Diablos 67-55 sur les Cheetahs de Vanier, un gain qui a permis aux Rouges de reprendre le troisième rang au classement général. Et pourtant, les portes de la NCAA pourraient se fermer devant elle.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Depuis le début de la saison, Carrie-Ann Auger est fidèle à ses habitudes sur le terrain. La petite meneuse guide avec brio le programme de basketball féminin de division 1 des Diablos de Trois-Rivières. Mais dans son for intérieur, une vive déception l'habite.

À l'origine, la Trifluvienne de 19 ans devait endosser l'uniforme des Catamounts de l'Université du Vermont, en première division de la NCAA, à compter de l'automne 2017. Elle devait ainsi devenir la première joueuse de l'histoire du programme trifluvien à accéder au prestigieux réseau de compétition universitaire américain.

Cependant, au printemps dernier, tout le plan a déraillé lorsque l'entraîneure des Catamounts, Lori Gear McBride, a été congédiée par l'Université du Vermont. McBride avait elle-même recruté Auger après s'être laissée séduire par la qualité de son jeu. Avec l'entrée en poste du nouveau pilote, Chris Day, l'entente de principe entre la vedette des Diablos et les Catamounts est tombée à l'eau.

Day a bien fait miroiter la possibilité de faire signer une nouvelle entente à Auger, mais n'a finalement pas démontré beaucoup d'intérêt à se déplacer pour la voir jouer au cours de l'été.

«Je suis extrêmement déçu pour elle. C'est très frustrant. Quand elle s'est entendue avec l'Université du Vermont, les autres programmes se sont tournés vers d'autres joueuses. Pour elle c'était la bonne chose à faire, car ça lui enlevait un stress sur les épaules et elle s'entendait avec une bonne université. Tout était réglé, mais là tout s'est envolé...», explique son entraîneur chez les Diablos, Faisal Docter.

La principale intéressée admet que la pilule a été difficile à avaler à la suite du congédiement de McBride. Après tout, elle rêve de la NCAA depuis qu'elle fréquente l'école primaire. Au fil des semaines, elle assure que son moral prend du mieux.

«J'ai fait le saut en apprenant la nouvelle. Au début de la saison, j'étais démoralisée, c'est certain. Mais j'ai la chance d'avoir des coéquipières et une famille qui me supportent beaucoup», explique la numéro 5 des Diablos.

Au cours des derniers mois, l'Université Lafayette, en Pennsylvanie, a manifesté de l'enthousiasme envers l'ancienne porte-couleurs du Collège Marie-de-l'Incarnation. Encore là, les espoirs ont rapidement déchanté.

«Avant de la signer, ils voulaient qu'elle améliore son score au SAT (test de pré-admission universitaire). Elle a donc étudié tout l'été en prévision du test prévu en octobre, puis en septembre, quand je leur ai parlé, ils m'ont simplement dit qu'ils avaient déjà signé quelqu'un d'autre et qu'ils n'avaient plus de place pour elle...», raconte Docter, avec un brin de rage dans la voix.

Dans toute cette histoire, ce qui choque au plus haut point l'entraîneur des Diablos, c'est que toute la situation soit hors de contrôle de sa protégée. Il voit bien mal ce qu'elle aurait pu faire de plus après avoir été nommée sur la première équipe d'étoiles du RSEQ et sur l'équipe d'étoiles au Canada. Tout ça après avoir mené les Diablos au meilleur rendement de leur histoire en première division en 2015-16.

Et Auger est loin d'avoir ralenti la cadence depuis le début de la présente campagne, elle qui trône au sommet des marqueuses du RSEQ. Pas plus tard que vendredi dernier, elle a même enfilé 41 points!

«Je ne vois pas ce qu'elle peut faire de plus pour convaincre les programmes américains. Toute sa vie, on lui a dit qu'elle était trop petite. Elle a quand même continué à se lever tôt tous les matins pour s'entraîner fort. C'est une fille de notre ville qui a amené notre programme à des sommets jamais atteints auparavant. Nous sommes rendus à un autre niveau grâce à elle. C'est donc très frustrant de voir tout ce qui lui arrive.»

Ainsi, pendant que d'autres joueuses de première division du RSEQ ont des ententes en poche en vue de l'automne 2017, Carrie-Ann Auger doit prendre son mal en patience... et garder espoir, comme le rappelle son entraîneur. 

«Elle a montré qu'elle était capable de se démarquer de tout le monde dans notre ligue. Et il est toujours possible pour elle de s'entendre avec une université au printemps.»

Justement, au début du mois, un dépisteur des Knights de l'Université Fairleigh Dickinson, dans le New Jersey, s'est déplacé à Trois-Rivières pour épier la meneuse de jeu des Diablos. «Ils semblent intéressés, mais ils ne lui ont pas soumis d'offre», laisse tomber le pilote des Rouges.

Déçue de voir son rêve s'éloigner, Auger garde toujours espoir de voir une université lui soumettre une bourse d'études. Pendant ce temps, elle évalue ses différentes options, notamment auprès de plusieurs universités québécoises intéressées à ses services.

«Si je vais jouer aux États-Unis, ça sera un bonbon. Sinon, ça sera ici et je ne serai pas mal prise du tout. J'ai toujours priorisé mes études et je ne suis pas inquiète pour mon avenir», analyse celle qui souhaite étudier en droit.

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