Elissa Alarie sera à Rio

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(Trois-Rivières) Elle aura dû attendre longtemps, mais Elissa Alarie sera des Jeux olympiques de Rio. Elle représentera le Canada en rugby à 7.

À l'origine, la Trifluvienne n'avait pas été retenue parmi les 12 joueuses composant la formation dirigée par John Tait en vue de la grand-messe du sport amateur. Mais l'équipe canadienne avait gardé la porte ouverte afin de permettre à deux joueuses supplémentaires de se joindre à l'équipe à titre de remplaçantes. Après plusieurs semaines d'attente, elle, tout comme sa coéquipière Sara Kaljuvee, ont finalement obtenu la réponse qu'elles espéraient, mardi soir à Toronto, où l'équipe canadienne est réunie pour un précamp.

«Nous étions à un match des Blue Jays. Il (Tait) nous a pris à part pour nous annoncer la nouvelle. C'est drôle, on dirait que ça n'aurait pas pu arriver autrement. Oui, quand j'ai vu que je n'étais pas choisie parmi les 12 premières, c'était dur, je pensais que je méritais ma place. Maintenant, mon rôle, c'est d'aider l'équipe à gagner la médaille d'or. Je ne souhaite rien de mal à personne, mais il y a une possibilité que je sois sur le terrain», souligne la future olympienne.

Si Tait n'utilise pas Alarie dès la première journée, il pourrait modifier son alignement afin de l'intégrer après les deux premières journées. Les équipes de rugby à 7 disputeront deux matchs par jour lors des Olympiques. Le parcours du Canada s'amorcera le 6 août contre le Japon et l'équipe hôte, le Brésil. Quatre heures séparent chaque match. La Grande-Bretagne suivra le lendemain midi, avant de passer aux quarts de finale.

«Durant l'année, ce sont des tournois de deux jours et il est fréquent qu'il y ait des blessures. Mais nous n'avons pas le droit à une remplaçante, donc on finit le tournoi à 11. À Rio, en cas de blessure ou de maladie, après la première et deuxième journée, on pourra remplacer une joueuse.»

En amorçant le tournoi olympique dès la première journée de compétition, Alarie devra donc faire une croix sur la cérémonie d'ouverture.

La culmination d'un parcours atypique

Avec ce changement de dernière minute, Alarie réalise son rêve de représenter le Canada aux Olympiques, elle qui l'a fait à plusieurs reprises dans d'autres tournois mondiaux, autant au rugby à 7 qu'à 15. Mais le parcours de l'athlète de 30 ans n'en est pas à un premier revirement. À vrai dire, n'eut été de sa ténacité et de son entêtement, il est fort probable que jamais une telle opportunité ne se serait présentée à elle.

En 2012, Alarie avait décidé de quitter son emploi et sa région natale pour se rendre à Victoria en Colombie-Britannique afin de s'entraîner avec l'équipe nationale de rugby à 7... qui ne l'avait même pas invitée! On lui avait permis de rester dans l'entourage, à condition de ne pas déranger. Un an plus tard, elle obtenait un contrat qui lui a permis de vivre de son sport.

Puis en 2014, le plus grand moment de sa carrière jusqu'à présent, elle participait à la Coupe du monde de rugby à 15 en France, où le Canada a remporté la médaille d'argent.

Mais les derniers mois ont été plus difficiles. Elle a subi une déchirure du ligament croisé antérieur d'un genou lors de la Série mondiale à Londres et a été sur le carreau pendant un an. L'histoire ne dit pas si cette blessure a refroidi Tait face à la Trifluvienne en vue de la sélection olympique, mais ça n'a sûrement pas aidé. Et pourtant, malgré les embûches, elle est toujours là, et elle promet d'être prête si on lui fait signe d'entrer dans la mêlée.

«Si l'opportunité vient, je veux juste être prête, souligne-t-elle. Si ça doit arriver, ça va arriver. Mais je fais tout ce qu'il faut au point de vue de mon attitude et sur le terrain. Je me suis mis en tête que tout est possible et que je vais y arriver.»

La joueuse de 5 pi 6 po pourra s'inspirer d'une autre Trifluvienne, Marie-Ève Nault, qui s'était retrouvée dans la même chaise de remplaçante au sein de l'équipe de soccer canadienne avant les Jeux de Londres. Quelques blessures plus tard, elle était soudainement sur le onze partant. «Les blessures, ça arrive dans le sport, ça m'est arrivé. À la fin, il faut être 12 sur le terrain. Je le vois comme si on était une équipe de 14 même s'il y en a deux qui ne sont pas sur le terrain. C'est un beau parallèle», indique Alarie.

Harvey ignorée de nouveau

La sélection d'Alarie et de Kaljuvee signifie que Magali Harvey n'a pas été retenue à titre de remplaçante pour les Olympiques, elle qui avait été nommée joueuse de l'année par la Fédération internationale de rugby en 2014. La décision de John Tait avait d'ailleurs semé la controverse dans la région de Québec, plusieurs ne comprenant par la décision d'ignorer Harvey. Elle n'était d'ailleurs pas présente à Toronto.

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