Projet de vélodrome à Trois-Rivières

Il n'y a aucun vélodrome couvert au Québec,... (Photo: VÉLODROME DE MILTON)

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Il n'y a aucun vélodrome couvert au Québec, ce qui déçoit plusieurs cyclistes et dirigeants de la fédération québécoise. Michel Jean estime que Trois-Rivières serait l'endroit idéal pour établir un centre permanent.

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(Trois-Rivières) Michel Jean a de grandes ambitions pour le milieu du cyclisme à Trois-Rivières. La capitale régionale demeure, selon lui, le meilleur endroit pour ériger un vélodrome intérieur, un projet que caresse la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) depuis des années.

Jean rêve à un vélodrome couvert dans sa ville depuis au moins huit ans, mais il a commencé à travailler sérieusement sur le dossier dans les 12 derniers mois. Tous les autres projets à l'étude ont d'ailleurs avorté au Québec au fil du temps pour diverses raisons, à la déception bien sentie des férus du vélo. Il existe pourtant une forte demande pour une telle infrastructure dans la province.

«Le Québec n'a pas de vélodrome intérieur, rappelle Michel Jean, dans le cadre d'une longue entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste. On a longtemps espéré pour Montréal, Québec, Gatineau, Bromont et la Beauce, or rien ne s'est concrétisé. Cette fois, ça doit être la bonne!»

Soulignant qu'il y a 4,2 millions de cyclistes au Québec, le principal concerné note que Trois-Rivières, par sa position centrale, reste le site par excellence pour continuer à développer la pratique de tous les sports cyclistes. Car on ne parle pas uniquement de cyclisme sur piste lorsqu'il est question d'un vélodrome.

«L'hiver, nous n'avons pas de lieu spécifique pour s'entraîner, il faut se rendre au vélodrome de Milton en Ontario et les coûts y sont élevés. Nous devons créer un site d'entraînement à Trois-Rivières qui saurait rallier tous les adeptes du Québec, à commencer par les programmes Sport-études, question d'assurer la croissance des sports cyclistes. Et nous voulons surfer sur la vague des Olympiques pour convaincre la population du bienfondé de ce projet.»

Étude de préfaisabilité

Avant de penser à la première pelletée de terre, Michel Jean et son groupe devront franchir plusieurs étapes. La première consiste en l'élaboration d'une étude de préfaisabilité. Ce mandat a été confié à des étudiants à la maîtrise de l'école d'administration à l'UQTR. Se joindront aussi au groupe des étudiants en ingénierie du campus trifluvien et d'architecture de l'Université Laval. Jean doit rencontrer ces étudiants au cours des jours à venir.

«Dès que l'on initie ce mouvement, le projet devient réaliste. Nous avons déjà une idée de ce à quoi pourrait ressembler le vélodrome.»

Celui-ci devrait être situé, dans un monde idéal, à proximité de l'UQTR.

Retombées importantes

Michel Jean a discuté avec plusieurs intervenants régionaux, mais aussi avec les bonzes de la FQSC. Son directeur général, Louis Barbeau, lui a donné le feu vert et l'encourage dans le processus, à l'instar de plusieurs cyclistes de renom, dont Hugo Houle de Sainte-Perpétue, Antoine Duchesne et Hugo Barrette. Barbeau a visité la ville à deux reprises à la demande de Jean.

«Ce sont sans doute nos meilleurs ambassadeurs pour vendre le projet. Hugo Houle est très enthousiaste, il sait que c'est un besoin essentiel pour le Québec et ça l'enchanterait que tout se concrétise si près de chez lui. Si nous voulons continuer à chauffer l'Ontario sur la scène nationale, ça nous prend ce bâtiment couvert.»

Le vélodrome couvert de Trois-Rivières serait le seul à l'est de Milton, en Ontario. Cette position avantageuse en Mauricie lui permettrait d'attirer des cyclistes du Québec, des Maritimes et d'au moins trois États américains, souligne Jean. Le but n'est toutefois pas de construire une infrastructure de l'ampleur de Milton, dotée entre autres de 1500 sièges permanents.

«La distance de la piste [de 250 m] sera réglementaire, mais nous ne sommes pas obligés de munir le centre d'autant de sièges. Pour donner une image aux citoyens, ça va ressembler à un centre de soccer intérieur, mais avec une piste pour les vélos. La proximité avec l'UQTR permettrait également de développer le côté technologique et la recherche scientifique.»

Entre 10 et 12 millions $

Aux yeux de Michel Jean, le centre coûtera entre 10 et 12 millions $. Il vise à créer un organisme sans but lucratif pour opérer le vélodrome et les sources de financement proviendraient des deux paliers de gouvernement, de la communauté des cyclistes ainsi que de la Ville de Trois-Rivières. L'architecte du projet n'a cependant pas encore sondé la Ville à ce sujet. Il se montre néanmoins confiant de convaincre les élus de la pertinence du projet.

«Je ne veux pas m'avancer avec des chiffres, mais avant même de commander l'étude de préfaisabilité, j'ai la certitude que le jeu en vaut la chandelle. Les retombées pour la région seront bien présentes. Imaginez tous les programmes de Sport-études qui voudront passer par Trois-Rivières pour un camp d'entraînement. Pourquoi aller en Floride si nous misons sur une infrastructure en mesure d'accueillir les cyclistes pendant la saison froide? En plus, ça coûterait moins cher qu'à Milton. 

Les gens qui viendront ici resteront en ville pour deux ou trois jours, sinon plus.»

Michel Jean n'attend pas l'aide d'un mécène, quoiqu'il a reçu l'appui moral de l'homme d'affaires Louis Garneau. Un autre important vote de confiance, si on l'ajoute à celui des cyclistes professionnels les plus en vus du Québec.

«Je pense que nous pouvons aller chercher beaucoup d'argent avec une campagne de financement. Car ce projet, ce sera d'abord celui des cyclistes. Les coûts de l'immobilier à Trois-Rivières sont plus bas qu'ailleurs, plusieurs critères jouent en notre faveur. Nous ne sommes pas obligés de voir trop grand, ça nous prend juste une infrastructure de qualité.»

Mais l'ingénieur de formation admet qu'il aura besoin d'un solide coup de pouce. C'est pourquoi tous les gens qui seraient intéressés à le rejoindre seront accueillis à bras ouverts afin de mettre sur pied un plan d'affaires.

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