Dans l'oeil de l'ouragan

Tony Germain a officié 12 combats durant les... (AIBA)

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Tony Germain a officié 12 combats durant les Jeux olympiques, en plus d'en juger 52. Il ne croit pas à la théorie de combats truqués à Rio.

AIBA

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(Trois-Rivières) Malgré sa vaste expérience, Tony Germain anticipait une aventure unique à Rio, pour ses premiers Jeux olympiques. Son flair était bon!

Non seulement l'arbitre shawiniganais a été un des officiels les plus utilisés lors du tournoi de boxe qui a pris fin il y a quelques jours, mais il a vécu dans l'oeil de l'ouragan, un ouragan provoqué par quelques décisions très controversées.

La réputation de Germain est intacte. En 16 jours de compétition, il était au centre de l'arène pour 12 duels et il en a jugé 52.

Sur les 35 officiels retenus pour le tournoi, seul l'officiel natif du Brésil a été plus occupé que lui! Germain a été utilisé dans 26 des 27 sessions, une charge de travail qui l'a emballé.

«Je n'ai pas eu le temps de faire autre chose! À part avoir visité Copa Cabana et quelques autres sites touristiques, j'étais toujours dans l'univers de la boxe. C'était à la fois enivrant et stressant», reconnaît Germain, quelques heures après son retour en Mauricie.

On ne peut en dire autant de certains de ses collègues, qui ont été tassés après quelques décisions douteuses. Germain marche évidemment sur des oeufs en commentant l'affaire, mais il ne se dérobe pas pour autant.

«On se connaît tous entre officiels, plusieurs sont des amis. C'était difficile de voir certains être mis à l'écart pour quelques jours. D'autres ont carrément été retirés. C'est sûr que pour ceux qui n'étaient pas touchés, ça nous mettait plus de pression. Personne ne voulait faire d'erreurs et se retrouver dans la même situation. On savait que les projecteurs étaient sur nous.»

Germain rejette d'emblée la thèse de la corruption. À son avis, les combats étaient si serrés qu'ils entraînaient parfois des décisions discutables.

«Je ne suis pas dans la tête des autres, mais je sais que les officiels étaient complètement isolés. Notre sélection a été tenue secrète jusqu'aux Jeux. Nous étions logés à part, sans accès à des téléphones cellulaires. Je ne vois pas comment certains auraient pu tenter de nous influencer», lance Germain.

«Maintenant, il faut dire que ce sont les 286 meilleurs boxeurs au monde qui s'affrontaient. Ils avaient tous passé à travers un processus de sélection extrêmement rigoureux. Ça ne peut que provoquer des combats serrés, non? Sur 273 affrontements, il y a eu de la controverse autour de 3 ou 4. Je trouve que la moyenne n'est pas si mal!»

Le Shawiniganais était à quelques mètres de l'action quand le boxeur britannique Michael Conlan a fait un doigt d'honneur aux juges après sa défaite, un geste médiatisé à l'échelle planétaire qui a déclenché la crise.

«J'étais parmi les juges mais ma carte n'a pas été retenue. Je ne peux donc pas parler de ma carte, mais je peux témoigner que c'était un combat dur, hyper serré. Je ne crois pas que ce boxeur a choisi le bon moyen pour exprimer sa déception. Dès que je l'ai vu agir de la sorte, j'ai su que l'histoire ferait le tour du globe. Les médias, vous aimez ça, ce genre d'histoires, hein?», lance Germain.

«Je peux comprendre la déception dans son pays, c'était un ancien champion du monde. Dans les combats serrés, il y a toujours un côté qui est déçu. Regarde au Canada avec Ariane Fortin, je l'ai vue grandir, c'est sûr qu'avec mes yeux, je ne peux pas être totalement impartial quand je la regarde boxer. Je pouvais comprendre sa déception, elle a très bien boxé. Mais ça ne veut pas dire que la décision qui a été rendue était mauvaise pour autant.»

Malgré cette grande tension, Germain a pris plaisir à travailler sur la plus grande scène sportive sur Terre.

«J'étais nerveux à mon premier combat, je savais que j'avais affaire à deux boxeurs qui allaient me donner du fil à retordre. Mais une fois la glace brisée, tout s'est bien passé. Je suis resté concentré et j'ai bien aimé la façon dont ça s'est passé pour moi.»

Germain refuse pour l'instant de penser à Tokyo, hôte des prochains Jeux dans quatre ans. Il va continuer à exercer ses fonctions d'officiel mais pour l'instant, il compte prioriser la famille. «Je me suis promené pas mal ces derniers mois. J'ai un peu de rattrapage à faire à la maison!»

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