Emanuel Vallée: d'intimidé à intimidant

À 25 ans et avec un passé où... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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À 25 ans et avec un passé où la vie n'a pas toujours été facile, Emanuel Vallée vivra son baptême de feu sur la scène professionnelle des arts martiaux mixtes.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Il mesure presque six pieds et pèse plus de 260 livres. «265 livres pas de bedaine», tient-il à spécifier, en riant.

De l'avis de son agent, Emanuel Vallée est «bâti comme un ours» et a le potentiel pour percer dans l'univers des arts martiaux mixtes (AMM).

Après une courte carrière couronnée de succès dans les rangs amateurs, le Latuquois de 25 ans s'apprête à faire le saut chez les pros, vendredi, lors d'un gala qui marquera la renaissance de l'organisation québécoise TKO.

C'est dans l'arène de la Tohu, à Montréal, que Vallée vivra enfin son baptême de feu professionnel quand il se mesurera à Adam Dyczka de Granby. Un excellent test puisqu'il s'agit de l'un des meilleurs combattants au pays du côté des poids lourds. Pour une entrée en matière, difficile de demander mieux!

«Je réalise un rêve, je vois cette soirée comme l'opportunité d'une vie», partage avec fébrilité celui qui travaille comme contracteur à temps partiel pour le Canadien National.

Dans le milieu du AMM, on considère Vallée comme l'un des bons espoirs de sa discipline. Ce n'est donc pas un hasard si le promoteur Stéphane Patry tenait à s'assurer que le gaillard se retrouverait sur sa carte de 14 combats, vendredi dans la métropole. Patry, avantageusement connu pour être l'un des architectes des arts martiaux mixtes au Québec, tente de relancer TKO à la suite de sa disparition en 2008.

Il a d'ailleurs conclu un partenariat avec la très puissante UFC en septembre. L'organisation diffusera tous les événements de TKO sur sa plateforme numérique UFC Fight Pass, ce qui veut dire qu'ils seront plusieurs amateurs à découvrir certains des combattants d'ici, dont Vallée.

Une jeunesse difficile

Le parcours d'Emanuel Vallée à l'enfance ainsi qu'à l'adolescence rappelle celui de l'une de ses idoles, Georges St-Pierre. Jeune, Vallée a dû apprendre à se défendre. Il en avait assez de se faire intimider.

«Ça n'a jamais été facile pour moi à l'école», concède-t-il avec le recul. «Je n'étais pas populaire, j'étais toujours dans les classes d'adaptation scolaire. Les gens me jugeaient sans me connaître.»

Au point où c'était devenu difficile pour lui de se retrouver en présence d'autres élèves. 

«Si je ne me défendais pas, je mangeais une volée ou je me faisais taxer. J'ai vécu des choses embarrassantes et je ne venais pas d'un milieu facile.»

Question d'échapper aux insultes, Vallée se réfugiait dans la salle de musculation à l'école secondaire Champagnat pendant la pause du midi. Là-bas, il n'y avait personne pour se moquer de lui. 

«Je n'avais que 13 ans, mais j'adorais aller au gym. En fait, j'ai toujours apprécié les sports de combat. J'ai essayé le football aussi, mais puisque j'avais de la misère à m'intégrer dans le concept d'équipe, ça n'a pas duré longtemps.»

Vous comprendrez qu'avec les années, ils étaient de moins en moins nombreux à intimider Vallée.

Puis, alors qu'il s'entraînait au gymnase de Pascal Duchesne, le propriétaire des lieux a cru bon de discuter avec Vallée. 

«Il ressemblait à un gars qui se cherchait, confie celui qui est devenu son agent. Je lui ai dit: "Manu, tu as les capacités pour te battre dans des combats ultimes."»

C'est ainsi que le jeune homme a commencé à se produire chez les amateurs, où il n'a jamais connu la défaite en six combats. Tout ça en deux ans.

Vallée a par la suite pris une pause pour des raisons familiales, mais sa passion pour les arts martiaux mixtes ne s'est jamais dissipée.

Les cages plutôt que les Loups

Avant de recevoir le coup de fil de Stéphane Patry il y a quelques mois, Emanuel Vallée s'entraînait en vue du début de saison des Loups de La Tuque dans la Ligue de hockey senior A de la Mauricie. 

«Je me préparais aussi pour un gala amateur à Trois-Rivières. Mais les plans ont changé et j'étais bien content!»

Au début de l'année, Vallée avait échangé des courriels et des vidéos avec Patry afin de lui montrer de quel bois il se chauffait dans l'arène. À l'époque, le promoteur n'avait toutefois pas encore confirmé le retour de TKO. 

«Il m'a rappelé car il se souvenait de moi. Je vois ça comme un beau vote de confiance, ça veut dire qu'il a aimé mes vidéos!»

Motivé par cet appel, Vallée a redoublé d'ardeur à l'entraînement, auquel il consacre 30 heures par semaine, notamment avec son mentor Pierre Lamarre. Il fréquente également un club réputé à Jonquière.

Reste maintenant à se montrer convaincant dans la cage. 

«C'est ma chance de faire parler de moi, de me positionner sur la liste des combattants de la relève. Je suis optimiste pour l'avenir de TKO et je pense que c'est le meilleur moyen d'accéder à mon rêve, la UFC. C'est comme un club-école.»

Sans surprise, plusieurs de ses proches voyageront de La Tuque à Montréal pour assister à cette soirée spéciale. Une soirée qui rappellera à certains d'entre eux toutes les embûches que Vallée a dû traverser pour se rendre là.

«Le p'tit gars qui avait de la misère à faire un exposé oral au secondaire s'en va se battre sur le UFC Fight Pass! Ça prouve que rien n'est impossible, non?»

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