Régis rêve d'un dernier grand coup

Simon Rodrigue et Regis Levesque... (François Gervais)

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Simon Rodrigue et Regis Levesque

François Gervais

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(Trois-Rivières) Il va fêter ses 81 ans en juillet. Une opération au coeur l'a amaigri d'une bonne quarantaine de livres, et affaibli ses jambes. Mais il suffit de lui poser quelques questions pour réveiller le vieux promoteur qui sommeille toujours en Régis Lévesque!

Dans une semaine, avec l'aide de la plume de Simon Rodrigue, ce coloré personnage va retrouver les feux de la rampe, à l'occasion de la sortie de son autobiographie. Elle risque d'être passionnante, le fils de Sainte-Angèle-de-Laval a orchestré beaucoup de grands moments de boxe au cours des cinq dernières décennies.

Vendredi, il est venu se réchauffer à Trois-Rivières, là où tout a commencé. C'est avec Jim Girard qu'il a fait ses premiers pas dans le noble art. 

Puis c'est au Colisée de Trois-Rivières qu'il a signé sa première carte, en 1962, avec une finale entre Robert Cléroux et James Wiley. Quelques amateurs plus âgés sont venus le saluer vendredi mais ce n'était pas la cohue, mettons. Présenté par la suite comme un pionnier à la foule avant la demi-finale, il a eu droit à un accueil poli, sans plus.

Faut dire que Régis appartient à une autre époque, celle où les promoteurs centraient leurs activités autour d'affrontements locaux et qu'ils faisaient partie du spectacle. 

Il se souvient d'un gala de lutte qui avait failli tourner à l'émeute dans les années 60, tellement

la Bâtisse industrielle était remplie à craquer. Son biographe prétend qu'il y avait 3500 personnes dans la place. Lévesque, lui, jure qu'ils étaient 5000 à s'y entasser! C'est aussi ça, jaser avec Régis: accepter que ses histoires soient toujours un peu romancées!

«J'avais promis 2000 $ à un débardeur, Jacques ''Ti-co'' Desmarais, s'il arrivait à rester 20 minutes dans le ring avec le Baron. Il était arrivé avec ses chums débardeurs. C'était noir de monde, la police était aux aguets en avant, les pompiers étaient en arrière. Ils redoutaient tous une émeute mais ce n'est pas arrivé, Desmarais a tenu à peine une minute dans l'arène!»

Dans son livre, Lévesque, qui s'est fait tasser par d'autres promoteurs au tournant du millénaire, a résisté à l'envie de régler des comptes. Il a préféré mettre l'accent sur ses moments de gloire, comme les succès d'Eddie Melo et de Cléroux.

Dans sa longue carrière, Lévesque avoue qu'il y a eu quelques rendez-vous manqués. À ses débuts dans la métropole, il n'est pas arrivé à mettre sur pied un choc entre Cléroux et Yvon Durelle. «Je m'en veux encore. Je manquais d'expérience dans le temps, ça m'a glissé entre les mains. J'aurais rempli le Forum les yeux fermés.»

Il voulait également faire boxer Cléroux contre Joe Frazier dans un avion, un projet qui a avorté. Plus récemment, il avait frappé l'imaginaire en promettant de remplir le Stade olympique si Arturo Gatti acceptait de se battre contre Dave Hilton. Gatti n'a jamais retourné ses appels... «C'est le genre de scénario qui plaît aux amateurs de boxe. On ne voit plus ça de nos jours. La boxe d'aujourd'hui n'a aucune saveur à Montréal. Je ne l'ai jamais vu aussi à terre que ça...»

Bien sûr que Régis rêve de la ranimer à sa façon. Une ultime fois. Pas plus tard que la semaine passée, il était encore aux trousses de Hilton pour le ramener entre les câbles. La dernière fois qu'il l'avait convaincu, en 2007, Hilton avait gagné contre Adam Green mais bien peu de spectateurs s'étaient déplacés. 

«C'était à cause des journalistes, ils avaient boudé ce combat-là. Impossible de faire de la promotion dans ce temps-là. Mais ça fait longtemps de ça, il y a moyen de faire un dernier grand coup ensemble. Dave est orgueilleux, il a peur de manquer de gaz. Mais je sais qu'il est en forme. S'il finit par accepter de se mesurer à Joe Gatti, on va être en business. Deux victoires face à Gatti, puis on va refuser du monde pour un combat face à Lucian Bute.»

Pardon? Hilton a franchi la cinquantaine, non? Bute, bien qu'il soit dans la tourmente depuis quelques jours, s'est quand même battu en championnat du monde à sa dernière sortie!

«Ça change rien. Il est sur la pente descendante depuis un bon bout, Bute. Et il a des grands flancs, c'est parfait pour Davey! C'est le seul gars qui a rempli le Forum cinq fois au cours des 100 dernières années, il le ferait une sixième fois. Il a juste à dire oui à Joe Gatti pis la machine repart», se crinque Régis, en jurant que Bute ne se défilerait pas. 

«S'il disait non, il se ferait écoeurer en ville pas à peu près. Les gens lui demanderaient s'il a peur d'un grand-père! Avec ça, et une bourse de 300 000 $, inquiète-toi pas qu'il mordrait à l'hameçon.»

On vous rappelle que Régis se réchauffait vendredi. Imaginez-le dans une semaine, au coeur du tourbillon médiatique montréalais...

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