Bergeron était dans l'oeil de l'ouragan

À sa troisième année à la présidence des... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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À sa troisième année à la présidence des Aigles de la ligue Can-Am, Marc-André Bergeron a été au coeur de la tempête qu'a traversée l'équipe.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le calvaire des joueurs des Aigles est terminé. Dans quelques heures, les hommes de T.J. Stanton vont boucler leurs valises et rentrer à la maison après une saison désolante.

Dans les bureaux de l'équipe, personne ne sera déçu non plus de tirer un trait sur cette campagne 2016, de loin la plus décevante depuis le retour du baseball professionnel à Trois-Rivières. Après le championnat inattendu de 2015, cette saison devait permettre à l'équipe de véritablement s'imbriquer dans la communauté, devenir un incontournable du paysage sportif mauricien. Elle n'a pas livré la marchandise.

«Nous sommes déçus, c'est certain. On anticipait un autre genre de saison. Financièrement, ce n'est pas si mal mais pour le reste, ce fut difficile», ne cache pas Marc-André Bergeron qui, à sa troisième année à la présidence, a été au coeur de la tempête.

«À ma première année, j'étais en apprentissage. À ma seconde, tout se déroulait très bien, je n'ai pas eu à trop intervenir. Cette année, j'y ai goûté pas à peu près! J'ai eu à prendre des décisions difficiles, mais elles ont été prises pour les bonnes raisons. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, hein?»

Dès le début de ce nouveau chapitre, le hockeyeur professionnel a surpris en écartant Réal Lajoie et sa bande de la gestion des Aigles juniors. Lajoie était le digne successeur de Fernand Bédard, ça fait des décennies qu'il faisait partie des meubles au stade. Un désaccord profond sur la gestion a mené au divorce.

«Les juniors perdaient plus de sous que nous ne l'anticipions au départ. On a fait des recommandations, elles n'ont pas été suivies. Je trouve ça plate pour ces bénévoles qui ont donné beaucoup pour le baseball, mais quand c'est toi qui signe le chèque à la fin de la saison, tu essaies de trouver une façon d'équilibrer davantage le budget.»

Les Aigles ont fait un gros pas en ce sens en attirant Stéréo Plus comme commanditaire majeur pour le stade trifluvien. Un épisode qui s'est toutefois avéré houleux puisque Fernand Bédard, qui avait eu l'honneur de voir le stade être rebaptisé en son honneur, a décrié la façon dont il a appris la nouvelle - par téléphone.

«Si je pouvais, je reviendrais en arrière et j'irais parler à M. Bédard. Mais bon sur le coup, on croyait faire la bonne chose, de procéder par appel-conférence, 20 minutes après que la Ville de Trois-Rivières eut pris la décision d'aller de l'avant. Yves Lévesque avait déjà rencontré M. Bédard par le passé, et tout semblait correct de ce côté... C'est plate, car c'est venu enlever l'attention sur le fait que nous venions de réaliser un excellent coup», se désole Bergeron.

«C'est l'fun de voir une entreprise d'ici s'impliquer aussi activement au stade. Les gens de Stéréo Plus sont présents, ce n'est pas juste une question de nom sur un stade pour eux. C'est une entente qui est bonne pour tout le monde.»

Pendant ce temps, sur le terrain, l'équipe de Pierre-Luc Laforest se faisait malmener. À un point que les Aigles ont viré l'ex-receveur, ce qui a créé une petite commotion dans l'univers tricoté serré du baseball québécois.

«On savait qu'on s'exposait aux critiques en congédiant un ancien des Majeures. Il n'y en a pas beaucoup dans ce moule au Québec. Mais dans le sport professionnel, ce sont les colonnes des victoires et des défaites qui comptent le plus et ça n'allait pas du tout. On ne peut exiger un championnat à tous les ans, mais on peut exiger une équipe compétitive. On ne se dirigeait ni vers l'un, ni vers l'autre.»

Encore une fois, ce dossier a fait mal paraître les Aigles puisque le successeur de Laforest, Maxime Poulin, a claqué la porte après quelques jours seulement, insatisfait de son contrat. Via un message Facebook, il n'avait pas été tendre envers Bergeron.

«Il est vrai qu'au moment de son embauche, je lui ai dit qu'il était possible qu'un autre gérant soit nommé d'ici 48 heures. C'était Éric Gagné, qui jonglait avec cette possibilité. Ç'a passé proche mais finalement, Éric a décidé de ne pas venir. J'ai quand même du mal à comprendre Maxime, qui attendait cette chance depuis un bon bout de temps. Il aurait pu faire ses preuves jusqu'à la fin de l'année», note Bergeron, qui estime que les Aigles sont loin d'être perdants au change avec T.J. Stanton maintenant en poste.

«T.J. était sur notre radar et on aurait pensé à lui si l'essai avec Maxime n'avait pas été fructueux. Finalement, il est arrivé plus rapidement que prévu. C'est un gars respecté, avec beaucoup de contacts, que les gars aiment dans le vestiaire. Il sera de retour l'an prochain.»

Un autre rendez-vous a été raté avec Gagné, qui a demandé un gros cachet pour remonter sur la butte le temps d'un match pour son plaisir. Les Aigles ont refusé de le lui accorder, tout comme les Capitales de Québec . Et c'est donc avec les Champions d'Ottawa que l'ex-gagnant du Cy Young - et coactionnaire des Aigles! - s'est produit dimanche dernier.

«J'étais content que Michel Laplante (des Capitales) explique la situation, je n'étais pas confortable d'aller là. Ce dossier, c'est une autre preuve que parfois, comme gestionnaire, tu prends des décisions dans les meilleurs intérêts de l'entreprise, mais tu ne peux pas expliquer toutes les raisons et tu te fais ramasser! Comme joueur de hockey, tu es habitué à la critique, les journalistes vont te passer à la moulinette après un mauvais match. Mais comme gestionnaire, la critique est différente, elle fait plus mal.»

Bergeron sort quand même de l'aventure 2016 convaincu qu'il est à la bonne place. Il a du plaisir à tenir les guides et toute cette expérience l'a aidé à grandir comme gestionnaire. Dans quelques jours, quand il se présentera devant la presse pour le post mortem officiel, il aura déjà les yeux sur 2017.

«Je ne suis pas du genre à me faire du mauvais sang si je ne fais pas l'unanimité. L'important, c'est de continuer à avancer. On peut certainement apprendre et tirer des leçons des derniers mois que nous avons traversés. J'aime cette pression, qui ne peut que nous aider à être meilleurs l'an prochain, à tous les niveaux. Tout ce que je souhaite de plus, c'est d'être moins souvent dans les journaux!», conclut Bergeron.

«Il n'y a rien eu de facile cet été»

Pris dans le tourbillon des Aigles, Marc-André Bergeron a dû composer également avec le décès de son papa André Bergeron durant l'été. Un moment pour lequel il n'était pas vraiment préparé.

«Ça s'est fait tellement vite. Il est entré à l'hôpital pour une simple grippe, qui a viré en pneumonie. À partir de là, il a eu des problèmes de coeur et tout s'est enchaîné. Personne n'échappe à ce genre de moment dans sa vie, ce fut mon tour. Deux de mes amis proches ont eux aussi perdu leur père durant l'été. Non, il n'y a rien eu de facile cet été...»

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