Les nouvelles ambitions de Tommy Grenier

Tommy Grenier... (Andréanne Lemire)

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Tommy Grenier

Andréanne Lemire

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(Shawinigan) Il a beau être physiquement limité en raison d'un accident d'avion qui lui a fait perdre l'usage partiel de ses jambes en octobre 2012, Tommy Grenier est habité par une motivation inébranlable et ne cesse de carburer aux défis sportifs. Après avoir dompté la rivière Saint-Maurice, en complétant l'édition 2014 de la Classique internationale de canots de la Mauricie, voilà que le Shawiniganais de 26 ans caresse de grandes ambitions dans sa nouvelle discipline de prédilection: le parakayak.

Grenier a fait ses premières armes dans un kayak en mai 2015 sur l'invitation de l'entraîneure-chef du Club de canotage de Shawinigan, Hélène Gervais. La piqûre a été instantanée.

«Je suis tout de suite tombé en amour avec le sport. Je pratique quatre à cinq fois par semaine et je suis toujours content d'aller sur l'eau», explique celui qui avait parcouru les 200 kilomètres de la Classique en compagnie de Jennifer Parke.

Cette nouvelle passion lui permet de mettre un baume sur le fait qu'il ne peut plus pratiquer, depuis plus de trois ans, le hockey, son sport favori. Le 15 octobre 2012 à Princeville, le moteur de l'avion à bord duquel il prenait place en compagnie de son instructeur Stéphane Barrette a explosé avant que leur appareil ne s'écrase.

Au départ, il souhaitait simplement retrouver l'usage de ses jambes. Depuis, il ne cesse d'abattre les barrières.

«J'aime bien aller au gym, mais c'est encore plus plaisant d'avoir trouvé un sport de dépassement. Quand je suis sur l'eau, je ne pense plus à rien. Ça me fait oublier tous les autres problèmes. Ça me relaxe en même temps que je force. Ça me vide l'esprit.»

Si le coup de foudre a été immédiat avec le parakayak, Grenier ne l'a pas eu facile pour autant dès le départ. Habitué à un canot long parcours pour la Classique internationale de canots, il a rapidement compris que l'équilibre était différent dans un kayak de compétition.

«Au début, je n'étais même pas capable de faire 10 mètres sans chavirer. Maintenant, je ne chavire pratiquement plus jamais. C'est ce qui a été le plus difficile à maîtriser», souligne-t-il en rigolant.

D'ailleurs, comme il n'est pas capable de forcer avec ses pieds, le défi est d'autant plus grand afin de diriger son embarcation. Habituellement, les rameurs utilisent des pédales à l'intérieur du kayak afin de demeurer dans le droit chemin. «J'ai rapidement compris qu'il ne s'agissait pas seulement de forcer avec les bras!»

En admiration devant son poulain, Hélène Gervais ne tarit pas d'éloges envers celui qu'elle considère comme un excellent modèle pour les jeunes rameurs du Club de canotage de Shawinigan.

«À la base, c'est un bon athlète. Il a le profil pour exceller sur 200 mètres et c'est tout un compétiteur dans l'âme. Il lui reste à peaufiner sa technique et apprendre à être constant dans ses coups de rame, mais il a un très grand potentiel.»

Tokyo 2020

Encore au stade de recrue dans le monde du parakayak, le Shawiniganais se permet tout de même de rêver à une participation aux Jeux paralympiques de 2020, à Tokyo.

«Je vois les possibilités qu'il y a dans ce sport. Nous ne sommes pas une tonne à faire ça au Canada alors c'est certain que mes chances sont plus grandes. C'est définitivement quelque chose à quoi j'aspire, mais je ne baserai pas uniquement ma vie sur ça. Je pense qu'en quatre ans, j'ai les habiletés pour me rendre jusque-là et, si ça arrive, ça arrivera!»

Avant de réserver son billet d'avion pour le Japon, Grenier aimerait d'abord obtenir une place sur l'équipe nationale. Un brevet de Canoë-kayak Canada lui permettrait de s'entraîner à temps plein. «Quand j'embarque dans quelque chose, c'est à 100 %. Je vais donner tout ce que j'ai. S'il faut que je m'entraîne 7 jours par semaine, je vais le faire.»

Ce week-end, Grenier était d'ailleurs en action sous les couleurs de l'équipe nationale dans le cadre de la deuxième tranche de la Coupe Canada de canoë-kayak de vitesse présentée sur la rivière Saint-Maurice, à Shawinigan.

«La plus grande progression pour moi va se jouer dans les deux ou trois premières années. En un an, j'ai déjà amélioré mon temps d'une quinzaine de secondes sur 200 mètres», mentionne-t-il, tout en rappelant son désir de trouver un emploi de contrôleur aérien, dans ce monde de l'aviation qui demeure une passion pour lui, malgré les incidents d'octobre 2012 qui ont chamboulé sa vie.

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