Girard se présente au repêchage sans regret

Le week-end du repêchage de la LNH sera... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le week-end du repêchage de la LNH sera particulier pour Jérémy Girard qui a mis un terme à sa carrière pour permettre à son frère Samuel de poursuivre la sienne.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Samuel Girard est débarqué en milieu de semaine à Buffalo la tête bien haute. Normal, bien peu de joueurs admissibles au repêchage de la LNH peuvent se vanter d'avoir été aussi étincelants que lui au cours de la dernière année.

Défenseur le plus productif au pays, il est de plus devenu seulement le deuxième adolescent de 17 ans de l'histoire de la LHJMQ à être proclamé le défenseur par excellence du circuit. À ce tableau de chasse, il faut ajouter une présence remarquée face aux Russes lors de la Super Série, une bonne sortie au match des meilleurs espoirs, un rôle de premier plan dans le parcours des Cataractes jusqu'en grande finale de sa ligue, et des tests physiques concluants au Combine de la LNH.

«Je suis content de mon année, je mentirais si je disais le contraire. La seule chose qui me manque, c'est la Coupe du Président. Mais on a quand même atteint la finale», fait valoir la Tornade de Roberval avec un soupçon de fierté dans la voix.

Ça n'empêche pas Girard d'être tenaillé par une nervosité grandissante, à l'approche du grand jour. Il est du type à se nourrir des grands moments quand il contrôle l'action, mais il devient pas mal plus anxieux dans un rôle de figuration. Au repêchage de la LHJMQ il y a deux ans, il avait passé une nuit d'enfer avant d'enfiler le maillot des Cataractes. «Je vais essayer de mieux me contrôler cette fois», sourit-il. «Ça allait bien la semaine dernière mais là, ça approche et la nervosité a embarqué. Je vais vivre avec jusqu'à ce que j'entende mon nom au micro.»

Il rêve évidemment que la question soit réglée dès vendredi soir, ce qui lui permettrait de parader sur l'estrade en première ronde, mais il se prépare à attendre jusqu'à samedi matin. Il a été répertorié 38e par la centrale de la LNH sur son bulletin final, 45e sur la liste du réputé journaliste Bob McKenzie. Mais attention, Craig Button, un autre journaliste bien branché, identifie Girard comme le 18e plus bel espoir de l'encan. Button, en passant, était l'un des seuls à prédire une sélection en première ronde à Anthony Beauvillier il y a un an... «C'est sûr que j'ai hâte de savoir où je m'en vais. Je sais que je peux sortir en fin de première ronde mais je ne veux pas être déçu, alors dans ma tête, ça va se passer en deuxième ronde.»

Si Girard devra attendre plus longtemps que les autres surdoués de son espèce, c'est en raison de sa taille. En s'étirant de tout son long, il touche à peine à 5 pi 10 po. Sous les six pieds, il y a quelques jeunes défenseurs comme Torey Krug, Sami Vatanen, Ryan Ellis et Jared Spurgeon qui se tirent bien d'affaires actuellement dans la LNH, mais les équipes plus conservatrices vont préférer miser sur un cheval plus imposant physiquement en première ronde.

«Sur les 25 équipes que j'ai rencontrées, 23 m'ont parlé de ma taille. Ma réponse est toujours la même, je suis assez intelligent pour m'adapter quand je fais face à des joueurs plus costauds. Je l'ai fait à tous les niveaux. Je vais le faire également dans la LNH. Je suis capable de jouer contre n'importe qui», martèle-t-il. «Ma taille, c'est pas mal la seule chose que je ne contrôle pas. Mais elle ne m'a jamais empêché de faire mon chemin...»

Girard est accompagné par une grosse délégation à Buffalo: les membres de sa famille, quelques amis, la famille où il réside en pension. Il tenait à vivre avec eux ce moment spécial.

«Si je suis rendu ici, c'est en raison d'un travail d'équipe. Tous ces gens-là m'aident beaucoup et je ne manque jamais une occasion de leur dire merci.»

Le week-end sera encore plus particulier pour son frère Jérémy, qui a mis un terme à carrière afin de permettre à son cadet de poursuivre la sienne. La famille Girard ayant des moyens financiers modestes, il était impossible pour le clan d'éponger une facture dépassant 20 000 $ annuellement pour offrir à leurs deux fils un casier avec les Élites de Jonquière dans le midget AAA. Jérémy s'est tassé sans que personne ne le lui demande, une décision qu'il reprendrait demain matin.

«Je n'ai jamais regretté mon geste, au contraire. Mon petit frère, c'est mon idole! On a fait un choix de famille et on va tous vivre ça ensemble en fin de semaine.»

Jérémy a été le premier à croire que Samuel appartenait à la crème de la crème. André Ruel et Pat Brisson ont emboîté le pas, les Cataractes ont suivi... et ils se félicitent tous les jours depuis. Jérémy croit que le dépisteur qui saura vendre son frère à ses patrons va lui aussi passer pour un génie dans quelques années. «Samuel a gagné partout où il est passé! Il a le coeur gros comme l'aréna et personne n'a autant de désir que lui de réussir. Quand tu ajoutes à ça le talent dont il est animé, ceux qui le connaissent savent qu'il ne ratera pas son coup. Ceux qui vont se laisser berner par sa taille vont le regretter...»

«Il est spécial»

André Ruel est tombé en amour avec Samuel Girard lors des Jeux du Québec. Il évoluait bantam à l'époque, et il remplissait déjà le Palais des Sports de Jonquière! Le réputé homme de hockey dit n'avoir jamais eu peur de sa petite taille et il n'a eu aucun mal à le vendre à son patron Pat Brisson, l'agent le plus influent sur la planète hockey.

«Je connais Pat depuis tellement longtemps, il me fait confiance. Bien sûr, la première fois qu'il l'a vu en personne, il a eu un petit choc! Le choc est toutefois passé rapidement quand il est ensuite sauté sur la glace devant lui, à notre camp à Los Angeles. Il le trouvait tellement bon qu'il a fait venir Scott Niedermayer à l'aréna pour qu'il puisse le voir jouer! Pat a tout de suite vu des ressemblances avec Niedermayer», confie Ruel. «Daniel Brière était là, il a également été impressionné par Samuel. Il se revoyait un peu en lui, il a pris le temps de lui donner quelques conseils. On a un gars spécial entre les mains, le genre de gars qui sort sur 1000 joueurs. Il va réussir.»

Brisson est du même avis. Le réputé agent ne tombera d'ailleurs pas en bas de sa chaise si son poulain monte sur l'estrade dès vendredi. «Ça pourrait arriver, il est tellement dominant. Mais ce serait une erreur de juste se concentrer sur son rang de sélection: je le dis à tous mes joueurs, le repêchage n'est qu'une étape, le plus important est de voir où tu seras dans deux ou trois ans.»

L'agent des Sidney Crosby, Patrick Kane et Jonathan Toews croit que Girard cogne à la porte de la LNH au bon moment. «Quand il y avait plus d'accrochage, c'était plus difficile pour les petits joueurs. Maintenant, le jeu est axé sur la vitesse et l'exécution. C'est sûr que ça l'avantage. Il va jouer dans la LNH.»

Amenez-en de la pression!

Six clubs seraient particulièrement intéressés aux services de Samuel Girard, soit les Devils du New Jersey, les Bruins de Boston, l'Avalanche du Colorado, le Canadien de Montréal, les Maple Leafs de Toronto et le Lightning de Tampa Bay.

Du groupe, l'Avalanche aurait sollicité plusieurs rencontres avec le jeune homme. Les Maple Leafs ont pour leur part amené Girard à Toronto après le Combine de la LNH. Reste que la rumeur la plus persistante, c'est que ce soit le Canadien qui le voit le plus Girard dans sa soupe.

Le jeune homme dit ne pas trop s'en faire avec les discussions de coulisses et il promet d'avoir le sourire peu importe quelle équipe misera sur lui.

Par contre, il assure n'avoir aucun problème à débarquer à Montréal si le Canadien obtient ses droits.

«C'est sûr qu'il y a plus de pression pour les francophones à Montréal mais moi j'aime ça, la pression. J'ai toujours été un gars qui se démarquait dans les situations-clés. Rappelez-vous, au dernier match de la saison, j'accusais un retard de quatre points sur le meilleur défenseur au pays et j'ai réussi à le dépasser. Plus il y a de la pression, plus je suis capable d'élever mon jeu d'un cran», avertit Girard.

À moins d'une transaction, le Canadien détient les 9e, 39e et 45e sélections ce week-end au cours des deux premières rondes.

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