La requête de la famille Herrera rejetée

Javier Herrera avait fait une demande d'asile politique... (François Gervais)

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Javier Herrera avait fait une demande d'asile politique au Canada en octobre, lui qui craignait pour la sécurité de ses proches dans leur pays d'origine du Venezuela.

François Gervais

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(Trois-Rivières) La demande d'asile politique de Javier Herrera a été rejetée. Le juge de la Commission à l'immigration, qui a entendu la cause du joueur des Aigles de Trois-Rivières le 21 décembre dernier à Montréal, a rendu son verdict au cours des dernières heures.

Le juge estime que la famille vénézuélienne n'a pas fait la preuve qu'un danger imminent la guettait dans son pays d'origine. Ainsi, elle ne peut recevoir la protection demandée selon la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.

Herrera disait craindre pour la sécurité de ses proches, particulièrement pour celle de ses deux enfants, Jaycob et Katie, qui auraient été victimes d'une tentative d'enlèvement dans leur école primaire de Caracas le 2 octobre.

Le porte-couleurs des Aigles pointe des membres des Tupamaros, une organisation politique d'extrême-gauche, comme responsables de cette menace. Les raisons évoquées pour justifier l'hypothèse n'ont toutefois pas convaincu le juge, qui a qualifié le tout de «spéculatif», Herrera prétextant qu'il s'agissait d'une organisation bien rodée puisque les deux individus connaissaient son nom de famille.

Selon le juge, rien ne laisse croire que d'autres personnes recherchent les Herrera. En ce sens, un retour des quatre membres de la famille au Venezuela ne mettrait pas leur vie en danger, du moins à ses yeux.

Trompant la vigilance des douaniers vénézuéliens - ils avaient évoqué un voyage d'affaires à Trois-Rivières pour quitter le pays - Herrera et ses proches sont arrivés au Québec à la fin du mois d'octobre, grâce à l'appui de l'ancien directeur général des Aigles Bob McDuff et de l'organisation. Ces derniers avaient payé les billets d'avion autant pour l'aller que pour le retour, question de dissiper les doutes des douaniers.

L'histoire de la famille, publiée dans Le Nouvelliste puis rapportée dans tous les autres médias de la région, en avait touché plusieurs si bien que quelques jours plus tard, des centaines de dollars ainsi que de la nourriture et des vêtements avaient été amassés pour appuyer les Herrera.

Déception et frustration

Joint à sa résidence secondaire en Floride, Bob McDuff a confirmé que le clan irait en appel de cette décision. Ils ont 14 jours (à compter de jeudi) pour se manifester. «Cette fois, nous engagerons un avocat», a mentionné celui qui représentait la famille le 21 décembre.

«Nous sommes déçus et frustrés, j'étais persuadé que la cause passerait. Mais le juge croit que sa famille n'a pas besoin de protection. C'est à nous de le convaincre du contraire.»

Dans son appartement du quartier étudiant à Trois-Rivières, Javier Herrera ne cachait pas sa déception, mais demeurait néanmoins optimiste en parlant de «la deuxième chance», soit l'appel.

«J'ai toujours été quelqu'un d'enthousiaste et ça ne changera pas. Je crois qu'on peut renverser la décision si nous engageons un bon avocat. Bob a fait de l'excellent travail pour moi, mais nous pouvons peut-être encore trouver des pistes qui pourraient nous être utiles.»

Herrera admet que la lettre a eu l'effet d'une bombe mercredi matin. Sa femme était d'ailleurs inconsolable. 

«Avec toute l'aide reçue ici depuis trois mois, la solidarité des gens de la région, c'est difficile. Pour moi, le pire scénario serait de retourner au Venezuela, mais nous ne sommes pas là encore. Moi, je veux juste avoir une chance de m'établir ici et de continuer à jouer au baseball avec les Aigles. Je souhaite seulement trouver un endroit sécuritaire pour ceux que j'aime.»

Aubin prêt à aider

Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, se dit prêt à donner un coup de main aux Herrera dans la suite du dossier. «S'ils nous contactent, on les reçoit c'est certain», soutient le politicien.

«Nous traitons plusieurs cas au bureau régional. Nous devons épuiser l'ensemble des procédures possibles.»

Si jamais l'appel devait être rejeté, les Herrera pourraient passer par l'Examen des risques avant renvoi (ERAR), un autre processus qui permet aux demandeurs d'asile d'éviter de retourner dans leur pays. Bref, rien n'est encore joué dans ce dossier.

Javier Herrera est un joueur de baseball professionnel qui roule sa bosse dans les circuits indépendants et affiliés depuis plus d'une quinzaine d'années.

Même s'il n'a jamais eu la chance d'évoluer dans les ligues majeures, notamment en raison de nombreuses blessures, il est considéré comme un des meilleurs frappeurs de la Ligue Can-Am et a contribué à l'ultime victoire des Aigles, en septembre 2015, lors des séries éliminatoires.

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