Un pas de géant pour le canoë féminin

Après plusieurs années à vivre d'espoir, le rêve... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Après plusieurs années à vivre d'espoir, le rêve de Laurence Vincent-Lapointe pourrait enfin se réaliser. La multiple championne du monde pourrait participer aux Jeux olympiques de 2020.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Sans même donner un seul coup de rame, la reine mondiale du canoë féminin Laurence Vincent-Lapointe a effectué un pas de géant vers son rêve de participer un jour aux Jeux olympiques.

La discipline de prédilection de la Trifluvienne de 23 ans vient en effet de franchir une étape cruciale dans son cheminement pour être intégrée à la programmation du Comité olympique international. La semaine dernière, la Fédération internationale de canotage a approuvé un programme de courses qui favorisera l'égalité des genres en vue des Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Ainsi, parmi les nouvelles disciplines féminines qui feraient leur apparition à la grand-messe du sport amateur, on retrouverait le C1 200 m et le C2 500m, deux épreuves dans lesquelles Vincent-Lapointe a fait sa marque à l'échelle planétaire.

Ce programme a été soumis au CIO qui l'évaluera avant de rendre une décision finale après les Jeux olympiques de Rio 2016, qui auront lieu cet été au Brésil.

Pour Vincent-Lapointe, qui compte sept titres de championne du monde en C1 et C2, cette annonce représente un véritable cadeau tombé du ciel. «Ça faisait un petit bout de temps que j'en entendais parler positivement, mais je ne voulais pas me créer de fausses attentes. Les Olympiques, ç'a toujours été un but pour moi et c'est très excitant de voir que la Fédération a donné son accord. Il ne manque que le CIO!»

Avouant qu'elle aurait aimé que cette annonce survienne plus tôt au cours de sa carrière, la canoéiste souligne qu'il est loin d'être trop tard pour elle et qu'elle peut légitimement rêver à Tokyo 2020. «J'ai seulement 23 ans et pour les Jeux de 2020, j'aurais 28 ans. Dans mon sport, c'est l'âge auquel on atteint notre plein potentiel. Maintenant, je dois réussir à maintenir ma forme jusque-là», mentionne celle qui a remporté l'or aux Jeux panaméricains de Toronto 2015, lors de sa toute première compétition multisport en carrière.

«C'est une expérience qui m'a beaucoup émue. Je me considère chanceuse d'avoir pu vivre ça, au Canada en plus, et j'aimerais bien devenir la première canadienne à participer aux Jeux olympiques en canoë féminin.»

Autre aspect fort intéressant de cette annonce pour la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, elle aura désormais accès au Programme d'aide aux athlètes de Sport Canada dans les prochains cycles de brevet. «Depuis toujours, on demandait du financement, mais on n'en avait pas car ce n'était pas aux Jeux olympiques. Maintenant que la Fédération accepte d'intégrer le sport à la programmation olympique, ça va permettre de recevoir un coup de pouce financier. C'est très intéressant, car je vais pouvoir m'entraîner à l'année, tout en poursuivant mon projet de carrière», explique celle qui poursuit des études universitaires dans le domaine de la santé.

De son côté, la fédération canadienne se réjouissait également d'avoir participé à l'évolution des mentalités sur la scène mondiale. «Cela a pris beaucoup de temps et je félicite la FIC pour le nouveau programme qu'elle a approuvé et recommandé au CIO, a dit Peter Giles, le président de Canoë Kayak Canada. Le Canada peut être fier d'avoir été une voix dominante sur la scène internationale pour pousser pour l'égalité des genres. Il y a encore plusieurs facteurs à prendre en compte, pour tous les sports, en préparation pour l'annonce du programme sportif global du CIO pour 2020. C'est un pas dans la bonne direction.»

Un calibre en progression

Si le canoë féminin a reçu l'appui de la FIC pour accéder aux Jeux olympiques, c'est certainement en raison de la progression de la discipline observée au cours des dernières années. D'ailleurs, pour la première fois depuis 2010, Laurence Vincent-Lapointe n'a pas remporté l'or aux Championnats du monde en 2015, terminant en quatrième position. La couronne a plutôt été remise à la Bulgare Staniliya Stamenova. «Tout le monde s'attend toujours à ce que je gagne. Depuis toujours, je suis la fille à battre. Je pense que j'ai permis d'améliorer le niveau de compétition du canoë féminin international. Mais si ça n'avait pas été moi, ç'aurait été quelqu'un d'autre», dit-elle, loin de se laisser abattre par cette défaite aux Mondiaux. «En demi-finale, je venais de passer tout près de battre mon propre record du monde. Puis, en finale, j'ai raté un coup de rame, ce qui m'a fait terminer à 0,6 seconde de la gagnante», relativise-t-elle.

Chose certaine, avec un titre mondial à reconquérir et la possibilité de plus en plus concrète de pouvoir accéder aux Jeux olympiques, la motivation ne devrait pas être trop difficile à trouver pour la reine du canoë féminin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer