Football collégial: un avenir pour les Électriks?

Avec un manque criant de joueurs, les Électriks... (Olivier Croteau)

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Avec un manque criant de joueurs, les Électriks ne parviennent pas à rivaliser avec les autres équipes de la division 3 collégiale.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Une fiche d'aucune victoire et cinq défaites, toutes par 41 points ou plus, une équipe avec à peine assez de d'athlètes pour sauter sur le terrain, et une impossibilité à recruter de nouveaux joueurs, voilà qui résume la saison de football collégial à Shawinigan. Est-ce qu'il y a un avenir pour les Électriks?

«Honnêtement, je n'ai jamais eu autant de plaisir à diriger une équipe. Tout le monde a le sourire fendu jusqu'aux joues. On se croirait dans une ambiance d'éliminatoires. Nous ne sommes que 25, tout le monde joue à deux positions et tout le monde est positif», lance d'entrée de jeu le pilote Guy Bergeron lorsque questionné si son équipe est prête à affronter les Indiens du Collège Ahuntsic samedi au terrain de l'école secondaire des Chutes.

Pourtant, il y a bien peu de chances que sa troupe viennent à bout des Indiens (3-2) ce week-end. Il faudrait un petit miracle, puisque les Électriks n'ont pas été en mesure de rivaliser avec aucune autre formation cette saison, faute de joueurs. D'avoir évité un forfait depuis le début du calendrier s'avère un exploit en soi.

Depuis le début du programme, le recrutement cloche. Le nombre de footballeurs dans la région est en baisse importante - comme partout ailleurs au Québec - et la disparition de deux équipes scolaires n'a certainement pas aidé. Seulement huit joueurs de l'équipe sont des environs de Shawinigan, trois sont de La Tuque, et le reste, de Trois-Rivières ou même de la rive sud. 

«On trouve ça très spécial d'avoir si peu de joueurs de Shawinigan. Nous avons perdu 60 % des finissants en football. C'est arrivé l'année après que nous ayons lancé nos activités. Si j'avais su à l'époque, j'aurais dit de ne pas lancer le programme à Shawinigan, que nous ne serions jamais capables d'avoir 40 joueurs dans l'équipe», avoue Bergeron, qui impute la baisse de popularité du football en Amérique du Nord aux reportages sur les commotions cérébrales.

Dans ces conditions, le Collège Shawinigan pourrait-il être tenté de mettre la clé sous la porte pour le programme de football? 

«Les dirigeants du cégep sont 100 % derrière nous. Ils voient ces jeunes heureux et que la mission première est remplie. Mais les coûts de faire jouer une équipe de foot avec si peu de joueurs... est-ce qu'ils rentrent dans leurs frais? Je ne le sais pas. Mais j'imagine que le Cégep investit plus que ce qu'il devrait pour nous aider. C'est louable, mais est-ce qu'il sera capable de toujours faire ça?», se demande le pilote.

Bergeron lui-même ne sait pas pendant combien de temps il pourra maintenir cette cadence de diriger une équipe avec seulement une vingtaine de footballeurs. C'est particulièrement l'aspect sécurité qui l'inquiète, puisque ses protégés épuisés peuvent se retrouver dans des situations vulnérables.

«C'est tout un stress quand tu te présentes sur le terrain. Les gars sont fatigués, moins alertes et on craint qu'ils se fassent fermer les lumières. Côté sécurité, c'est moi qui a ces doutes. Je ne suis pas sûr que j'ai envie de refaire du football à 25 joueurs. Je vais voir comment le recrutement va. Si ça ne cogne pas plus à la porte et qu'il n'y a pas plus d'intéressés, je vais prendre une décision et le cégep en prendra une par la suite», conclut-il.

Les Diablos face à un homme-orchestre

Pour la quinzaine de joueurs qui étaient avec les Diablos en 2015, la rencontre de samedi face aux Triades du Cégep de Lanaudière aura une signification spéciale. L'année dernière, ils avaient échappé un match qui était à leur portée pour subir une défaite de 27-25 devant leurs partisans face aux Triades. Un revers qui les avait privés d'une participation aux éliminatoires, l'équipe de Lanaudière se faufilant de cette manière.

Entré en poste l'hiver dernier, François Dussault s'est empressé de regarder le film de ce match dès son arrivée avec les Diablos. «Nous avons une équipe jeune, il n'y a que 15 joueurs sur 55 qui étaient là l'an dernier. Donc la notion de revanche, de replacer les pendules à l'heure , n'est pas nécessairement présente. Il faut se dire que c'est un match comme les autres», mentionne le pilote, qui espère que son équipe fera preuve de plus de constance. «Les matchs où nous avons été les plus disciplinés et où nous avons marqué, c'est que nous faisions preuve de constance.»

Cette saison, les Triades connaissent toutefois des difficultés, n'ayant pas obtenu la victoire en cinq sorties. Une cible idéale, du moins sur papier, pour permettre aux Trifluviens de retrouver une fiche de ,500. Mais Dussault se montre prudent et estime que ses adversaires du week-end, sur la route, sont bien plus dangereux qu'ils ne l'étaient en début de campagne. «Depuis qu'ils ont donné le poste de quart-arrière à Antoine Chabot, ils ont fait trois fois plus de passes de touché (6) et ils ont lancé quatre fois moins d'interception (1). En plus, il est leur meilleur porteur de ballon. S'il a pu en faire autant en deux matchs, ça démontre beaucoup. C'est vraiment un homme-orchestre parce qu'il fait tout et bien. Il faudra trouver un moyen de le contenir défensivement.»

L'offensive des Diablos devra aussi trouver le moyen de marquer plus de neuf points, sa récolte lors des deux derniers matchs. Dussault évalue encore quelle philosophie offensive devrait être adoptée. «C'est notre première année et nous sommes encore à apprendre à connaître le monde et notre identité. Mais on va devoir trouver un moyen de finir nos séries offensives avec des points. Nous avons mis l'emphase là-dessus cette semaine.»

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