Une tradition... qui s'essouffle

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Gérant au restaurant La Cage, de Trois-Rivières, Éric Larivée note une baisse d'intérêt pour le Super Bowl depuis quelques années.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Alors que les Américains étaient rivés sur leur écran dimanche pour assister à la finale de la Ligue nationale de football entre les Panthers de la Caroline et les Broncos de Denver, on ne peut pas dire que la région s'émouvait devant l'événement. L'intérêt des Mauriciens envers le Super Bowl semble avoir grandement diminué dans les dernières années.

Il faut retourner à la fin des années 2000 pour constater le plus grand intérêt envers la grande messe du football, alors que plusieurs événements étaient organisés aux quatre coins de la région.

Par exemple, en 2010, 600 personnes se rassemblaient à Espace Shawinigan afin de regarder le match sur écran géant à l'invitation du Séminaire Sainte-Marie, qui en profitait pour renflouer les coffres de ses équipes sportives. Dimanche, c'est au Salon Wabasso de la Shop du Trou du diable que l'événement a eu lieu. Bonne chance pour y faire entrer autant de spectateurs!

En 2011, c'est une énorme fête d'avant-match, organisée à quelques pas du fleuve Saint-Laurent, qui avait attiré des centaines de personnes. On avait même installé du gazon synthétique sur la rue Champlain. Dimanche, c'était le calme plat sur cette même rue, si ce n'est que quelques passants.

En 2006, 300 amateurs s'étaient donnés rendez-vous au Maquisart au centre-ville de Trois-Rivières afin d'assister au duel entre les Seahawks de Seattle et les Steelers de Pittsburgh. Dimanche soir, il n'y avait pas de party... pas plus qu'il n'y avait de Maquisart à vrai dire.

Exit aussi les fêtes qui avaient lieu au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, ainsi que les multiples événements organisés par les écoles de la région afin d'amasser des fonds. Seuls quelques endroits ont gardé le fort, dont le Carnaval de Gentilly où la projection du match est devenue une tradition.

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Quelques endroits ont gardé le fort dans la région, dont le Carnaval de Gentilly où la projection du Super Bowl est devenue une tradition.

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Il reste les restaurants et quelques bars où les gens se réunissent pour écouter le match. À La Cage, les dernières tables libres ont trouvé preneur alors que le botté d'envoi était donné, une bonne année en comparaison aux dernières. 

Gérant de l'établissement depuis 16 ans, Éric Larivée disait aussi avoir noté une baisse d'intérêt dans les dernières années. Finies les longues files d'attentes et les réservations à n'en plus finir. 

«Avec les autres restaurants qui diffusent le match, il faut se partager la clientèle. Avant, il y avait des files d'attentes, mais les gens n'attendent plus.»

Comment expliquer ce déclin? L'arrivée des cinémas maison et des écrans géants à prix raisonnable pourraient avoir joué un rôle. Pourtant, ce n'était pas la foliepour se procurer un téléviseur chez Best Buy cette semaine, selon un commis rencontré sur place dimanche.

Mais avant tout, il faut se demander si l'intérêt envers le football lui-même n'a pas diminué, et ce, même chez les jeunes. En effet, le Réseau du sport étudiant du Québec a vu son nombre de joueurs passer de 16 126, un sommet atteint en 2009-2010, à 15 154 l'année dernière, une baisse constante, qui se voit aussi en Mauricie.

«Nous avons le même nombre d'équipes qu'il y a une dizaine d'années, mais dans le nord de la région, on joue maintenant du football à huit plutôt qu'à douze. Mais ce n'est pas si dramatique que ça», confie le responsable du service des sports du Cégep de Trois-Rivières, Michael Guay.

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