La LHPS a changé la donne

Kevin Desrochers... (Stéphane Lessard)

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Kevin Desrochers

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) L'arrivée de la Ligue de hockey préparatoire scolaire dans le paysage québécois a chamboulé le monde du hockey.

Une vraie guerre a été déclarée entre les équipes civiles de Hockey Québec et les écoles qui abritent des équipes de la LHPS. La Mauricie n'a pas été épargnée, loin de là.

Contrairement aux autres marchés québécois de 200 000 personnes et moins, Trois-Rivières est la seule ville avec deux formations de la LHPS.

En comparaison, on en retrouve une seule à Sherbrooke, même chose à Drummondville, Victoriaville. À vrai dire, Trois-Rivières compte autant d'équipes que le territoire de Montréal. Difficile de ne pas se cannibaliser dans cette situation et d'affaiblir la plus grosse structure.

Pour Pierre Bergeron, qui dirige le Canimex de Drummondville dans le midget espoir, cette situation peut expliquer les difficultés des équipes élites civiles de la région.

«Je suis convaincu que c'est ce qui fait mal à Hockey Mauricie. Si je fais une comparaison avec nous, au début, le Collège Drummondville avait Dominic Ricard, ce qui a amené bien du monde. C'était pareil avec Carl Malette à Victoriaville.

Mais les deux sont partis, et on s'attend à ce que ça diminue, même s'ils ont de bons entraîneurs. Mais à Trois-Rivières, Danny Dupont, c'est un gros nom, même chose pour Denis Francoeur. Ils tirent sur la couverte.»

En plus, les trois programmes ont une offre relativement similaire, c'est-à-dire du hockey durant les heures d'école, contrairement à d'autres régions où les hockeyeurs restent dans leurs écoles respectives et pratiquent le soir.

Depuis l'arrivée de la LHPS, en 2011, les intervenants de Hockey Québec et de Hockey Mauricie répètent qu'il s'agit d'un calibre inférieur et que peu de joueurs pourraient évoluer dans l'élite, alors que les membres de la LHPS répètent le contraire. Difficile de se faire une tête et il serait bien étonnant qu'un affrontement ait un jour lieu sur la glace.

L'unique point de comparaison est le fait que les formations M13 des Panthères du Collège Marie-de-l'Incarnation se sont frottées à quelques équipes internationales ayant participé au Tournoi pee-wee de Québec dans les deux dernières années et n'ont pas mal paru. Ces équipes évoluent dans la même catégorie que les Estacades pee-wee AAA.

La LHPS a le vent dans les voiles, elle qui a procédé à une nouvelle expansion il y a quelques semaines, accueillant officiellement les quatre équipes des Panthères du CMI en ses murs, même si deux d'entre elles (M13 et M15) avaient disputé la saison 2014-2015. Les M13 avaient d'ailleurs dominé le classement, avec 26 victoires en 28 matchs.

Du côté du Séminaire Saint-Joseph, deux nouvelles équipes seront ajoutées l'année prochaine, portant le nombre à six, en plus de faire une première percée dans les écoles primaires de la région en fournissant un encadrement pour une équipe M11.

«Nous sommes passés de 34 à 108 joueurs en deux ans. On est confiant du travail qu'on fait et du produit qu'on offre. On développe les jeunes avec une structure académique. Ce n'est plus ce que c'était. En plus, avec notre pensionnat, nous pouvons attirer des joueurs de l'extérieur. Parmi nos 43 pensionnaires, 22 sont des gars de hockey», souligne Kevin Desrochers, responsable du programme en compagnie de l'ancien entraîneur adjoint des Cataractes, Danny Dupont.

Les deux circuits peuvent-ils cohabiter sans en affaiblir un? Jean-Philippe Glaude, ancien des Patriotes et recruteur des Predators de Nashville, croit que c'est possible.

«Il se fait du bon dans tout ce qui se fait comme hockey en Mauricie. L'enseignement est très positif», maintient-il.

«Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose car ça offre la chance à plus de jeunes de jouer du hockey d'élite. En bout de ligne, le parent est consommateur. Le choix lui revient. Il reste à savoir maintenant quelles sont les raisons qui poussent le parent à choisir un endroit plutôt qu'un autre.»

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