«Popp a encore des choses à apprendre»

Jean-Christophe Beaulieu est cinglant sur la période trouble... (La Presse)

Agrandir

Jean-Christophe Beaulieu est cinglant sur la période trouble que les Alouettes traversent actuellement.

La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Guerres d'orgueil dans le vestiaire, mésententes avec l'entraîneur-chef et rififis entre coéquipiers: Jean-Christophe Beaulieu est un témoin privilégié de tout ce qui ne tourne pas rond chez les Alouettes cette saison.

Le centre-arrière originaire de Trois-Rivières dresse un triste constat de l'état des forces d'une équipe qui, il n'y a pas si longtemps, faisait la fierté des amateurs de football du Québec.

Le dernier incident d'une liste étourdissante a eu lieu mardi, pendant une banale séance d'entraînement. Tout se déroulait normalement, puis le quart-arrière Rakeem Cato a invectivé les receveurs - et cousins - Kenny Stafford et Duron Carter.

Une solide prise de bec a éclaté entre les trois et Beaulieu, aidé par l'entraîneur des unités spéciales Kavis Reed, a dû intervenir pour séparer Cato des deux autres. Un peu plus tard, le quart-arrière a été escorté du terrain pendant quelques minutes, histoire de le calmer.

Il s'agissait de la deuxième dispute musclée entre Carter et Cato en autant de semaines. Une vidéo de la scène, captée par un journaliste montréalais, a fait le tour des réseaux sociaux mardi, forçant l'entraîneur-chef Jim Popp à gérer la crise. Une autre.

«Tout est parti d'un mauvais jeu», a expliqué Beaulieu, dans une entrevue au Nouvelliste. «Rakeem a été piqué par un commentaire poche, c'est la goutte qui a fait déborder le vase. Je le comprends d'avoir réagi ainsi.»

Car Duron Carter traîne une réputation de mauvais garnement chez les Moineaux depuis son arrivée en 2013. S'il n'a jamais eu de problèmes personnels avec le fils du célèbre receveur Cris Carter, Beaulieu reconnaît que son comportement peut en énerver plusieurs. Il le côtoie au quotidien.

«Il a un gros ego, c'est quelqu'un qui a toujours un mot à dire. Mais ça reste aussi tout un joueur de football. C'est ça qui est regrettable. Duron est un gars intelligent, il est conscient de ce qu'il fait, mais il ne change pas...»

À l'autre extrémité du spectre, Rakeem Cato serait un type apprécié de la grande majorité de ses coéquipiers. «Il ne se dispute jamais. Ce que vous avez vu mardi, ce n'est pas son tempérament, il est très cool d'habitude. Même si, avec son gros accent floridien, on a parfois de la difficulté à le comprendre!»

En fait, de l'avis du centre-arrière, Cato possède tous les atouts pour devenir un excellent meneur dans la Ligue canadienne de football. Reste à voir si ce sera avec les Alouettes. «Ça, c'est plus difficile à dire! Il y a tellement de mouvements depuis le début de l'été que je ne peux pas dire s'il sera notre quart-arrière de concession...»

Malaise généralisé

Jean-Christophe Beaulieu expose un malaise ambiant: personne chez les Alouettes ne semble savoir où s'en va la direction de l'équipe. Et avec Jim Popp qui demeure en poste, malgré son triste rendement de six victoires et 15 défaites en tant qu'entraîneur, aucun indice ne permet de croire que la situation se réglera à court terme.

«Jim a encore des choses à apprendre, tu vois qu'il n'a pas beaucoup d'expérience dans le fait de gérer une saison de A à Z. C'est un gars facile d'approche, mais côté motivation, ça laisse à désirer. Il est conscient que ça stagne depuis un certain temps déjà.»

Depuis que les Alouettes en ont fait un choix au repêchage de 2014, Beaulieu a toujours navigué dans l'entourage du club. Si jamais Popp obtenait de nouveau un vote de confiance du propriétaire Robert Wetenhall, l'ancien des Diablos et des Estacades devrait y penser sérieusement avant d'accepter une offre. «On verra rendu là, mais sur un plan personnel, mes attentes sont hautes dans le football. Je veux gagner et je veux que les Alouettes gagnent.»

Plusieurs frustrations

Selon lui, l'assistant Kavis Reed incarnerait le remplaçant idéal pour succéder à Popp, qui pourrait, du coup, concentrer ses énergies sur ses tâches de directeur général.

«Kavis a un lien de confiance avec tous les joueurs. Du jour au lendemain, je le prendrais comme entraîneur! Mais la décision revient à Popp et nous ne sommes qu'à deux matchs des meneurs de notre section, malgré toutes les difficultés. Il va peut-être vouloir finir la saison.»

Des difficultés, Beaulieu en rencontre souvent sur l'unité offensive. Même si les choses vont mieux pour lui sur le plan individuel, il remarque que plusieurs quittent souvent le terrain déçus, notamment en raison des choix de jeux de l'ancienne vedette des Alouettes Anthony Calvillo.

«Il apprend son métier de coordonnateur offensif, mais certains gars trouvent qu'il opte trop souvent pour les jeux par la passe. Il a encore un petit manque d'expérience.»

Le Trifluvien reconnaît toutefois que son club n'a pas été épargné par les blessures. «Des absences se font ressentir. On a perdu [S.J.] Green, ç'a fait mal.»

Au-delà des éclopés, il y a des frustrés.

«On a 60 gars dans la chambre et beaucoup trop en pointent d'autres du doigt. Il y a souvent des accrochages. Ça donne beaucoup de jus médiatique aux journalistes. Depuis trois ans, on a eu Chad Ochocinco, Michael Sam et maintenant Carter. Disons que des distractions, il y en a eu quelques-unes. C'est dommage parce que ça ne représente pas le noyau de notre équipe, toutes ces controverses.»

Mais l'image, elle, ne ment pas, surtout avec une fiche de 3-8. «Il faut qu'on redresse la barre. On doit ça aux partisans.»

Les Alouettes tenteront de se replacer dans la course aux séries vendredi soir, en visitant les Tiger Cats à Hamilton.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer