Football à l'UQTR: le plan d'affaires divise les parties

Le recteur de l'UQTR Daniel McMahon n'a pas... (François Gervais)

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Le recteur de l'UQTR Daniel McMahon n'a pas présenté le projet du retour du football, estimant que le plan d'affaires de la corporation football ne répondait pas aux demandes de l'institution.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Même si la date limite afin de déposer une candidature pour inscrire une équipe dans la Ligue de football universitaire du Québec approche à grands pas, le 26 novembre, l'Université du Québec à Trois-Rivières ne s'est pas prononcée sur le dossier lundi lors de la réunion de son conseil d'administration. Le plan d'affaires du groupe de promoteurs du football ne satisfait pas ses demandes.

Malgré plusieurs rencontres dans les dernières semaines, les deux parties n'ont toujours pas trouvé un terrain d'entente en ce qui a trait au financement de l'équipe de football, mais aussi à la gouvernance de cette future formation.

Économiquement, l'Université exige que le projet soit à coût nul pour elle durant les cinq premières années, soit la durée du plan de redressement financier que l'institution a mis de l'avant afin de se remettre des nombreux déficits encourus dans les dernières années. «Il ne faut pas que ça coûte quelque chose à l'Université. Au moment où l'on se parle, ça coûterait quelque chose à l'Université. Il faut trouver une solution pour que ça se fasse à coût nul», souligne le recteur Daniel McMahon.

En entrevue téléphonique, le leader du groupe d'investisseurs, Jean-Guy Paré, a quant à lui mentionné qu'il serait possible que le projet se fasse à coût nul pendant cinq ans. À l'origine, en 2015, la corporation football demandait une participation annuelle de 150 000 $ à l'UQTR pour le budget de fonctionnement de l'équipe.

Le deuxième élément qui achoppe est la structure que prendra cette équipe. Selon le projet initial, une corporation privée formée de membres de la communauté aurait pris les rennes de l'équipe. Or, l'UQTR préférerait qu'une seule corporation chapeaute toutes les disciplines sportives de l'UQTR, plutôt que de voir le football travailler en vase clos.

C'est donc une mise à jour du projet qui a été présentée au conseil d'administration de l'établissement lundi après-midi. Un vote sur le sujet n'était d'ailleurs pas à l'ordre du jour de la réunion.

«Si le dossier était parfaitement attaché, j'aurais fait une recommandation au conseil, mais je ne suis pas en mesure de le faire aujourd'hui. J'ai donc informé les membres du conseil que le dossier chemine et que si on réussit à attacher les derniers éléments, il y aura une réunion spéciale du conseil d'administration (avant la date limite).»

M. Paré a préféré rester prudent à la suite de cette rencontre, ne voulant pas commenter les dernières demandes du recteur.

«Nous allons regarder comment nous pouvons résoudre ensemble les questionnements afin de résoudre l'impasse dans ce dossier. Nous avons eu une bonne rencontre avec M. McMahon la semaine dernière alors nous n'avons pas de raison de ne pas avoir confiance.»

Une corporation unique

La demande de la part du recteur qu'une seule et unique corporation supervise les équipes des Patriotes pourrait causer problème aux yeux des investisseurs. Depuis le début de cette aventure, les promoteurs du projet maintiennent qu'afin que l'équipe connaisse du succès, elle doit être opérée par une corporation propre au football, qui serait en charge de toutes les opérations et de la recherche de commanditaires. Par exemple, à l'Université Laval, chaque discipline est gérée par sa propre corporation.

Or, si les opérations de toutes les équipes se retrouvent sous la même gouverne, l'argent investi par les membres de la communauté pour le football pourrait donc se retrouver à faire la promotion d'autres disciplines, ou encore se perdre dans la lourdeur bureaucratique de l'UQTR. L'indépendance de la corporation football face à l'Université était d'ailleurs l'un des points primordiaux de cette aventure, avait souligné sous le couvert de l'anonymat un des investisseurs du groupe l'année dernière.

La forme que prendrait cette nouvelle entité reste floue et le Service de l'activité physique et du sport de l'UQTR ne pouvait donner davantage de détails à propos de cette requête lundi. Le recteur explique toutefois que cette façon de faire vise à assurer la pérennité des autres formations sportives du campus. «Présentement, la machine football et la machine des autres équipes des Patriotes ne s'équilibrent pas. C'est gros, une machine de football. Il faut trouver une manière de le faire. Eux (les investisseurs) aimeraient faire du football, mais il ne faut pas qu'on étouffe le restant, qu'on développe le tout correctement.»

Même si le projet ne correspond pas aux attentes de l'UQTR, le recteur McMahon estime toutefois qu'il est beaucoup plus réaliste que celui qui avait été présenté à la même date en 2015.

«Par rapport à l'année dernière, c'est le jour et la nuit. L'an dernier, le projet qui avait été soumis ne tenait pas la route. Les gens ont travaillé énormément sur la structuration et le financement de l'équipe. C'est un travail remarquable qui a été fait durant l'été.»

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