Le RSEQ entrouvre la porte au basketball féminin à l'UQTR

Les succès des équipes de basketball de la... (François Gervais)

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Les succès des équipes de basketball de la région, dont la formation féminine de division 1 des Diablos dirigée par Faisal Docter, relancent l'idée de faire renaître le programme de basketball à l'UQTR.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Les succès encourus par les Diablos en basketball féminin cet hiver en font rêver plusieurs, qui espèrent maintenant voir une formation de calibre universitaire renaître de ses cendres à l'UQTR.

Conscient de cette fièvre bien sentie en Mauricie, le Réseau du sport étudiant du Québec se dit ouvert à accompagner l'université trifluvienne afin de l'encadrer pour une potentielle candidature.

Le hic, c'est que les Patriotes ne sont pas prêts à plonger dans l'aventure, à court ou moyen terme, et ce, en dépit de l'élan favorable dont semble jouir la discipline dans la région, particulièrement chez les filles... et de l'apparente simplicité du processus dans les circonstances, en excluant les questions financières.

«On ne peut pas refuser une équipe et il n'y a pas de réglementations précises, que ce soit pour les installations ou les méthodes de financement», confirme le directeur des programmes universitaires au RSEQ Benoît Doloreux.

«Il y a des conditions à respecter, dont l'engagement complet des parties concernées, et le RSEQ forme un comité d'accompagnement pour soutenir l'université. Normalement, les campus font preuve d'autocensure, dans le sens que s'ils jugent que les chances de succès sont minimes, ils vont passer leur tour. Quand les universités démarrent un programme, c'est pour réussir à tous les niveaux.»

Un projet datant de deux ans

C'est dans cet état d'esprit que Faisal Docter (Cégep de Trois-Rivières) et Victor-Olivier Hamel-Morasse (Séminaire Saint-Joseph) ont rencontré les instances du Service de l'activité physique et sportive (SAPS) de l'UQTR, il y a deux ans. Les deux entraîneurs avaient à l'époque présenté un projet vantant les mérites de la Mauricie comme terreau fertile en basketball féminin.

«On avait même créé un plan pour les aider à aménager les estrades dans le gymnase du CAPS», souligne Docter, déçu de noter que le dossier a peu cheminé depuis. «Avant le premier match de séries des Diablos il y a deux semaines, j'ai de nouveau rencontré le coordonnateur du sport d'excellence [Pierre Clermont]. Il a assisté à notre match et je sais qu'il a apprécié, il y avait 300 personnes! Mais le nerf de la guerre, ça demeure l'argent.»

Clermont aurait mentionné à l'entraîneur des Diablos que si un nouveau programme devait naître, celui du basketball féminin arriverait en tête de liste. À savoir quand l'UQTR enclenchera le processus, c'est une autre paire de manches.

«Avant de penser à une expansion, notre mandat consiste à consolider nos neuf équipes actuelles, maintenir nos standards et bonifier les acquis», précise l'agent d'information des Patriotes Yaël Blanchet Godbout, rappelant que la nouvelle directrice du SAPS, Isabelle La Vergne, n'occupe son poste que depuis quelques semaines.

«Il n'y a pas l'embryon d'un projet concernant le basketball féminin», conclut Blanchet Godbout.

Bref, de quoi refroidir bien des intervenants dans le milieu. «On présume que ça génère des discussions, surtout en constatant les succès des Diablos au collégial. Mais en ce qui a trait aux dirigeants, nous n'avons reçu aucune demande de l'UQTR», affirme Benoît Doloreux.

«On mise pourtant sur plusieurs arguments positifs, regrette Hamel-Morasse. La région est bien située géographiquement, les programmes offerts à l'UQTR sont intéressants pour les filles et, plus important encore, on produit tellement de bonnes joueuses!»

Preuves à l'appui: depuis dix ans, une vingtaine de basketteuses d'ici ont porté les couleurs d'une équipe universitaire et au moins cinq autres se rapporteront à une formation dans un proche avenir.

«Quand tu sais qu'un stage universitaire dure entre trois et cinq ans pour un étudiant-athlète et qu'une équipe de basket a besoin de 12 joueuses, je pense qu'on se retrouve dans une situation plus que réaliste avec un heureux mélange de joueuses de la région et de l'extérieur», observe Hamel-Morasse.

Le budget établi à 150 000 $?

Benoît Doloreux ignore le montant d'argent annuel versé par les universités pour le fonctionnement de leurs équipes de basketball, se limitant à affirmer qu'il n'a pas accès à ces chiffres. Mais selon Docter et Hamel-Morasse, les Patriotes s'en tireraient avec un budget de 150 000 $ par année. On est loin du million de dollars anticipé pour le football.

«Ce n'est pas un gros risque. En plus, dans la région, on a fait la preuve dans les dernières années qu'on peut rivaliser avec les meilleures joueuses de Montréal», soutient l'entraîneur à l'école Du Rocher de Grand-Mère Patrick Richard, un autre observateur qui suit la situation de près et dont les équipes scolaires ont l'habitude de bien représenter la Mauricie aux championnats provinciaux.

Entraîneur aux Estacades, Ibrahima Diop a défendu les honneurs des Patriotes en basketball à une certaine époque. «Je n'ai pas de doute sur la viabilité d'une équipe chez les filles, car la distribution est beaucoup plus large. Il y a de bonnes athlètes à Victoriaville, Sorel et Trois-Rivières qui seraient naturellement attirées par l'UQTR.»

«Ça va prendre une concertation régionale, il faudra transcender les rivalités si on veut que ça marche», avance Victor-Olivier Morasse-Hamel. 

Mais avant tout, ça prendra une volonté des dirigeants de l'UQTR. «Ça ne doit pas être un programme par défaut dans lequel on n'investit pas les ressources pour le valoriser, prévient Diop. Je me souviens que lorsque j'étais étudiant, il y avait le hockey, mais le basket et le soccer récoltaient des miettes.»

Pas contraint d'avoir deux clubs

Si jamais les Patriotes ramènent le programme féminin de basketball, ils ne seraient pas obligés de former une équipe de garçons pour équilibrer les deux circuits du RSEQ, qui misent chacun sur cinq clubs.

Il y a quelques années, on avait demandé aux Citadins de l'UQAM d'aligner deux nouvelles équipes. Cette règle n'existe plus, répond Benoît Doloreux.

«Il n'y a rien d'écrit dans nos règlements par rapport à cela. D'ailleurs, en volleyball, McGill et l'UQAM n'ont pas de clubs masculins et ils sont présents du côté féminin.»

Certaines rumeurs courent aussi à l'effet qu'une deuxième division pourrait voir le jour en basketball masculin.

Le Vert et Or de Sherbrooke serait intéressé à participer à cette ligue, même qu'un club a été créé sur ce campus grâce à l'initiative de certains étudiants. L'équipe se mesure à des formations collégiales. Selon Faisal Docter, aucune action en ce sens n'a encore été entreprise à l'UQTR.

Il est important néanmoins de spécifier que le RSEQ n'a pas encore rendu de décision dans ce dossier.

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