Bouchard mérite de finir ce qu'il a commencé

Appelé en relève derrière le banc des Cataractes... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Appelé en relève derrière le banc des Cataractes au mois de février, Claude Bouchard a accompli la mission qui lui avait été confiée.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) La saison la plus mouvementée de la carrière de Martin Mondou s'est terminée dans les larmes jeudi soir à Rouyn-Noranda.

Un camp d'entraînement ultra-compétitif, quelques mises en garde sur la place publique, une bonne dizaine de transactions, la décision de se séparer de son entraîneur - une première dans son parcours -, un printemps enivrant dans un Centre Gervais rempli à pleine capacité, plus de 150 000 spectateurs qui ont franchi les tourniquets.

Il ne manquait que la grosse coupe, celle qui échappe à l'organisation depuis 47 ans, pour couronner le tout. Les Cataractes ont bien lutté face aux Huskies, mais ils ont été battus par une équipe supérieure dans son assemblage et ses intentions.

Cette défaite en grande finale, le directeur-gérant des Cataractes n'aura pas trop le temps de la cuver. Dans trois semaines à peine, toutes les équipes du circuit Courteau convergeront vers Charlottetown, où se tiendra le repêchage des joueurs midgets.

C'est le dossier du dépisteur en chef Mario Carrière de préparer cette étape cruciale pour l'avenir à moyen et à long terme de l'équipe, mais le travail doit se faire en étroite collaboration avec Mondou.

D'ici là, l'homme d'affaires du secteur Grand-Mère doit statuer sur le sort réservé à Claude Bouchard. Appelé comme lanceur de relève à Martin Bernard un mois avant la fin de la saison régulière, le coloré personnage a livré la marchandise.

Il a pris une équipe qui manquait cruellement de constance et l'a guidée jusqu'à la finale, battant au passage de bonnes formations comme les Islanders de Charlottetown et les Sea Dogs de Saint-John.

Plus que la longueur de la route de son équipe, c'est la réponse des joueurs à son style très énergique qui plaide sa cause.

En oubliant le dernier match de l'année, alors que les Cataractes ont été démolis par l'une des plus belles performances collectives dont j'ai été témoin depuis que je couvre le hockey junior, la bande à Beauvillier a réagi positivement chaque fois que Bouchard a senti le besoin d'élever le ton. Son expérience est hautement respectée dans le vestiaire.

En finale, le vieux routier a plusieurs fois répété avoir affaire à une équipe brillamment montée depuis trois ans par Gilles Bouchard. Sous son accent amusant, Claude Bouchard a appris à mesurer ses propos. Ces compliments, c'était un message de ce qu'un entraîneur chevronné peut accomplir avec du temps à sa disposition.

Claude Bouchard mérite qu'on lui accorde ce privilège, afin de terminer ce qu'il a commencé. Depuis mai 2012, les Cataractes ont été menés par quatre entraîneurs différents.

Un peu de stabilité ne ferait pas de tort à ce noyau qui sera à maturité l'an prochain. Et puis, qui de mieux pour le diriger, que celui qui l'a fait progresser au cours des trois derniers mois? Bouchard connaît maintenant les forces et les faiblesses de ce groupe.

S'il revient, certains choses comme le conditionnement physique et la discipline seront non négociables dès le camp d'entraînement.

La seule interrogation de Mondou, j'imagine, c'est si son style abrasif peut traverser une saison complète. Là-dessus, j'aurais tendance à faire confiance à Bouchard. Il a l'expérience pour savoir s'ajuster.

Libre comme l'air, Bouchard peut de son côté évaluer d'autres options au cours des prochains jours. Les Olympiques de Gatineau se cherchent de nouveaux hommes de hockey. Il a travaillé à Gatineau il y a quelques années, ce ne serait pas surprenant qu'Alain Sear lui lâche un coup de fil.

C'est vrai aussi pour Mondou. Quand il a pris la décision de congédier Bernard, son premier choix était de ramener Éric Veilleux. Dirigeant à Norfolk dans la East Coast League, les Oilers n'ont pas voulu accorder la permission aux Cataractes de négocier avec le petit général en cours de saison.

Si Veilleux était encore à nouveau dans sa ligne de tir, il s'est fait prendre de vitesse par les Tigres durant la saison morte puisqu'ils annonceront lundi sa nomination comme entraîneur-chef et directeur-gérant.

Il reste quand même quelques entraîneurs de qualité sur le marché. Mario Duhamel, par exemple. Bouchard demeure toutefois jusqu'à preuve du contraire le candidat idéal.

Il a accompli la mission qui lui a été confiée, il mérite d'être traité avec respect et de savoir rapidement à quoi s'en tenir. Surtout que s'il s'établit en Mauricie, il aura à composer un nouveau personnel de soutien autour de lui.

Mario Richer a déjà accepté de retourner en France. Les contrats de Steve Larouche et Joël Duguay sont expirés. Reviendront-ils après une année aussi mouvementée?

Les Cataractes ont été bâtis depuis juin 2012 pour se montrer sous leur meilleur jour en 2016-17. Les quatre rondes de séries ce printemps prouvent bien que le plan tient la route.

À partir de là, le choix du pilote pour compléter le cycle n'est pas une décision banale. Elle appartient à Mondou. Et si ce dernier est reconnaissant du travail effectué par Bouchard, la décision la plus logique est de le ramener. Sans délai.

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