Au Giro en pensant à Rio

Fort de son expérience sur la scène internationale... (AG2R La Mondiale/Yves Perret)

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Fort de son expérience sur la scène internationale et de son titre de champion canadien du contre-la-montre, Hugo Houle se retrouve parmi les favoris pour se tailler une place sur l'équipe canadienne, en vue des Jeux olympiques de Rio.

AG2R La Mondiale/Yves Perret

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(Trois-Rivières) Hugo Houle a fait le plein d'énergie avec ses proches au cours des derniers jours. Misant sur deux précieuses semaines de repos, ce bref passage au Québec lui aura permis de décrocher avant son retour à l'action, dimanche, au Grand Prix de Francfort, épreuve du circuit continental européen.

Pour Houle, Francfort se voudra une sorte de générale avant le Tour d'Italie, la deuxième compétition la plus prestigieuse du monde du cyclisme après le Tour de France et qui s'amorcera le 6 mai... aux Pays-Bas!

Preuve que le jeune Québécois de 25 ans est apprécié par son équipe française AG2R La Mondiale, c'est le Français Jean-Christophe Péraud qui l'a incité à s'enrôler pour le fameux Giro. Il s'agira de sa deuxième expérience en autant d'années dans ce Grand Tour.

«Jean-Christophe m'a dit qu'il voulait un bon coureur pour le protéger. Je vois ça comme un beau vote de confiance», observe le cycliste originaire de Sainte-Perpétue, en parlant de son coéquipier de 38 ans, deuxième au Tour de France 2014.

Si l'an dernier ce Giro constituait son plus important défi en carrière jusque là, la reprise de 2016 sera tout aussi significative, mais avec l'enjeu olympique en prime. Le 15 juin, Houle et ses compatriotes de Cyclisme Canada sauront lesquels d'entre eux auront le privilège de représenter leur pays aux Jeux de Rio, plus tard en août.

Houle figure sans surprise parmi les favoris, appuyé par son titre de champion canadien du contre-la-montre. À ses côtés, son ami Antoine Duchesne, la vedette Ryder Hesjedal, le vétéran Svein Tuft et le surprenant Michael Woods forment les autres candidats. Le Canada déléguera un représentant au contre-la-montre et trois autres pour les épreuves de route.

«Je suis sur la bonne voie, mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir. Et ça commence par le Giro.»

Car les décideurs de Cyclisme Canada surveilleront de très près les résultats de leurs poulains en Italie. Quatre des cinq prétendants se trouveront d'ailleurs en Europe pour l'occasion.

Sur le plan personnel, le «bûcheron canadien», comme on l'appelle en Europe, assure bien se sentir. Au cours des dernières classiques belges et des autres courses auxquelles il a pris part, il croit avoir gagné en maturité physique.

«En ce moment, j'ai une meilleure endurance et je pense que ça aura un impact sur mes périodes de récupération. On va en avoir le coeur net pendant le Giro. L'an dernier, j'avais fait le Tour du Trentin avant le Giro. Cette fois-ci, j'arrive dans de meilleures dispositions.»

Houle ne se fixera pas de grands objectifs en Italie. Il la jouera davantage sur le plan collectif avec les favoris de l'AG2R La Mondiale que sont Péraud et Domenico Pozzovio.

«Comme j'ai dit l'an dernier, si une chance se présente de partir en échappée, je vais la saisir. C'est le rêve de tous les cyclistes! Cette année, le gagnant de Paris-Roubaix (l'Australien Mathew Hayman) a remporté la classique, même s'il n'avait jamais réussi à terminer dans le top 10 auparavant. Tout peut arriver.»

Après le Tour d'Italie, qui s'échelonnera du 6 au 29 mai sur 3383 km pour 21 étapes, Houle aura notamment rendez-vous avec les meilleurs cyclistes au pays dans le cadre du championnat canadien. Viendront ensuite Le Tour de Pologne, la Classica San Sebastien, puis les Jeux de Rio, si tout se déroule comme prévu.

Dopage et utilisation des moteurs: l'UCI fait-elle des progrès?

Les murmures se faisaient entendre depuis un certain temps déjà, mais la suspension de six ans d'une cycliste belge, reconnue coupable d'avoir utilisé un moteur électrique pendant une compétition de cyclocross en octobre, a fait ressortir au grand jour le nouveau malaise généralisé dans l'univers du cyclisme international.

«Rouler avec un moteur, ça revient au même que se doper. On parle d'athlètes qui volent les résultats de gens honnêtes», déplore Hugo Houle, qui salue néanmoins la décision de l'Union cycliste internationale (UCI).

«Si on en parle, c'est que certains le font. Il y en a encore plus depuis quelques années. La suspension de Femke Van den Driessche, j'espère que ça va en faire réfléchir certains. J'ose croire que ceux qui ont profité de ce système sentent que la fin approche!»

Il ne faut pas fouiller bien loin pour se remémorer certaines scènes mystérieuses. En 2015, lors du Giro, l'éventuel vainqueur Alberto Contador, figure mondiale de son sport, a été vu changeant de vélo à plusieurs reprises, éveillant du coup les soupçons par rapport à une quelconque assistance électrique.

Dans la même année au Tour de France, la montée du Ventoux de Christopher Froome avait aussi intrigué. Les cas sont nombreux depuis 2010 et certains ont été exposés dans une vidéo réalisée grâce à l'enquête d'un journaliste français de l'émission Stade 2.

Le reportage d'une vingtaine de minutes s'est retrouvé sur YouTube, où près d'un million de personnes l'ont visionné en dix jours. «Dans le reportage, on voit clairement qu'il y a des moteurs à l'intérieur des vélos grâce aux sources de chaleur. Disons que ça aide d'avoir un petit 200 watts dans la roue arrière! De mon côté, je préfère avoir la conscience tranquille et rouler dans le peloton que de me faire prendre pour tricherie.»

Chose certaine, l'UCI est au courant de la situation. Le cas de Van den Driessche est le premier cas de moteur découvert, mais d'autres pourraient suivre. Reste maintenant à savoir si l'organisme voudra protéger quelques unes de ses grandes vedettes ou passer à l'action et émettre des sanctions s'il le faut.

«En tout cas, pour le dopage, ils font bien leur travail. J'ai passé deux tests pendant que j'étais au Québec, dont un chez ma copine à 10 h le soir! Je ne vois pas pourquoi ils auraient intérêt à protéger les fautifs. Si les moteurs continuent à exister, j'espère qu'il y aura des conséquences.»

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