Andréanne Langlois vivra son rêve olympique

Au cours des derniers mois, Andréanne Langlois, porte-couleurs... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Au cours des derniers mois, Andréanne Langlois, porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, a créé une petite commotion dans le monde du kayak féminin en se frayant un chemin jusqu'à la grand-messe du sport amateur.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Lorsqu'elle prendra place à bord de l'avion qui la mènera au Brésil, le 8 août prochain, Andréanne Langlois ne pourra s'empêcher d'avoir une pensée pour sa soeur Marie-Pier.

Après tout, c'est en voulant imiter l'aînée de la famille, il y a une quinzaine d'années aux abords de son lac Beauport natal, que la rameuse de 23 ans a développé une passion qui la conduira jusqu'aux Jeux olympiques 2016 de Rio de Janeiro.

Au cours des derniers mois, la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières a créé une petite commotion dans le monde du kayak féminin en se frayant un chemin jusqu'à la grand-messe du sport amateur.

Depuis quelques années, son potentiel olympique avait été détecté. Elle avait même été nommée au sein du programme ProchaineGén de la fédération canadienne de canoë-kayak, un groupe d'athlètes dont les objectifs olympiques ciblaient les rendez-vous de 2020 et 2024.

En obtenant son billet pour Rio, l'échéancier initial a donc été déjoué.

Tout ça n'aurait jamais été possible si elle n'avait pas eu envie de sauter dans un kayak après avoir vu sa soeur remporter sa première victoire en carrière.

«Comme toute petite soeur, je voulais faire comme elle. Quand je l'ai vue gagner, je me suis dit que ça avait l'air facile et que je voulais faire ça moi aussi, rigole-t-elle. Si je suis rendue ici aujourd'hui, c'est grâce à elle.»

Annonce émotive

Au terme de la plus récente Coupe du monde senior au Portugal - où elle a pris le 5e rang du K1-200m - Langlois a vu un énorme poids s'enlever de ses épaules lorsque l'entraîneur de l'équipe nationale, Frédéric Jobin, lui a finalement annoncé qu'elle avait été retenue pour participer aux Jeux de Rio.

«J'étais aux côtés de ma partenaire d'entraînement Émilie (Fournel). Tout le monde avait les larmes aux yeux quand il m'a dit ça. Il y avait beaucoup d'émotion dans le hall de l'hôtel!», raconte celle qui a été dirigée par Jobin pendant une dizaine d'années au club de Lac-Beauport avant d'atterrir à Trois-Rivières où elle s'entraîne sous la gouverne de Mathieu Pelletier depuis 2012.

Au cours des dernières années, Langlois avait souvent blagué avec ses amis et coéquipiers Marc-Alexandre Gagnon et Charles-Antoine Girouard à propos d'une participation aux Jeux de Rio. Dimanche, cette blague est pourtant devenue bien réelle.

«C'est la folie! En regardant les Jeux de 2012 avec Mathieu (Pelletier), le premier déclic s'était fait et je lui avait dit que je voulais y aller. Puis cet hiver en Floride, j'ai vraiment commencé à voir que j'avais le potentiel. Au départ, l'objectif c'était de faire un podium aux Mondiaux U23, puis de fil en aiguille, on a commencé à croire à une participation aux Olympiques. Tout a fait boule de neige», souligne l'ancienne étudiante du Collège Laflèche.

À travers ce tourbillon de cinq semaines de compétitions pour le processus de qualification olympique, la petite rameuse retiendra tout particulièrement sa victoire du 21 mai à Gainesville, lors des Championnats panaméricains, qui a permis au Canada de qualifier un bateau en K-1 200m.

«J'ai dû me remettre en selle très rapidement après des essais nationaux très émotifs. Aux Pan-Am, j'ai obtenu une victoire dominante. J'étais littéralement sous le choc», se remémore-t-elle.

Pour son entraîneur au club trifluvien, la sélection olympique d'Andréanne Langlois reflète bien toute l'ardeur qu'elle a déployée à l'entraînement au cours des derniers mois.

«Quand elle est arrivée ici à 18 ans, elle était déjà dans les meilleures juniors au pays. Mais ce sont les Jeux de 2020 qui avaient toujours été sur le radar. Puis, au Mondiaux U23 l'an dernier, j'ai senti qu'elle a réalisé qu'elle avait sa place parmi l'élite mondiale.»

Le rêve d'une finale A

À deux mois de son baptême olympique, Andréanne Langlois peine toujours à réaliser qu'elle défendra l'unifolié aux Olympiques. En s'imaginant à bord de son embarcation, elle se met à rêver d'une place en finale A, parmi les huit meilleures de la planète.

«Même si je suis dans les plus jeunes, je peux bien faire. Je ne m'attends pas à un podium, car j'ai encore des croûtes à manger, mais une finale B serait appréciée. Et comme j'aime voir grand, pourquoi pas une place en finale A!»

En plus de prendre part à l'épreuve de K1-200m, la Trifluvienne d'adoption prendra le départ du K-4 500m en compagnie d'Émilie Fournel et deux autres Canadiennes dont l'identité sera connue d'ici la fin du mois.

En août 2015, le quatuor canadien initial avait raté sa qualification olympique lors des Championnats du monde. Cependant, comme le Canada a réussi à qualifier quatre rameuses pour les Jeux olympiques, le pays obtient automatiquement une place dans l'épreuve du K4-500m.

«Ça va être vraiment intéressant, car on n'aura aucune pression. Tout le monde va se concentrer sur son épreuve principale et participer au K4 sera un bonus. Je ne crois pas qu'on va gagner, mais ça pourrait donner quelque chose d'intéressant!»

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