Baseball: les frères Gurriel font défection

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Véritable héros dans son pays, Yulieski Gurriel est considéré comme le meilleur joueur à ne pas évoluer dans les majeures au monde. Son frère Lourdes fils et lui ont fait défection lundi à la suite des Séries des Caraïbes.

Associated Press

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(Québec) «Je vais enlever les Gurriel de ma liste.» Patrick Scalabrini débarquait tout juste de l'avion, lundi après-midi. Le gérant des Capitales de Québec revenait de Santo Domingo, en République dominicaine, où il a assisté aux Séries des Caraïbes.

C'est au terme de ce tournoi conclu dimanche que Lourdes fils et Yuliesky Gurriel ont fait défection. Ce sont les frères de Yuniesky Gurriel, voltigeur avec les Capitales au cours des deux dernières saisons.

Selon les infos diffusées lundi, ils auraient quitté leur hôtel dominicain sans laisser d'adresse, lundi matin. Tout indique qu'ils chercheront maintenant à parapher une entente lucrative avec une équipe du baseball majeur.

Yuliesky, 31 ans, est considéré comme «le meilleur joueur au monde à ne pas être sous contrat» avec le baseball majeur, fait valoir Michel Laplante, le président des Capitales. Il a joué au Japon en 2014 avec la permission de Cuba. Lourdes fils, 22 ans, était vu comme le meilleur espoir sur l'île cubaine.

Laplante et Scalabrini ont développé une bonne relation avec le régime cubain grâce à la famille Gurriel et au paternel, Lourdes, ex-baseballeur étoile. Les Capitales ont ainsi aligné un premier Cubain tout à fait légalement en 2014, Yuniesky, puis quatre joueurs l'été dernier, soit Yuniesky Gurriel, Alexei Bell, Yordan Manduley et Ismel Jimenez. Tous sont ensuite rentrés au pays.

Voilà pourquoi Scalabrini est allé voir l'équipe nationale cubaine en action à Santo Domingo, question de dresser sa liste de souhaits à l'intention du régime en vue de la prochaine campagne.

«Je vais enlever les Gurriel de ma liste», laisse-t-il tomber, croyant que la liberté de Yuniesky, bientôt 34 ans, sera dorénavant réduite. Lui dont la permission de venir jouer au Canada constituait une sorte de «faveur à la famille Gurriel pour leurs loyaux services», selon Scalabrini.

«Si Yuliesky et Lourdes signent pour des équipes du baseball majeur, vont-ils laisser Yuni traverser la frontière américaine avec nous sachant ce qui peut arriver? Ça laisse beaucoup de points d'interrogation», admet Laplante.

Ils ont vu les trois frères ensemble il y a exactement un mois, à Cuba. Vite, entre deux matchs d'un programme double. Pour une rare fois, les deux hommes de baseball de Québec ne logeaient pas chez les Gurriel, à La Havane, mais plutôt à Varadero avec un groupe de 130 Québécois en échange sportivo-culturel.

«Personne n'a jamais rien dit, mais on pouvait le voir dans l'humeur du père, confie Laplante. Tout le monde semblait triste. Ils voyaient une opportunité il y a un an quand il y a eu une ouverture diplomatique avec les États-Unis, mais ils ont constaté que ç'allait être beaucoup plus long de délier tous les noeuds de cette histoire d'embargo.«Je pense que Yuli s'est dit: ''Pas vrai que je vais aller dans les majeures à 34 ans''. À un moment donné, il ne pouvait plus attendre deux ou trois ans avant que ça se règle avec les autorités. Il venait de frapper une saison de ,500, ça ne s'était jamais fait...»

En juin, l'équipe nationale cubaine doit jouer 19 matchs contre les équipes de la ligue Can-Am. Ils sont attendus au Stade Fernand-Bédard pour quatre rencontres, du 14 au 16 juin, et devraient se rendre aux États-Unis du 21 au 30 juin, contre Sussex, Rockland et New Jersey.

La nouvelle voyage vite

Les départs des frères Gurriel a été confirmé très rapidement par Granma, le quotidien du Parti communiste de Cuba, dont se sert le gouvernement pour ses déclarations officielles. Dans son site Internet, le quotidien a indiqué que les deux hommes ont «abandonné» leur hôtel «se donnant sans réserve aux marchands du basebal professionnel» afin de faire le plus d'argent possible. Yulieski est un des Cubains les plus convoités par les dépisteurs des ligues majeures depuis qu'il a pris part à la première Classique mondiale de baseball en 2006. Yuliesky et Loudes étaient en République dominicaine avec les Tigers de Ciegos de Avila. Une défaite de 7-2 subie samedi aux mains du Mexique a empêché le club de participer à la finale de la Série des Caraïbes. 

Avec Associated Press

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