Les maîtres de la petite balle

Terushi Nakashima dirige les étoiles de l'île de... (Olivier Croteau)

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Terushi Nakashima dirige les étoiles de l'île de Shikoku pour une deuxième année.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Le baseball à la japonaise, c'est maîtriser à merveille le jeu de la «petite balle». C'est exactement ce que font les étoiles de l'île de Shikoku, qui font escale à Trois-Rivières pour une série de trois matchs jusqu'à dimanche. Une façon de jouer bien différente de ce qu'on voit en Amérique du Nord.

Au bâton, les Japonais ne font pas bonne figure au chapitre de la puissance. Alors que les équipes de la Ligue Can-Am frappent en moyenne 0,73 circuits par matchs, les étoiles de l'île de Shikoku, n'en ont frappé que deux en treize parties, bon pour une moyenne de 0,15. Ils ont rapidement compris que ce n'est pas avec la puissance qu'ils allaient battre les équipes nord-américaine, mais bien en trouvant les ouvertures et en forçant les lanceurs à effectuer plusieurs tirs.

«On sait à quoi s'attendre avec les Japonais, c'est la petite balle. C'est de frapper 15 fausses balles avant d'obtenir un coup sûr. Ce sont des gars qui sont très avancés au niveau du baseball de base», souligne le gérant des Aigles, Pierre-Luc Laforest.

Celui-ci n'hésite pas à chanter les louanges des Japonais, particulièrement leur discipline à la plaque et, surtout, leur désir de se sacrifier pour la cause.

«C'est une équipe où même les gros frappeurs peuvent déposer l'amorti et faire les petites choses. C'est l'une des grosses différences que l'ont voit dans la dernière décennie par rapport à ici. Je ne sais pas si c'est l'égo, mais ce n'est pas aussi important dans le baseball nord-américain, autant ici que dans toutes la ligue. Il y a des jeux de situation qui ne sont pas complétés alors qu'ils devraient l'être. C'est un peu alarmant. C'est la différence entre nous et Cuba ou le Japon. Tout ce qu'ils tentent de faire, c'est d'exécuter les situations. Si tu as un coureur à faire avancer, tu dois trouver le moyen de le faire.»

Le modèle Ichiro

Cette discipline prend-elle racines dans la culture japonaise? Fort possiblement. Les joueurs de l'archipel sont peu flamboyants, mais efficaces. En 13 matchs dans la Ligue Can-Am, l'équipe du pays du Soleil-Levant obtient en moyenne davantage de buts sur balles par matchs que les formations nord-américaine. La vitesse est aussi un pan important de la stratégie des équipes asiatiques.

«Nous avons de bons joueurs et qui sont en excellente condition physique puisque la saison vient de se terminer (au Japon). On ne frappe pas beaucoup de coups de circuits, alors le conditionnement physique est très important», souligne le gérant des étoiles de l'île de Shikoku, Terushi Nakashima, qui mentionne aussi que les lanceurs japonais ont un meilleur contrôle de leurs balles à effet et que le chiffre affiché sur le radar n'est pas aussi important que de ce côté-ci de l'océan Pacifique.

L'une des différences les plus frappante entre les deux équipes est assurément la taille des joueurs. Dans l'alignement des Aigles, 13 joueurs mesurent plus de 6 pi. Chez les visiteurs, seulement trois. On a donc droit à des athlètes relativement petits, mais explosifs, capables de transformer un retrait en simple à l'avant-champ. Et surtout, rarement vous les verrez rouspéter à l'endroit d'un officiel. Voilà qui rappelle un certain Ichiro Suzuki.

«Je pense que pour eux, c'est la quantité plus que la qualité. Ils vont te détruire avec 12 coups sûrs, 11 simples et un double. C'est ce qu'on avait vu l'an passé. Mais au Japon, dans la Ligue majeure, il y a davantage de baseball (de puissance)», analyse l'ancien des Rays de Tampa Bay.

Une équipe améliorée

Après avoir amorcé leur deuxième périple en Amérique du Nord avec une fiche de 5-5, dont quelques défaites par un pointage serré, les étoiles ont connu un passage à vide lors des deux dernières rencontres à Québec, des massacres 11-3 et 8-2. Nakashima estime tout de même que son équipe est davantage talentueuse que celle qui s'était pointée à Trois-Rivières en 2015.

«Si on se compare à l'an dernier, au point de vue individuel, nous ne sommes pas aussi bon. Mais en tant qu'équipe, nous sommes bien meilleurs. Il y a sept joueurs l'an dernier qui sont partis dans la Ligue majeure japonaise. Mais cette année, nous faisons tout bien.»

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