Marie-Ève Nault a reçu une médaille olympique

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Marie-Ève Nault ne s'est pas fait prier pour se faire photographier avec sa médaille et sa coéquipière Desiree Scott.

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(Trois-Rivières) L'épopée a beau s'être avérée fort différente qu'à Londres en 2012, l'aboutissement aura été le même pour Marie-Ève Nault aux Jeux olympiques de Rio alors qu'elle ramène dans ses bagages une précieuse mais ô combien inattendue médaille de bronze.

Invitée au Brésil en tant que réserviste de l'équipe nationale féminine de soccer, la Trifluvienne de 34 ans n'aura finalement jamais eu le privilège de fouler le terrain pendant le tournoi olympique. Quatre ans plus tôt, quelques blessures lui avaient ouvert la porte jusqu'au onze partant pendant la majeure partie du tournoi. Pas cette fois-ci. Malgré une luxation de l'épaule à la défenseure Allysha Chapman, Nault n'a jamais été invitée à endosser l'uniforme unifolié.

«Ce n'est pas trop évident de regarder les matchs dans les estrades. J'aurais aimé avoir un certain impact. Quand Chappy s'est blessée, je me demandais si on allait faire appel à moi. Mais en même temps, je ne voulais pas trop y penser pour ne pas trop me faire de faux espoirs», reconnaît-elle.

Ainsi, c'est depuis les lignes de côtés qu'elle a dû observer ses coéquipières grimper sur le podium pour recevoir leur médaille olympique, vendredi dernier, à la suite d'une victoire de 2-1 arrachée aux Brésiliennes au coeur de l'Arena Corinthians de Sao Paulo.

En apercevant ses compatriotes être décorées, l'expérimentée défenseure admet avoir eu le coeur brisé.

«Pendant que les filles recevaient leur médaille, nous, les trois réservistes, on ne pouvait pas se joindre à elles. C'était assurément le moment le plus émotif des Olympiques pour moi.»

Au terme de la remise, des coéquipières ont prêté leur médaille aux réservistes, question de les intégrer aux célébrations. Cependant, l'euphorie n'était pas la même puisque cette médaille, Nault devait éventuellement la remettre.

Puis, quelques heures avant de participer aux cérémonies de clôture des Jeux olympiques 2016, Marie-Ève Nault, Gabrielle Carle et Kailen Sheridan ont eu droit à un véritable cadeau du ciel.

Convoquée en réunion d'équipe, les trois réservistes ont d'abord cru qu'une mauvaise nouvelle leur pendait au bout du nez. Une fois réunies à leurs coéquipières, elles ont plutôt eu droit à une remise des médailles riche en émotions, animée par la capitaine Christine Sinclair.

«Ça fait très chaud au coeur de recevoir une médaille. Ça met un baume au coeur sur le fait de ne pas avoir joué pendant le tournoi, mentionne Nault. Ils ont changé la réglementation et ils ont fait préparer des médailles officielles pour les réservistes. C'était toute une surprise!»

Tout au long du tournoi, depuis les gradins, la numéro 20 de l'équipe canadienne était aux premières loges pour apprécier la qualité de jeu offerte par l'alignement de l'entraîneur John Herdman. Pour ces Jeux olympiques, le sélectionneur d'origine britannique s'était tourné vers la jeunesse et il a visiblement remporté son audacieux pari.

«L'équipe n'a pas cessé de grandir pendant tout le tournoi. Ce sont les meilleurs matchs que j'ai eu l'occasion de voir l'équipe canadienne jouer», a noté Nault, vantant au passage le travail d'Ashley Lawrence et Jessie Fleming, entre autres.

Évidemment, avec un parcours préliminaire parfait bonifié d'une victoire convaincante en quarts de finale contre la France, les Canadiennes avaient les yeux fixés sur le match de la médaille d'or. Cependant, leur rêve s'est anéanti en demi-finale dans un revers de 2-0 contre l'Allemagne. Elles ont néanmoins trouvé l'énergie nécessaire pour quitter le Brésil avec une médaille au cou.

«C'était vraiment une vive déception de ne pas gagner la demi-finale. Puis, les filles ont joué tout un match devant une foule hostile pour qui le soccer représente le sport national. On pouvait bien sentir la déception dans les gradins chez les Brésiliens.»

Dernier tour de piste

À peine les Olympiques terminés, Nault a pris la direction du Vieux continent où elle reprendra l'action avec sa formation de KIF Örebro en première division suédoise, le 27 août. Il s'agira d'un dernier droit pour la Trifluvienne chez les professionnels.

Quant à son association avec Soccer Canada, Nault ne cache pas qu'elle aimerait endosser une dernière fois l'uniforme de l'équipe nationale. En plus de la Trifluvienne, Melissa Tancredi et Rhian Wilkinson devraient également accrocher leurs crampons. «C'est certain que j'aimerais ça finir ma carrière avec l'équipe nationale sur un match. Mais que ça arrive ou non, je n'aurai pas de regret sur tout ce que j'ai accompli.»

Vers la mi-novembre, c'est un nouveau chapitre qu'elle amorcera à la direction générale du Centre régional d'entraînement et d'événements de la Mauricie. Incidemment, ce nouveau départ dans son patelin viendra officiellement tirer un trait sur sa carrière.

Un brillant parcours ponctué de plusieurs rebondissements, auréolé de deux médailles de bronze aux Jeux olympiques, deux participations à la Coupe du monde et un total de 70 matchs dans l'uniforme rouge et blanc du Canada.

Un parcours mémorable.

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