Rio: la course contre la montre

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À quelques jours du début des Jeux, les travaux sont loin d'être terminés à Rio.

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Participation des Russes sur fond d'accusations de dopage, derniers travaux à achever... Le CIO et les organisateurs des JO de Rio sont lancés dans une véritable course contre la montre, à quatre jours de la cérémonie d'ouverture vendredi.

C'est presque un ultimatum. La question de la participation des sportifs russes doit être tranchée rapidement, et en tout cas avant l'ouverture des Jeux vendredi.

Le ministre russe des Sports, Vitali Mutko a indiqué lundi qu'il attendait même une réponse avant mardi. «J'espère qu'aujourd'hui ou demain, toutes les formalités permettant à notre équipe (de concourir à Rio) seront remplies», a affirmé M. Moutko à Paris, selon des propos cités par l'agence russe Ria-Novosti.

La décision finale revient à un panel de trois membres nommés par le Comité international olympique (CIO). Ce trio est chargé d'éplucher - et éventuellement d'amender - les listes de sportifs russes proposées par les fédérations internationales de chaque sport.

Les trois membres de ce panel ne retiendront pas ceux déjà écartés pour dopage ou soupçon de dopage. Leur attention se concentre sur les sportifs retenus par chaque fédération internationale, investie comme «sélectionneur» le 24 juillet.

Difficulté supplémentaire: certains athlètes rejetés ont choisi de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS). Trois nageurs (Vladimir Morozov, Nikita Lobintsev et Ioulia Efimova) et un lutteur (Viktor Lebedev), ont saisi le TAS à titre individuel.

Ces quatre individualités ont été rejointes lundi par la Fédération russe d'haltérophilie qui fait appel de sa suspension par «sa» Fédération internationale (IWF); sanction qui prive les 8 leveurs de fonte russes des JO. Le temps presse, alors que le scandale du dopage dans le sport russe a éclaté il y a presque neuf mois, début novembre 2015, avec la mise au jour d'un système de triche organisée dans l'athlétisme.

Thomas Bach, le président du CIO, a rejeté dimanche toute responsabilité dans la lenteur des procédures, renvoyant à la publication tardive le 18 juillet du rapport McLaren par l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui, en pointant un dopage d'État a déclenché les procédures.

Lundi, l'AMA s'est défendue en assurant avoir agi «immédiatement concernant les allégations visant la Russie dès qu'elle a disposé de preuves corroborées et du pouvoir de le faire dans le cadre du Code antidopage mondial». L'Agence basée à Montréal a toutefois reconnu «comprendre» que le timing de la publication du rapport McLaren ait été «déstabilisant pour de nombreuses organisations».

Les plombiers au village

Le temps manque aussi cruellement aux organisateurs. Les athlètes du monde entier débarquent à Rio, alors que le Village olympique laisse à désirer. Lors de son inauguration le 24 juillet, des problèmes de finition touchaient la moitié de ses 31 immeubles (de la fuite d'eau aux toilettes bouchées par des blocs de béton), désormais tous résorbés après le recours en urgence à quelque 630 plombiers...

«Lorsque je suis arrivé (jeudi) à l'aéroport, j'ai décidé de me rendre immédiatement au Village, sans même prendre le temps d'une douche ou de me raser», a raconté dimanche Thomas Bach.

«Sur place, en discutant avec les athlètes et les chefs de missions, j'ai senti qu'ils étaient assez positifs. Les derniers travaux ont été menés au cours des dernières 24 heures et le Village est maintenant fantastique.»

Premiers arrivés, les Australiens ont même quitté un temps le Village. À leur retour, leur bâtiment a été frappé vendredi par un incendie, rapidement maîtrisé par les pompiers. Bref, les organisateurs jouent sans filet. Y compris pour certaines installations. Dans le Parc Olympique, on donne les derniers coups de peinture et on livre les derniers équipements. La principale interrogation tourne autour du Vélodrome, qui n'a été livré que fin juin. Ce qui a empêché l'organisation d'une véritable épreuve «test» avant le début des compétitions, prévu le 11 août.

Baie polluée

Cette précipitation de dernière minute a également accompagné la construction de la nouvelle ligne de métro vers le Parc Olympique inaugurée samedi.

Elle doit entrer (partiellement) en service lundi. Faute d'essais grandeur nature, elle ne transportera pour l'instant que les membres de la «famille olympique» (spectateurs et accrédités).

La ligne de métro passe à proximité de Guanabara, la baie qui accueillera les épreuves de voile, sous le regard du Christ Rédempteur. Voilà pour la carte postale. Lors de sa désignation comme ville-hôte en 2009, Rio avait promis que les eaux de la Baie seraient traitées à 80 %. Sept ans plus tard, les égouts de la ville se déversent toujours dans la baie.

Malgré la présence de bateaux collecteurs et de filets de protection, toutes sortes de détritus virevoltent au gré des courants. Et les dernières analyses n'ont montré aucune amélioration de la qualité des eaux, contaminées par des bactéries.

Entre deux passages de bouées, les «voileux» devront donc éviter les objets flottants pour espérer gagner.

Victoire, défaite, rires, larmes... Ces mots accompagneront la grande fête olympique à partir de mercredi, où seront disputés les premiers matches de football. Les premières médailles seront distribuées samedi, en natation, haltérophilie, cyclisme, escrime, judo, tir ou tir à l'arc.

Y aura-t-il des Russes sur les podiums au bout du contre-la-montre?

Les Jeux en bref

Un plombier pour les Britanniques!

La Grande-Bretagne, hôte des précédents jeux Olympiques en 2012 à Londres, s'est déplacée à Rio avec 366 sportifs. Et la délégation britannique s'est préparée au pire après la polémique autour des Australiens et de leur chaotique installation au Village Olympique.

«Nous avons notre propre plombier, qui sera là quotidiennement. Peut-être que les douches de certains seront un peu plus froides que ce qu'ils souhaitent, mais on est préparé», a expliqué le chef de mission Mark England.

En revanche, pas de pompier britannique dépêché, alors qu'un incendie s'est déclaré dimanche chez les Australiens.

Les pompiers de Rio «ont testé notre bâtiment à de nombreuses reprises et nous sommes satisfaits des certificats que l'on a vus», a rassuré England.

Boomer au village

Athlète le plus médaillé de l'histoire olympique, avec 22 médailles, dont 18 titres, le jeune papa Michael Phelps pourra compter sur un coup de pouce de son tout jeune fils avant de plonger dans le bassin carioca, où il cherchera à agrandir encore sa collection.

Une empreinte de pied de Boomer, qui fêtera ses trois mois le jour même de la cérémonie d'ouverture vendredi, est en effet imprimée sur la semelle intérieure d'une de ses baskets, rapporte NBC.

Fièvre dans l'espace

«Nous venons juste de survoler Rio de Janeiro et nous sommes tous très excités pour les Olympiques là-haut.»

C'est le message posté il y a quelques heures sur le compte Twitter de la Nasa par l'astronaute américaine Kate Rubins, qui a rejoint la Station spatiale internationale (ISS) début juillet pour sa première mission dans l'espace.

Mauvaise utilisation pour Green

Une mauvaise manipulation de Draymond Green et ce qui ne devait rester qu'une blague dans sa sphère privée s'est retrouvé visible sur son compte Snapchat pendant une dizaine de minutes dimanche après-midi.

«J'ai appuyé sur le mauvais bouton. C'était censé être privé», a regretté l'ailier fort des Warriors de Golden State, tête d'affiche de la Dream Team américaine de basket-ball.

L'objet de la controverse: une photo de son pénis!

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