Le Tigre de retour dans sa tanière

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Ils étaient nombreux à vouloir obtenir une photo ou une poignée de mains avec Michel Bergeron vendredi au Colisée.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Il en a serré des mains, vendredi soir, Michel Bergeron.

Invité au Colisée, où l'organisation du Blizzard conviait une soixantaine d'anciens membres des Draveurs à inaugurer la saison de la Ligue nord-américaine de hockey, le Tigre a retrouvé sa tanière, le temps d'une soirée, et les 1140 spectateurs l'ont accueilli comme s'il n'avait jamais quitté la ville.

Sans surprise, Bergeron a été la grande vedette de ces retrouvailles, parmi les premières depuis le déménagement des Draveurs au terme de la saison 1991-92.

Les partisans dans les gradins auraient sans doute aimé que le charismatique entraîneur s'adresse à eux avant la mise au jeu initiale. Par contre, juste avant d'entrer sur la patinoire pour aller rejoindre ses anciens joueurs, il peinait à contenir ses larmes.

Le Tigre, qui terrorisait tant d'adolescents au milieu des années 1970 alors qu'il contrôlait d'une main de fer les destinées des Draveurs, était visiblement ému de cet hommage. «Le Colisée n'a pas changé, je pense que c'est la même peinture qu'à mon époque», rigolait «Bergie» en entrevue au Nouvelliste.

De mal-aimé à adulé

Il fallait voir les partisans de toutes les générations échanger une poignée de mains ou un égoportrait avec la vedette du jour pour saisir à quel point Bergeron demeure une personnalité appréciée, voire adulée, dans la cité de Laviolette. Bergeron ne pouvait franchir un mètre devant lui sans être salué.

Ses six campagnes à la tête des Draveurs ont été couronnées de succès avec quatre championnats et deux participations à la Coupe Memorial.Pourtant, rien ne laissait présager une si belle histoire. L'état-major venait à peine de congédier le très respecté Claude Dolbec quand Bergeron a été engagé. «Les joueurs avaient fait la grève, les journalistes étaient pas mal tous contre moi», se souvient Bergeron en souriant.

Pourtant, six ans plus tard, lors de l'annonce confirmant son départ pour les Nordiques de Québec, tout le monde pleurait! «C'est là que j'ai compris que j'avais un sentiment d'appartenance très fort pour la ville. Et cela ne m'a jamais quitté, même après dix saisons dans la LNH.»

Plusieurs associent les années Bergeron aux meilleures du hockey junior à Trois-Rivières. Avec raison. Car après le départ du «Tigre», l'organisation a perdu un ambassadeur hors-pair. Elle ne s'en est jamais vraiment remise, notent certains observateurs.

Les anciens Draveurs étaient nombreux pour cette soirée... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Les anciens Draveurs étaient nombreux pour cette soirée de retrouvailles

Stéphane Lessard

Toujours prêt à aider

Lors d'un entretien avec Le Nouvelliste il y a quelques années, Michel Bergeron avait confirmé son intérêt à donner un coup de main aux décideurs ainsi qu'à d'éventuels propriétaires pour faire renaître les Draveurs dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Il tenait le même discours vendredi, notamment en présence du maire de Trois-Rivières Yves Lévesque... et du commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau.

«Il y a des normes à suivre, mais je n'ai pas changé d'avis. Je sais que le projet de nouveau colisée est confirmé et je salue cette nouvelle.»

Même discours

Malgré la bonne humeur qui régnait et le caractère nostalgique de la soirée, qui rappelait à quel point les Draveurs ont contribué à leur façon à l'essor du hockey junior québécois, le discours de Gilles Courteau n'a pas changé non plus.

«Les Draveurs ont fait partie de la belle époque de la LHJMQ et il faut reconnaître ce qu'ils ont donné autant à la ville qu'à la ligue.»

«Mais ce soir, ce sont des retrouvailles, pas une occasion de parler d'un projet d'expansion, car un projet d'expansion, en ce moment, il n'y en a pas. Nos 18 clubs sont bien en selle, on ne doit pas laisser miroiter quoique ce soit aux gens de Trois-Rivières», a prévenu Courteau, l'ancien statisticien des Draveurs.

Une vision partagée en partie par le conseiller municipal René Goyette, longtemps impliqué chez les Draveurs. «Cet événement servait d'abord à tous nous retrouver. Nous ne sommes pas encore rendus à créer un engouement pour le retour du hockey junior.»

Qu'à cela ne tienne, ça en fait rêver plusieurs, dont André «Moose» Dupont, entraîneur-chef pendant trois saisons au milieu de la décennie 80. «Monsieur Lévesque travaille fort sur le dossier, c'est encourageant. Lorsque l'amphithéâtre sera construit, ça va prendre un club d'une grosse ligue et ce sera bon pour la ville.»

À quand les bannières?

La terrasse des Draveurs de Trois-Rivières a été inaugurée en marge des célébrations marquant les retrouvailles.

Il serait cependant intéressant que l'on suspende au plafond du Colisée les bannières rappelant les meilleurs moments de l'histoire du club ainsi que les joueurs dont le numéro a été retiré.

Claude Verret, qui a été le dernier à recevoir un tel privilège, était présent vendredi...

Bergeron n'est pas le seul à souhaiter contribuer à la cause des Draveurs. Le gérant de l'équipement du Canadien, le Trifluvien Pierre Gervais, répondra par l'affirmative si quelqu'un l'appelle. «Ça me déçoit de voir que le principal aréna de Trois-Rivières se trouve dans un si mauvais état. J'ai plein de souvenirs ici, mais nous sommes prêts pour du neuf!»

Le Blizzard arborait les couleurs des Draveurs pour... (Hugo Cotnoir) - image 3.0

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Le Blizzard arborait les couleurs des Draveurs pour ce match d'ouverture face au Cool FM de Saint-Georges-de-Beauce.

Hugo Cotnoir

Le Blizzard peu convaincant

Si Michel Bergeron avait dirigé le Blizzard vendredi, il aurait sans doute été rouge de colère à sa sortie du Colisée.

Pour sa rentrée locale, la troupe de Jonathan Lessard n'a pas été très convaincante contre le Cool FM de Saint-Georges-de-Beauce. L'équipe de Dean Lygitsakos a quitté l'aréna avec une victoire de 4-1.

Seul Mathieu Guertin, en échappée, a réussi à tromper le gardien beauceron Pier-Olivier Pelletier, dont la soirée s'est résumée à 20 lancers.

Le Cool FM a quant à lui tiré à 33 reprises vers la cage de Charles Lavigne, qui remplaçait Marco Cousineau, indisponible ce week-end.

«On s'attendait à mieux, se désolait Lessard, qui n'a pu remporter son premier match comme entraîneur dans la LNAH. J'ai senti du stress pendant la première période. Ce ne seront pas des erreurs liées à l'intensité ce soir, mais plutôt au mauvais positionnement.»

Le Blizzard affrontera les Marquis, samedi à Jonquière.

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