Manny Pacquiao réussit ses adieux

Manny Pacquiao assène une gauche à Timothy Bradley.... (PHOTO MARK J. REBILAS, USA TODAY)

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Manny Pacquiao assène une gauche à Timothy Bradley.

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Rob WOOLLARD, Mynardo MACARAIG
Agence France-Presse
Las Vegas et Manille

Le Philippin Manny Pacquiao a réussi ses adieux à la boxe en remportant avec panache son ultime combat, samedi face à l'Américain Tim Bradley, et peut désormais consacrer toutes ses forces à ses ambitions politiques.

Après le décevant «combat du siècle» perdu face à son grand rival américain Floyd Mayweather en mai 2015, Pacquiao est descendu du ring pour la dernière fois de sa carrière à 37 ans, en vainqueur éclatant d'un combat sans enjeu à Las Vegas.

«Je me sentais bien, à chaque round, c'était excitant. Je me suis senti comme quand j'ai commencé à boxer ici, aux États-Unis en 2001», a commenté Pacquiao, qui n'était plus apparu sur un ring depuis sa défaite aux points contre Mayweather en mai 2015.

Même s'il n'a pas offert à ses fans le KO qu'il leur avait promis, il a quand même envoyé deux fois Bradley au tapis et a emporté une large victoire à l'unanimité des juges (116-110, 116-110, 116-110).

Le Philippin a signé samedi sa 58e victoire, dont 38 avant la limite, pour six défaites et deux nuls. Dans son enfance, il a vécu dans la rue avant de se lancer dans la boxe professionnelle en janvier 1995 pour une bourse de 1000 pesos (28 dollars) et d'amasser par la suite une fortune estimée à 500 millions de dollars, dont 20 millions pour son combat d'adieux.

Pac Man en politique

«Je voudrais qu'il combatte encore», a affirmé son entraîneur depuis 15 ans Freddie Roach. «Je sais qu'il est physiquement en forme pour continuer à combattre, sa vitesse est bonne, ses jambes sont bonnes, son éthique de travail est excellente».

Mais «Pac Man» veut désormais se consacrer à temps plein à sa carrière politique.

«Si vous m'interrogez sur ma forme, sur mon corps, mon corps va bien, je peux toujours me donner à 100 %, m'entraîner», a-t-il assuré. Avant de confirmer que sa décision était bien «de prendre [sa] retraite» sportive.

«Je pense toujours que c'était mon dernier combat, j'en ai fait la promesse à ma famille, peut-être que j'apprécierai ma vie de retraité de la boxe, ma nouvelle vie destinée à aider et servir mon peuple», a assuré le seul boxeur a avoir été champion du monde dans huit catégories de poids différentes.

À des milliers de kilomètres du Nevada, au moment où leur héros national tirait sa révérence, des millions de Philippins oscillaient entre fierté et tristesse.

« Son combat était bien mais il devrait continuer de boxer tant qu'il se sent fort », implore Ariel Toledo, 34 ans, après avoir regardé l'affrontement retransmis sur un écran géant d'une place de Manille écrasée par le soleil.

Mayweather sinon rien

Pacquiao, qui met fréquemment en avant ses convictions chrétiennes, est un exemple national aux Philippines. Né en 1978 dans une famille pauvre de six enfants, il quitte le foyer familial à 14 ans, devient vendeur de beignes dans les rues de Manille avant de décrocher une bourse gouvernementale en intégrant l'équipe nationale de boxe amateur.

« Nous l'applaudissons et le remercions d'avoir à nouveau prouvé que les Philippins ont le courage et le talent pour relever les défis dans l'arène mondiale », a déclaré le porte-parole du président philippin Benigno Aquino, Herminio Coloma.

Le boxeur et le président ne sont pourtant pas du même bord puisque Pacquiao, déjà député, brigue un fauteuil de sénateur sous l'étiquette de la formation d'opposition UNA.

Ses contempteurs l'accusent de ne pas avoir fait grand chose pour aider les Philippins, mais reconnaissent que son aura sportive et la couverture médiatique intensive dont il bénéficie en pleine campagne électorale le rendent quasi imbattable aux sénatoriales.

« Son bilan de boxeur est plus important pour les Philippins que son bilan en circonscription », observe le politologue Ronald Holmes.

Et la controverse suscitée en février par ses propos homophobes, qui lui ont valu de perdre son commanditaire Nike, devrait être sans impact sur sa trajectoire politique.

« Il est déjà riche, il n'a pas besoin d'être corrompu », fait valoir à l'AFP Gigi Gallardo, une employée municipale de 43 ans, qui soutiendra le boxeur en politique comme elle l'a fait sur les rings.

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