Genest doit faire une croix sur Rio

Une blessure au pied gauche aura eu raison... (Courtoisie)

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Une blessure au pied gauche aura eu raison des intentions d'Alex Genest, qui rêvait de participer à une finale olympique au 3000 m steeple-chase, cet été à Rio.

Courtoisie

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(Trois-Rivières) Alex Genest n'aura pas la chance de répéter son rêve olympique.

Incommodé par une blessure au pied gauche, le coureur spécialiste du 3000 m steeple-chase a fait une croix sur une participation au Championnat canadien d'athlétisme d'Edmonton, dernière opportunité dans son cas pour espérer obtenir une qualification en vue des Jeux de Rio.

Genest, qui a eu 30 ans il y a quelques jours, n'a donc pas été en mesure de soigner ses maux qui le tenaient à l'écart de la piste d'entraînement depuis la fin du printemps. L'athlète de Lac-aux-Sables avait tout tenté pour revenir en forme en vue des Nationaux, voyageant entre sa résidence de Guelph et Toronto plusieurs fois par semaine afin de tester son pied sur un tapis sans gravité.

En entrevue au Nouvelliste à la fin du mois de juin, Genest disait se donner encore quelques jours, priant pour que la douleur disparaisse avant le rendez-vous d'Edmonton. Son souhait ne se sera malheureusement pas exaucé.

«J'ai dû en venir aux faits la semaine dernière, expliquait-il, mardi lors d'un entretien téléphonique. Je suis incapable de marcher plus de 15 minutes et je ne peux pas plus courir avec 70 % de mon poids sur le tapis sans gravité. Je ne me vois pas tenter le coup au steeple-chase...»

C'est donc dire que Genest ne pourra réaliser l'objectif qu'il s'était fixé en amorçant ce cycle olympique, soit mériter son billet pour la finale olympique de sa discipline fétiche. À Londres en 2012, le Québécois avait raté l'ultime course du 3000 m steeple-chase par deux dixièmes. Il avait pris le 13e rang à la compétition.

Un an plus tard, aux Championnats mondiaux présentés à Moscou, Genest avait marqué l'histoire de cette distance au pays en devenant le premier Québécois à décrocher une place en finale. Il avait de nouveau terminé 13e, sa meilleure performance en carrière à ses yeux avec sa médaille d'argent aux Jeux panaméricains de Toronto l'an passé.

«J'étais très émotif et frustré, mais la décision s'imposait. La vie continue, mais je devrai faire la paix avec moi-même. Ce sont beaucoup d'efforts qui s'évaporent après des années de dur labeur.»

L'année 2014 aura sans doute été la plus difficile de sa carrière. Incapable de se qualifier pour les Jeux du Commonwealth de Glasgow, un psychologue lui avait diagnostiqué un problème d'épuisement professionnel, à la limite de la dépression.

Il avait dû se retirer de la compétition pendant quatre mois, mais son retour en force à Toronto 2015 avait représenté l'une des belles histoires des Panams. Genest était devenu un porte-parole de la cause de la santé mentale au Québec.

«J'ai réalisé en 2014 que le sport, c'était du futile. Si t'as rien d'autre, ça peut faire vraiment mal. J'ai eu la chance d'être bien entouré avec ma conjointe, mes deux enfants, ma famille et mes amis.»

Le triple champion canadien ne prévoit pas se relancer dans un cycle à temps plein en vue des prochains Mondiaux ou des Olympiques de 2020. Par contre, il refuse de parler de retraite... pour l'instant.

«Les courses sur route récréatives, ça m'intéresse. Je souhaite m'impliquer à divers niveaux à mon club de Guelph et ma conjointe a un bon emploi ici. Nous ne planifions pas de retour au Québec dans les prochains mois. Je me consacrerai à d'autres projets.»

Mais force est d'admettre que sa carrière d'athlète amateur à temps plein est terminée. Et il ne regrette rien, pas même les épisodes très difficiles de 2014 et 2016.

«Ce que je retiens de ces 17 années, c'est que je ne me suis jamais mis de limites. J'ai eu l'occasion de rencontrer des gens extraordinaires. Quand j'ai commencé à courir à Paul-Le Jeune, jamais je n'aurais pu imaginer la suite des choses.»

Alex Genest se rendra à Rio en août prochain, mais ce sera dans le rôle de spectateur et entouré des gens qu'il aime. Il est prêt pour un nouveau départ.

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