Une commande à la hauteur pour Kean

Simon Kean et François Pratte seront les prochaines... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Simon Kean et François Pratte seront les prochaines têtes d'affiche du gala d'Eye of the Tiger Management à Trois-Rivières. En plus des deux boxeurs, on reconnaît Mike Moffa, Leo Monfette, Jimmy Boisvert et Camille Estephan.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Simon Kean (4-0, 4 K.O.) n'a peut-être que quatre combats derrière la cravate, mais il aura droit à un test de haute qualité lors de sa prochaine sortie, le 27 mai à la Bâtisse industrielle.

Daniel Cota (17-6-1, 10 K.O.), qui a affronté deux champions du monde à ses trois derniers combats, tentera de stopper l'élan du Trifluvien.

Après avoir eu droit à des combats un peu trop faciles à son goût lors de ses quatre premières sorties, l'olympien était bien heureux de se retrouver devant un défi digne de ce nom.

«Quand on m'a dit pour Cota, j'ai été voir qui c'était. C'est un adversaire coriace et assez agressif. Mélangé à la foule hostile de Trois-Rivières, ce sera un bon spectacle», estime le pugiliste format géant qui a tout de même retranché 15 livres à sa charpente.

Cota, 30 ans, n'a disputé que trois combats dans les quatre dernières années, mais les adversaires étaient de qualité. En 2011, il a fait trois rounds contre le champion des lourds du WBC Deontay Wilder, puis en novembre dernier, il a tenu pendant 10 rondes face à Guillermo Jones, champion mondial WBA des lourds-légers. Entre les deux, il s'est aussi mesuré au Montréalais Oscar Rivas, contre qui il a subi la défaite par K.-O. technique au cinquième assaut.

Kean est resté échaudé de son premier combat professionnel en carrière, qui a eu lieu le 4 novembre dernier à la Bâtisse industrielle. Son adversaire, Balazs Bodo, avait visiblement sous-estimé la taille du défi qui se présentait devant lui et s'était jeté au sol à trois reprises pour éviter d'être frappé, quitte à subir la défaite.

«Nous avions eu un bon spectacle, une bonne foule avec une très bonne sous-carte. Mais mon combat, le principal, ça n'avait pas été celui tant attendu.»

Le grand manitou de l'écurie de Kean, Eye of the Tiger Management (EOTTM), Camille Estephan, admet que ce défi arrive très tôt dans la carrière du boxeur de 27 ans, mais estime que son poulain a atteint ce niveau, après seulement six mois chez les professionnels.

«En faisant ce choix, je ne suis pas inquiet. J'ai confiance en Simon, mais c'est un gros test. Oscar Rivas l'a affronté (cinq ans) après le début de sa carrière, alors que Simon, c'est seulement quelques mois. On pense qu'il est prêt et on espère qu'on ne se trompe pas.»

L'entraîneur de Kean, Mike Moffa, abonde dans le même sens.

«Rivas a affronté (Cota) à son 11e combat, lui, il l'affronte à son cinquième. S'il le met k.o. au deuxième round, ce n'est pas parce que c'est un jambon, c'est parce que Simon frappe. Ce sera un test pour Simon. Je doute que ça va se finir au premier ou deuxième round. Je veux qu'il donne des rounds à Simon même si ça se finit par décision. Ça permettra de voir où est rendu Simon.»

Le combat en sera un de huit rondes, Kean ayant obtenu une dérogation de la part de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec pour affronter un adversaire de ce niveau.

Pratte veut éviter la coupure

En plus de Kean, les amateurs trifluviens retrouveront François Pratte lors de ce gala pour son troisième duel chez les pros. Les deux premiers se sont soldés par une victoire, mais aussi une vilaine coupure au visage, ce qui l'a privé de disputer davantage de combats, et peut-être de signer un contrat avec EOTTM. 

«Les petites catégories de poids, c'est souvent de même. Il faut se battre. Ç'a toujours été comme ça dans ma vie et j'arrive à mes fins. Pour décrocher un contrat, je dois continuer de gagner et que les gens soient là pour moi.»

Le boxeur qui évolue chez les super-coqs promet de changer son style et d'arrêter de chercher la frappe dévastatrice.

«J'ai gagné mes deux premiers combats, mais je n'étais pas dans mon style. Je me disais que je devais viser le K.-O. parce que je suis chez les pros. Ce n'est pas mon style. On travaille beaucoup là-dessus présentement», souligne celui qui ne connaît pas encore l'identité de son adversaire.

En plus de ces deux combattants, il faudra garder un oeil sur Batyr Jukembayev, qui affrontera Noel Mejia Rincon. Le nouveau protégé de Stéphane Larouche est très prometteur selon les dires de plusieurs.

Par ailleurs, Michaël Gadbois, qui devait se battre lors de l'événement, a dû se retirer, puisqu'il n'est pas entièrement remis d'une blessure.

Un témoignage de reconnaissance envers Boisvert

Le départ de Simon Kean pour Montréal après son premier combat professionnel, et sa séparation avec son entraîneur Jimmy Boisvert, ont fait jaser dans les derniers mois. Jeudi, les membres de Eye of the Tiger Management ont d'ailleurs rapidement abordé la situation en conférence de presse.

Kean a d'ailleurs tenu de bons mots pour son ancien entraîneur, qui était assis à la même table. Au final, l'encadrement montréalais, et les partenaires d'entraînement plus nombreux, ont influencé sa décision.

«Quand j'ai signé (avec EOTTM), je n'avais pas l'intention de partir et changer d'entraîneur. Nous sommes en bons termes, ce n'est pas une question de compétence, mais les services sont plus accessibles à Montréal. Jimmy m'a soutenu durant ma carrière amateure, qui est une partie un peu moins excitante. Et il a été là pour moi dans les hauts et bas, et pas juste dans la boxe. Un bon entraîneur t'aide dans ta vie au quotidien. J'ai passé à travers plusieurs moments difficiles. Sans Jimmy, je ne pense pas que je ferais encore de la boxe.»

Mike Moffa, qui travaille maintenant avec Kean dans la métropole, avouait avoir trouvé la situation délicate lorsqu'il a pris le Trifluvien sous son aile.

«Je ne changerais jamais un boxeur pour un ami. Mais j'ai eu la bénédiction de Jimmy d'entraîner Simon et c'est un honneur. C'est un gros défi pour moi, un olympien, un poids lourds. Ça me fait plaisir d'entraîner un boxeur de cette trempe.»

Quelques mois après cette séparation, Boisvert affirme avoir tourné la page et qu'il peut maintenant se concentrer sur ses autres poulains.

«C'était plus lourd quand (Simon) était dans le gym que lorsqu'il ne l'était pas. J'ai plus le sourire depuis qu'il n'est pas dans le gym que lorsqu'il l'était. On s'était chicané parce que je voulais qu'il perde du poids et il ne voulait pas. Aujourd'hui (jeudi), il a annoncé qu'il a perdu du poids. Il faut croire que j'avais raison!»

Il faut dire que Boisvert se retrouve pris entre deux chaises, puisqu'il est aussi promoteur du gala, et pourrait être appelé à faire de nouveau affaire avec EOTTM dans le futur, l'organisation espérant même tenir un gala au Colisée à moyen terme. Une nouvelle entente devra être négociée, mais Camille Estephan a encensé le travail de son partenaire trifluvien, jeudi.

En plus des cinq affrontements professionnels, six autres combats amateurs seront au menu lors de cette soirée. Les protégés de Boisvert Petar Gavrilovic, Fabrice Cormier, Charles Fenkam, et probablement Ezekiel Beauchesne en feront les frais.

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