Toujours aussi fou... de sport!

C'est la tête pleine de souvenirs que Marcel... (Sylvain Mayer)

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C'est la tête pleine de souvenirs que Marcel Jobin entrera dans le Stade olympique dimanche, 40 ans après sa participation aux Jeux olympiques.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Quarante ans ont beau avoir passé, Marcel Jobin vibre encore au rythme des Jeux olympiques de Montréal. Le «Fou en pyjama» se souvient parfaitement de son moment de gloire vécu en plein Stade olympique, à l'été 1976, lorsqu'il a rallié l'arrivée du 20 km de marche masculine en 23e position, devant une foule en délire.

Dimanche soir, le 17 juillet 2016, l'olympien de 74 ans sera assurément servi en émotions alors qu'il assistera à la cérémonie d'ouverture de la 51e Finale des Jeux du Québec, au coeur de ce Stade olympique qui l'a fait vibrer comme jamais. Dans cette même gigantesque structure qui a accueilli le monde il y a 40 ans, le 17 juillet 1976, à l'ouverture des Jeux de Montréal.

«C'est vraiment génial qu'ils aient décidé de faire les Jeux du Québec à Montréal afin de souligner les 40 ans des Jeux olympiques de Montréal. Ça va être spécial», mentionne le natif de Parent, aujourd'hui installé à Saint-Boniface.

En entrevue avec Le Nouvelliste, les yeux du marcheur olympique s'illuminent rapidement en replongeant dans ses souvenirs du 23 juillet 1976, journée de sa compétition. Tout l'impressionne. La présentation des athlètes, le parcours, son entrée fracassante dans le Stade sous les bruyants encouragements des partisans canadiens.

Pour Jobin, cette journée concrétisait de nombreuses années d'effort à sillonner les routes de la région pour l'entraînement, sous les regards de citoyens plus ou moins compréhensifs - d'où son surnom de Fou en pyjama.

Quatre ans plus tôt, il croyait bien vivre son baptême olympique, à Munich. Cependant, une révision à la baisse de la délégation canadienne lui avait finalement coûté sa place, quelques jours avant le début de la compétition, à sa grande déception. «Ils avaient enlevé 10 athlètes de l'équipe canadienne et j'en faisais partie», se souvient-il, amèrement.

Son entrée en scène olympique a donc été doublement impressionnante devant des gradins partisans. «Après des années à t'entraîner à Shawinigan et à passer pour un fou, tu arrives à Montréal et tu es la grosse vedette. Les journalistes sont après toi tout le temps, je n'étais pas habitué à ça. C'était vraiment spécial. Et quand ils nous ont présenté avant le départ, c'était complètement fou!»

Puis, les kilomètres ont passé, sur un circuit où les encouragements retentissaient jusqu'à ses oreilles. Jusqu'à cette entrée fracassante dans le Stade olympique. «J'ai été le premier Canadien à arriver dans le Stade. J'avais juste envie de pleurer. Je shakais de partout. C'était l'expérience d'une vie. J'en parle aujourd'hui, 40 ans plus tard, et j'ai encore les mêmes sensations», se remémore-t-il.

Avec tout ça en tête, les émotions seront donc à fleur de peau dimanche soir. Le Stade olympique revêt également un cachet familial particulier. «Mon garçon a complété son premier marathon en 2009 à Montréal et à l'époque, l'arrivée se faisait au Stade olympique, au même endroit où j'ai pris le départ de mon 20 km aux Jeux de 1976.»

Un mentor mauricien

Au-delà de la compétition et des résultats, Marcel Jobin croit que les Jeux olympiques de 1976 auront aussi permis de faire comprendre aux Québécois l'importance de l'activité physique. D'ailleurs, l'illustre Mauricien continue de servir de mentor aux jeunes et moins jeunes athlètes de la région.

À Montréal, Jobin supervisera les coureurs d'athlétisme de la catégorie olympiques spéciaux. Il en sera à sa quatrième participation aux Jeux du Québec, aux côtés de Michel St-Pierre. «J'aime donner l'exemple sur l'importance de grouiller. J'encourage les jeunes mais aussi les personnes d'un certain âge. Même si on vieillit, ça ne veut pas dire que c'est fini pour nous l'activité physique. J'ai 74 ans et je suis encore bien actif», mentionne celui qui a détenu pendant 34 ans le record canadien du 50 km de marche (3 h 47,48 min), avant de voir sa marque abaissée en décembre 2015 dernier par le Britanno-colombien Evan Dunfee (3 h 43,45 min).

«En 1976, les gens ont réalisé les bienfaits de l'activité physique. Aujourd'hui, c'est rendu fou, tout le monde court et j'en suis bien content. L'important, c'est de trouver sa discipline de prédilection. J'ai fait beaucoup de course à pied et je me distinguais à l'échelle provinciale. Mais quand j'ai découvert la marche olympique en 1968, j'ai débloqué jusqu'à la scène internationale. Je n'avais peut-être pas le meilleur VO2 Max, mais j'avais une bonne force physique. Avec de la ténacité, j'ai réussi à atteindre mes objectifs.»

Des objectifs ambitieux qui lui permettent aujourd'hui d'avoir le crâne bourré de précieux souvenirs des Jeux olympiques de 1976 à Montréal.

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