Bergeron se sent encore d'attaque

Marc-André Bergeron évolue pour les Lions de Zurich... (Lions de Zurich)

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Marc-André Bergeron évolue pour les Lions de Zurich depuis trois ans, mais il ignore si le nouvel entraîneur fera appel à ses services pour la saison 2016-17.

Lions de Zurich

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(Trois-Rivières) Une saison du tonnerre qui a malheureusement pris fin en queue de poisson. C'est la loi du sport, mais ça n'empêchera pas Marc-André Bergeron de poursuivre sa carrière en Europe.

À 35 ans, le hockeyeur de Trois-Rivières estime qu'il peut encore rendre de fiers services à une équipe de la Ligue nationale A en Suisse. Dans un monde idéal, il voudrait jouer deux ou trois autres années avant d'accrocher ses patins.

Entouré d'un bon groupe de vétérans et de jeunes vedettes à sa troisième campagne chez les Lions de Zurich, Bergeron a poursuivi sur sa cadence de ses débuts sur le Vieux continent, si bien qu'il a complété le calendrier régulier avec 25 points en 43 matchs. Un différentiel de +20 confirme son statut de défenseur numéro un, employé à toutes les sauces.

Si on ajoute à ces statistiques qu'il a le privilège d'évoluer dans l'une des villes les plus prospères de la planète, que ses enfants maîtrisent trois langues et qu'il a su se tenir loin de l'infirmerie, on peut dire qu'il file le parfait bonheur! Seule ombre au tableau, cette élimination hâtive et quelque peu gênante, subie dès le premier tour éliminatoire contre le CP Berne.

Gênante, car les Lions ont été balayés en quatre petites rencontres. Ils occupaient pourtant la tête du classement au terme de la saison, mais leurs vis-à-vis formaient le club de l'heure. L'affrontement était donc plus serré en réalité que sur papier.

«On n'était pas à la même place mentalement», admet Bergeron, de retour en Mauricie depuis une semaine. «Je me tiens loin de ce qui est écrit dans les médias, mais je sais que ç'a été très difficile. Zurich est une ville allemande alors ça m'aide à déconnecter. Aujourd'hui, j'ai digéré la défaite, mais j'avoue que ce n'est pas agréable, surtout qu'on avait participé aux deux dernières finales.»

Ils avaient d'ailleurs été sacrés champions en 2014, lors de la première campagne du Québécois en Suisse. Veiller tard en séries, il y avait pris goût. Or, son entraîneur Marc Crawford, qu'il apprécie beaucoup, a perdu son poste à la suite de ce revers crève-coeur. Une autre annonce difficile à accepter.

«Le plus frustrant, c'est qu'on aurait pu gagner des matchs dans cette série. La première partie, on l'a échappée en fusillade tandis que dans la deuxième, l'arbitre nous a volé en refusant un but qui était bon. La ligue a présenté des excuses le lendemain! Pour un circuit de ce niveau, ça manquait de sérieux.»

Crawford mérite sa chance

Lors de leurs échanges pendant la saison, l'entraîneur Crawford insistait pour que son défenseur lui parle en français. «Je veux me pratiquer», qu'il lui répondait en souriant. «On ne sait jamais quand ça pourrait m'être utile...»

Justement, Crawford avait été l'un des finalistes pour le poste d'entraîneur-chef à Montréal, avant que Marc Bergevin ne jette son dévolu sur Michel Therrien en 2012. En entrevue au Nouvelliste l'été dernier, alors qu'il assistait à un match des Aigles à Trois-Rivières, Crawford avait parlé d'un processus difficile et compliqué, ajoutant qu'il avait pris part à quatre entrevues!

Le gagnant de la coupe Stanley avec l'Avalanche en 1995 avait alors manifesté son intérêt de diriger un futur club à Québec. Ces jours-ci, certaines rumeurs l'envoient à Montréal en remplacement de Therrien. Chose certaine, Bergeron estime que son ex-patron mérite une autre chance.

«Des entraîneurs récemment engagés font partie de la vieille garde alors je me dis, pourquoi pas lui? Marc a de l'expérience, il s'adapte en fonction de la clientèle qu'il a. C'est aussi un gars qui n'a aucune rancune. J'espère que quelqu'un va lui lâcher un coup de fil.»

À Zurich ou ailleurs?

Quand vient le temps de parler de son avenir, Marc-André Bergeron avoue nager dans l'inconnu. Toujours sans contrat en vue de la saison 2016-17 des Lions, la décision de le garder ou non dans la métropole suisse reviendra au successeur de Crawford, dont l'identité reste à dévoiler.

«Je suis un peu inquiet. Pas à cause de mes performances individuelles, mais des décisions qui se prendront au-dessus de moi. Je m'attends à des changements majeurs car Marc souhaitait s'entourer de Nord-Américains. Ça ne veut pas dire que le prochain pensera comme lui.»

Chose certaine, la Ligue nationale A compte plusieurs villes très accueillantes et agréables pour les familles. «On vit en Suisse huit ou neuf mois par année, c'est donc primordial qu'on se sente bien. Sauf que pour l'instant, nous sommes toujours à Zurich. Et j'aimerais bien y demeurer.»

Auston Matthews est devenu le premier hockeyeur nord-américain... (EQ-Images) - image 4.0

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Auston Matthews est devenu le premier hockeyeur nord-américain à jouer en Europe pendant sa première année d'éligibilité au repêchage de la LNH. Matthews était le coéquipier de Marc-André Bergeron à Zurich. 

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Quand une future étoile partage le vestiaire

Ils prenaient un malin plaisir à s'affronter pendant les entraînements matinaux. C'est d'ailleurs au cours de ces séances que Marc-André Bergeron a compris que le jeune surdoué Auston Matthews appartenait à une classe bien spéciale de joueurs de hockey.

Du haut de ses 17 ans, Matthews est arrivé à Zurich au début de la saison dans le but de fignoler sa préparation en vue du prochain repêchage de la LNH. Tous s'entendent pour dire qu'il sera le premier patineur sélectionné. Le talent lui sort par les oreilles et, selon Bergeron, c'est un jeune très mature pour son âge.

«Un vrai bon gars, décrit le Trifluvien. Il met toutes les chances de son côté. Au même âge, il me fait penser à Vincent Lecavalier en terme de maturité.»

Quant à ses aptitudes, elles ne font aucun doute. «La rondelle colle après lui. Ça fait trois fois que tu lui enlèves et tu t'aperçois qu'il l'a encore sur sa palette! C'est un joueur complet et avec un bon gabarit, un excellent passeur et un redoutable patineur. Pour son physique par contre, c'est difficile de juger car on joue en Suisse.»

Ce n'est donc pas une coïncidence si les États-Unis lui réservent une place pour les Championnats mondiaux de hockey. Avec 46 points en 36 sorties, il a conclu l'année au deuxième rang des pointeurs chez les Lions, derrière Robert Nilsson. Il a aussi dominé le tableau de son équipe avec trois points dans la première et seule ronde des séries pour eux.

«C'était notre premier centre, même s'il n'affrontait pas les meilleurs trios adverses. Marc (Crawford) l'utilisait un peu en désavantage numérique également. Il a vu beaucoup d'action, ça va lui servir. Dans le junior, il aurait été beaucoup trop fort pour la ligue!»

Bergeron et Matthews ont développé une belle amitié. «On sait qu'il va devenir une superstar alors l'important, c'était de bien l'accueillir. En plus, de côtoyer un gars de 18 ans, ça me permet de rajeunir!»

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