Les Cubains veulent répéter l'expérience

Les joueurs cubains ont apprécié disputer des matchs... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Les joueurs cubains ont apprécié disputer des matchs contre les formations de la Ligue Can-Am, eux qui se préparent à représenter leur pays en vue de la Classique mondiale de baseball de 2017.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) N'eut été de la défection d'un joueur pendant qu'ils séjournaient aux États-Unis, les membres de l'équipe nationale de baseball de Cuba auraient pu dresser un bilan quasi parfait de leur tournée nord-américaine, qui a pris fin samedi, au Stade Stéréo Plus de Trois-Rivières, dans une victoire de 5-3 contre les Japonais de l'île de Shikoku.

Le gérant Roger Machado fumait son cigare en bordure du terrain, samedi, pendant que ses protégés se préparaient en vue de leur dernière partie d'un voyage qui en aura compté 20. Ce choc des cultures aura permis à la sélection de se mesurer aux six clubs de la Ligue Can-Am et, surtout, de participer à l'effort diplomatique entrepris ces dernières années afin de resserrer les liens entre Cuba et les États-Unis. «Certains de nos joueurs vedettes n'y étaient pas, mais je crois que nous avons offert un bon spectacle dans une ligue compétitive», soumettait Machado, en entrevue au Nouvelliste grâce à l'interprète Diego Brunelle Diaz.

«On a connu un certain succès aux États-Unis après un départ difficile. Ce fut une grande expérience pour nous et c'est tout aussi agréable d'affronter les Japonais à Trois-Rivières.»

Lazaro Ramirez a fait défection de l'équipe nationale... (François Gervais) - image 2.0

Agrandir

Lazaro Ramirez a fait défection de l'équipe nationale cubaine pendant le voyage aux États-Unis. Le jeune homme de 24 ans, photographié par Le Nouvelliste quelques jours avant sa défection, est considéré comme l'un des beaux espoirs de l'île des Antilles.

François Gervais

Un joueur en moins

Au final, les Cubains rentrent chez eux avec un dossier de 11 gains et neuf revers, des statistiques plutôt satisfaisantes après les deux séries perdues en ouverture contre les Capitales de Québec et les Aigles. Les Japonais ont quant à eux affiché un rendement de 8-12. «Je pense que nous avons été très bien reçus, que ce soit par les partisans ou les propriétaires d'équipes», soumettait Roger Machado, qui ne pouvait passer sous silence la défection du prometteur Lazaro Ramirez.

Le jeune homme de 24 ans, l'un des plus beaux espoirs de l'île des Antilles, n'a pas rejoint l'autobus des siens au terme de la série face aux Miners de Sussex. Les joueurs ont eu droit à une rare sortie au centre commercial, mais tout porte à croire que Ramirez en a profité pour filer à l'anglaise. Depuis ce temps, aucune nouvelle de lui. «Il a pris sa décision, on lui souhaite que ça se passe bien», s'est contenté de lancer Machado, avant de devenir beaucoup plus loquace.

«Cet athlète a été formé par Cuba et il décide de quitter. Ça nous fait mal de voir ça. Aucun pays au monde supporte ce qu'on endure en termes de pertes de joueurs. En fait, c'est du vol! Et malgré tout ça, nous continuons à incarner l'une des meilleures équipes au monde.»

Une possible défection constituait la principale inquiétude de l'état-major de l'équipe cubaine pendant son séjour sur le continent. Au Québec, les Capitales avaient engagé des gardes du corps afin de surveiller les activités des joueurs du club et ceux-ci étaient encore bien visibles au Stade Stéréo Plus samedi. «Oui, il fallait garder un oeil sur tout le monde. Maintenant, est-ce que ça peut nous inciter à ne pas revenir l'an prochain? Non, je ne dirais pas ça. Je parle en tant que gérant de l'équipe nationale et je suis persuadé que notre fédération montrera de l'intérêt à répéter le tout.»

Bouder El Duque

On le sait, les organisations de la Can-Am ont tout fait pour accommoder les Cubains et souligner leur présence. Les Boulders de Rockland ignoraient cependant qu'ils créeraient un malaise en invitent nul autre qu'Orlando Hernandez à effectuer le premier lancer, dans le cadre du match numéro un de la série Boulders-Cuba.

Surnommé El Duque, Hernandez a été l'un des meilleurs lanceurs cubains du baseball majeur, remportant quatre fois la Série mondiale, dont trois avec les Yankees. Spécialiste de la balle arc-en-ciel, il avait connu des heures de gloire avec l'équipe nationale cubaine... avant de faire défection.

En entrevue au quotidien Daily News, Hernandez ne cachait pas sa déception face à l'accueil glacial reçu par les dirigeants et les joueurs de la formation cubaine. «Personne ne m'a salué. Personne ne m'a serré la main. Je ne comprends pas pourquoi, je respecte l'équipe nationale et j'aime Cuba. C'est difficile.»

Machado a abordé cet épisode lorsqu'interrogé par Le Nouvelliste. «Il est un grand lanceur, mais nous n'avons pas d'hommages à lui faire. Il a trahi la patrie cubaine et quitté le pays de façon clandestine. J'admire le joueur, mais je suis en désaccord avec les décisions de l'individu.»

En dépit de cette bourde diplomatique et du départ de Lazaro Ramirez, les Cubains ont créé des liens précieux avec des équipes du baseball indépendant, qui voudront certainement les revoir dans leur ville respective.

Tout compte fait, le cigare de Machado n'avait pas un goût si amer.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer