Fugère: «Je serai toujours un gars du Blizzard»

Habitué d'être courageux sur la glace, Boby Fugère... (Archives Le Nouvelliste)

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Habitué d'être courageux sur la glace, Boby Fugère devra maintenant l'être pendant sa réadaptation, lui qui s'est déchiré les quatre ligaments du genou gauche lors d'un combat, vendredi dernier.

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(Trois-Rivières) Son métier le force à prendre des risques. Qu'à cela ne tienne, Boby Fugère n'avait jamais subi de blessures graves sur une patinoire, même s'il doit souvent défendre ses coéquipiers du Blizzard de Trois-Rivières, son rôle de matamore oblige.

Quand il tombe sur la glace, normalement, il se relève. Mais vendredi soir, au terme d'un combat avec Dave Hamel des 3L de Rivière-du-Loup, l'attaquant du Blizzard a su que quelque chose clochait.

Trois jours après ce grave accident, Fugère reprenait encore des forces à l'hôpital. En fin de journée, il a appris le verdict: les quatre ligaments de son genou gauche ont été déchirés. Certainement pas le scénario souhaité. Il devra donc revenir à l'hôpital, cette fois, à Québec, afin d'être opéré jeudi.

Les témoignages de sympathie ont afflué au cours des dernières heures, que ce soit par le biais de messages textes ou d'une visite dans sa chambre.

«Le moral va mieux aujourd'hui [lundi]», a admis le Shawiniganais, en entrevue avec Le Nouvelliste. «J'accepte la situation, même si c'est un accident bête. J'ai été chanceux tout au long de ma carrière au niveau des blessures. À part un nez cassé, je n'ai jamais dû faire face à ça.»

Le genou gauche de Fugère s'est luxé au moment où Hamel est tombé sur lui. Le fémur a également absorbé tout le poids du rival. Les secondes suivantes ont constitué un véritable supplice pour l'homme fort du Blizzard. 

«Ça s'est passé tranquillement. J'ai senti le genou craquer et je n'étais plus capable de me relever. Je regardais vers mon banc, je cherchais de l'aide. Ça n'allait pas bien.»

Les thérapeutes ont rapidement accouru dans sa direction. Dans les gradins, les gens retenaient leur souffle. À ce moment, la douleur était très vive.

«Mais je n'ai jamais perdu conscience, admettra Fugère. Même que j'ai lâché quelques blagues à mes coéquipiers pour essayer de relaxer. J'ai dit à Thomas [Beauregard] qu'on ne pourrait pas jouer à NHL ce soir-là!»

Fugère a par la suite été transporté à l'extérieur de la patinoire, puis conduit vers un centre hospitalier. «Là-bas, ils m'ont piqué et je me suis endormi. À 23 h 30, le genou était replacé.»

Aucun coupable

Malgré le triste dénouement de cette bagarre entre lui et Hamel, le numéro 18 n'en veut pas à son rival, malgré le fait qu'il ait poliment refusé ses invitations à jeter les gants dans les minutes et les secondes précédant l'incident.

«Ça fait partie de la game. Dave me cherchait et ce n'est pas le travail de Jo Bellemare ou de Thomas Beauregard de se battre, je devais répondre présent. Dave a par la suite été un des premiers à me demander comment j'allais et à s'excuser. Mais ce n'est pas sa faute. Les hommes forts, c'est une communauté tissée serrée. Nous ne sommes pas des ennemis hors de la glace.»

Assistant à cette première rencontre préparatoire de l'équipe, la conjointe de Fugère a aussi dû négocier avec des moments angoissants.

«D'habitude, quand je mange un coup, je retourne au banc. Mais là, elle voyait bien que quelque chose ne tournait pas rond. Aujourd'hui, ça va mieux, mais vendredi, on a tous eu peur. J'étais content que mon père ne soit pas dans les estrades ce soir-là...»

Journée en deux temps

Rien ne laissait croire que cette belle journée allait s'achever de façon aussi abrupte pour Boby Fugère. En matinée, il était à La Tuque pour passer un examen théorique en Conduite de machinerie lourde en voirie forestière. «J'ai su quelques heures après que j'avais réussi le test, j'étais tellement heureux! Après une bonne sieste, je me préparais pour le premier match du Blizzard, j'avais hâte que la saison commence, de retrouver les gars. Et puis l'accident est arrivé.»

Fugère devait entamer ses cours pratiques lundi. Il devra retarder son projet. «J'ai appelé l'école, ils comprennent la situation, mais c'est très décevant pour moi.»

Lors de l'entrevue lundi midi, il avait bien hâte de regagner son domicile. «Ça fait plusieurs jours que je suis ou à La Tuque, ou à l'hôpital!»

Chose certaine, même s'il devra sans doute porter un plâtre «de la cuisse aux chevilles» pour un certain temps, la réhabilitation ne se déroulera pas uniquement dans son salon.

«J'assisterai aux matchs locaux du Blizzard au Colisée. Je vais soutenir mes chums parce qu'on est une famille. Je vais rater la saison, mais je serai toujours un gars du Blizzard. D'ailleurs, je remercie tous ceux qui m'ont offert du support depuis vendredi. C'est très apprécié.»

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