Hugo Houle: «J'ai repoussé mes limites»

Hugo Houle a tout donné sur le parcours... (AFP)

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Hugo Houle a tout donné sur le parcours olympique.

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C'est un Hugo Houle pleinement satisfait qui repartira de Rio, et ce, même s'il n'a pas de médaille à son cou. Le cycliste de Sainte-Perpétue a pris le 21e rang de l'épreuve du contre-la-montre des Jeux olympiques mercredi.

Une médaille, Houle savait qu'il aurait bien peu de chance d'en gagner une au Brésil. Cette première participation, à l'âge de 25 ans, allait surtout servir à gagner en expérience en vue des Jeux de Tokyo, dans quatre ans, où il devrait être au sommet de sa forme.

«Je suis fier, j'ai donné le meilleur de moi-même, mais je ne suis pas aussi costaud que les autres. Sauf qu'il y a une belle marge pour progresser», sourit le principal intéressé en entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste.

Le représentant de l'écurie AG2R La Mondiale sur le World Tour était particulièrement satisfait du nombre de watts qu'il a été en mesure de développer sur le parcours de Rio, sa meilleure puissance développée à vie. Il aurait bien aimé apparaître dans le top-15, mais un tel résultat attendra.

«C'est ma meilleure performance à vie, dit-il. Terminer 21e, c'est respectable, c'est signe que je continue de progresser, souligne-t-il. C'est ce à quoi je m'attendais. Au contre-la-montre, je savais que je ne suis pas encore au niveau des meilleurs au monde.»

L'épreuve de 54 km n'a pas été de tout repos pour les cyclistes, qui ont dû affronter de forts vents. En plus, la pluie s'est mise de la partie pour une portion des cyclistes, dont Houle qui a conclu le parcours en 1:17,02.

«J'ai été désavantagé lors du premier tour parce que j'ai eu de la pluie, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde. Mais c'est une belle performance et j'ai apprécié chaque moment à 100 %.»

C'est le Suisse de 35 ans Fabian Cancellara qui a remporté l'or, avec un spectaculaire chrono de 1:12,15, plus de 45 secondes d'avance sur son plus proche poursuivant, Tom Dumoulin. Le dernier vainqueur du Tour de France, Christopher Froome, a pris le troisième rang. Bref, la crème du cyclisme mondial n'avait pas boudé Rio même s'il s'agit d'une des multiples compétitions de renom dans le calendrier.

«Les Olympiques, ça reste la plus grande compétition au monde. Si on regarde le plateau de coureurs qui s'est déplacé pour les Olympiques, ce sont des gars qui sont à leur sommet, qui vont au Tour de France. C'est la même importance que le Tour de France pour les athlètes, qui veulent aller chercher une médaille pour leur pays.»

Particulièrement critique envers le tracé de course sur route samedi, lui reprochant d'être dangereux et de placer les participants à la limite avant la chute, Houle n'avait que de bons mots pour celui du contre-la-montre, qui longeait l'océan Atlantique dans une bonne portion.

«C'était un bon parcours, qui était technique. Il y avait toujours quelque chose, soit une montée ou une descente. On ne pouvait donc pas s'endormir et c'était assez rapide. En plus, c'était un parcours assez long pour un contre-la-montre. Le plus long que j'avais fait, c'était au Championnat du monde à Richmond et ç'a m'avait pris 1 h 05. Mercredi, c'est 1 h 15. J'ai repoussé mes limites», souligne celui qui reprendra son vélo au Tour Poitou-Charentes, du 23 au 26 août.

Deux colocs aux anges

L'expérience olympique est donc terminée pour Houle, qui s'envolera pour le Vieux Continent dès jeudi. Ces quelques jours passés au Brésil, sous les cinq anneaux olympiques, auront été mémorables, surtout qu'il a pu en profiter avec son bon ami et coloc en France, Antoine Duchesne, qui était à ses côtés samedi afin d'épauler Mike Woods dans l'épreuve sur route. Ils pourront se remémorer leurs souvenirs en se berçant une fois leurs vieux jours arrivés.

Les deux cyclistes en ont profité pour assister à quelques compétitions, dont les épreuves de plongeon où le Canada a remporté le bronze. On les a aussi vus dans les studios de Radio-Canada, célébrer la victoire d'Antoine Bouchard en judo.

«Je suis rendu bon au judo! On attendait pour une entrevue et j'étais avec Sergio Pessoa (judoka canadien). Il m'a tout expliqué. C'était cool d'avoir un coach pour commenter le match. En plus, Bouchard est du Saguenay, et Antoine (Duchesne) est de là.»

Un hommage à Pierrik

Bien évidemment, Hugo Houle aurait aimé pouvoir compter sur son plus grand partisan à ses côtés à Rio, son frère Pierrik, tragiquement décédé en décembre 2012 après avoir été happé par un chauffard alors qu'il courait dans les rues de la municipalité centricoise.

Le nouvel olympien avait promis de rendre son frère fier lors de cette présence à Rio. L'hommage est réussi.

«Il serait le premier à me féliciter et à avoir filmé ma performance. Il sortirait des photos de la course pour me montrer ce que j'ai manqué. Mais il est avec moi à toutes les courses. Chaque fois, avant le départ, je frotte ma croix. C'était une belle performance (mercredi) et je suis certain qu'il me regardait. J'ai toujours une petite pensée pour lui. C'est mon ange gardien quand je me retrouve sur des parcours dangereux comme celui de samedi. Je le garde en pensée en espérant qu'il a été en mesure d'apprécier.»

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