L'architecte latuquois du volleyball

L'entraîneur de l'équipe nationale du Canada, Glenn Hoag,... (Volleyball Canada)

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L'entraîneur de l'équipe nationale du Canada, Glenn Hoag, est considéré comme le sauveur du programme masculin. La sélection participera aux Jeux de Rio. Au sein de l'équipe, on retrouve le fils de Hoag, Nicholas, une étoile montante.

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(Trois-Rivières) Le volleyball d'élite a la cote ces jours-ci au Canada. À la surprise générale, l'équipe nationale masculine a accompli un exploit peu banal en obtenant sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio, un scénario qui ne s'était pas écrit chez les hommes depuis 1992. Et c'est à un entraîneur originaire de La Tuque que revient, en grande partie, le mérite d'avoir réalisé cet important fait d'armes.

Dans le monde du ballon-volant, on considère Glenn Hoag comme le sauveur d'un programme qui allait nulle part, ou tout droit dans le filet, à l'instar d'une attaque manquée. Le chemin parcouru en dix ans par cet ancien professionnel devenu entraîneur figure parmi les belles histoires du mouvement olympique canadien, à neuf semaines du début des compétitions au Brésil.

«On a investi beaucoup de notre temps pour remettre le programme sur pied, concède Hoag. Quand j'ai pris les rênes de l'équipe en 2006, il fallait trouver une orientation qu'on n'avait pas encore définie. Nous avons labouré longtemps et aujourd'hui, on récolte enfin ce qu'on a semé!»

Glenn Hoag détient un baccalauréat en éducation physique de l'Université de Sherbrooke. D'autres vous diront qu'il est plutôt comme un architecte, celui qui a eu la vision - et la patience - pour redresser un programme en grande difficulté. On ne rit plus des Canadiens en volleyball masculin sur la scène internationale.

Il y a quelques jours à Tokyo, l'unifolié participait au tournoi de la dernière chance en vue de Rio 2016. Des équipes de pointe comme celles de la France, de l'Iran et de la Pologne prenaient part à la compétition, tout comme l'Australie, la Chine et le Japon, des sélections que le Canada se devait de vaincre pour avancer.

Après un départ un peu pénible de 0-2, les hommes dirigés par Hoag ont gagné quatre des cinq matchs suivants. La qualification a été confirmée au terme de l'avant-dernière partie du tournoi, une défaite de l'Australie contre la Pologne pavant la voie aux représentants de la feuille d'érable.

«Si l'Australie gagnait, on ne passait pas. J'étais tellement nerveux que j'ai quitté le centre sportif pour aller manger», rigole Hoag. «Quand je suis revenu par contre, ç'a été l'explosion de joie!»

Les gars ont célébré dans les rues de la métropole japonaise, puis sont rentrés au pays. La fête est déjà terminée. «On a commencé à planifier notre entraînement pour la phase préliminaire des Jeux olympiques. Je pense qu'on peut encore causer des surprises.»

Il s'agit de tout un revirement de situation pour les Canadiens. Cet hiver à Edmonton, ils avaient failli à la tâche de se qualifier en s'inclinant lors de la finale continentale devant les Cubains, et ce, malgré l'avantage d'une foule très enthousiaste.

«Plusieurs de nos joueurs partants étaient absents en raison de diverses blessures, note Hoag. Je suis encore plus fier de dire qu'on a réussi à Tokyo, après avoir échappé le tournoi d'Edmonton. C'est la preuve qu'avec notre équipe A, on peut réussir.»

Une passion tardive

Comme plusieurs jeunes de l'époque, Glenn Hoag a découvert le volleyball sur le tard. En cinquième secondaire pour être plus précis, et ce, après avoir touché à plusieurs sports. Rapidement, le joueur de centre a su se distinguer, même si, au Québec, les entraîneurs ne l'identifiaient pas comme un espoir potentiel.

Tenace, il s'est présenté au camp d'entraînement de l'équipe nationale et a gagné son pari, enfilant l'uniforme rouge et blanc de 1981 à 1986. Si la quatrième place décrochée aux Olympiques de Los Angeles en 1984 demeure le meilleur résultat à vie des Canadiens à la compétition, pour Hoag, cette expérience a été mitigée.

«Je devais composer avec une grosse entorse. On a raté la médaille de bronze contre l'Italie, mais le groupe avait quand même quelque chose de spécial.»

Comme celui de 2016, prédit celui qui a eu l'occasion de retourner aux Jeux en 2004 en tant qu'entraîneur adjoint avec la France, un pays où il a connu sa part de succès autant dans les souliers du joueur que ceux de l'entraîneur, notamment avec le Paris Volley, club pour lequel son fils Nicholas évolue aujourd'hui. Vous aurez compris, Nicholas est aussi un membre actuel de l'équipe nationale du Canada.

Le père et son rejeton ont donc partagé un moment très spécial à Tokyo la semaine dernière. Seul Québécois sur l'équipe A, le jeune Hoag représente bien le mouvement jeunesse entrepris grâce aux centres régionaux et au centre national de Gatineau.

«C'est un réel plaisir de vivre ça avec lui, sourit Glenn Hoag. Je n'ai pas eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec lui dans les dernières années, mais depuis qu'il a rejoint l'équipe nationale, on a la chance de travailler ensemble.»

C'est que durant l'hiver, le paternel Hoag troque son chandail de l'équipe canadienne pour celui de la formation d'Izmir, en Turquie. Il dirige ce club, l'un des plus prospères du circuit, depuis près de six ans. «Je suis bien établi à Izmir, je prends des cours de turc. Si jamais mon contrat prend fin à Volleyball Canada, j'aurai toujours cette option en Europe, où le calibre de jeu est très relevé.»

Mais ce serait très surprenant que la fédération se départisse de lui à court terme. «Nous avons encore beaucoup de choses à réaliser», enchaîne Hoag, qui voudrait que le volleyball masculin retrouve ses lettres de noblesse au Québec. «Nos jeunes de 18 ans s'entraînent maintenant comme le font les gars de leur âge en Amérique du Sud ou en Europe, ils savent qu'une carrière professionnelle est possible à l'extérieur.»

Racines latuquoises

Il a quitté la ville alors qu'il entrait à peine dans l'adolescence, mais Glenn Hoag n'a pas oublié ses racines latuquoises. Sa passion pour les sports est née en Haute-Mauricie, se remémore l'entraîneur de 57 ans.

«Mon père travaillait à l'usine et on l'a transféré à Gatineau quand j'avais 11 ou 12 ans. Quand j'en ai l'occasion, je retourne voir ma famille, j'ai encore des cousins, des oncles et des tantes là-bas. J'aime bien aller pêcher dans la Réserve faunique du Saint-Maurice.»

Son oncle, le regretté Gaston Fortin, a d'ailleurs été l'un des maires les plus influents de l'histoire de la ville, étant entre autres l'instigateur des 24 Heures de nage de La Tuque, un événement phare sur la scène sportive à l'époque. «Il a eu une grande influence sur moi aussi. C'était un visionnaire.»

Comme Glenn Hoag en est un pour le volleyball d'élite.

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