Volleyball: une défaite difficile à encaisser

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Même si elle a été nommée meilleure libéro du tournoi de qualification de la zone Amérique du Nord, la Bécancouroise Janie Guimond (numéro un, au centre) retenait bien peu d'éléments positifs de son expérience à Lincoln.

Associated Press

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(Trois-Rivières) Tout s'est passé trop vite samedi dernier pour Janie Guimond. Au milieu du Pinnacle Bank Arena de l'Université du Nebraska, la joueuse de volleyball originaire de Gentilly a vu son rêve olympique partir en fumée.

«J'ai eu le temps de cligner des yeux et le match était terminé, raconte la principale intéressée, encore sonnée par ce résultat crève-coeur. C'est difficile de trouver des mots pour exprimer les pensées qui m'habitent depuis quelques jours, on a vécu beaucoup d'émotions et j'ai encore de la difficulté à les décrire.»

Guimond, 31 ans, croyait que son tour était enfin venu. Cette équipe nationale, elle la voyait à Rio, nul part ailleurs. En tant que vétérante, elle se croyait aussi investie d'une mission: rassembler les troupes vers la terre promise du Brésil.

«J'y pense aujourd'hui et je me dis que j'aurais peut-être pu mieux supporter le groupe. J'étais la plus vieille, j'avais donc un devoir moral. Même après notre dernière défaite contre Porto Rico samedi, je ne savais pas comment consoler mes coéquipières qui pleuraient sans arrêt. J'ai finalement fondu en larmes moi-même quelques minutes plus tard...»

Vrai que Guimond est une habituée des tournois internationaux. Depuis 2008, elle a toujours défendu les couleurs du Canada. Il y a quatre ans, le parcours avait aussi pris fin avant le début des Jeux olympiques.

La défaite de Lincoln reste toutefois la plus douloureuse. C'est qu'il n'y aura pas d'autre cycle olympique pour elle. «Je pense qu'il est temps de passer à autre chose. Même si je n'ai jamais aussi bien joué depuis mes débuts avec la sélection en 2008, je dois préparer mon avenir.»

L'ergothérapeute de formation rigole quand elle rappelle qu'elle a «des bagages dans quatre pays différents.» Au cours des dernières années, elle a notamment évolué en Europe en plus de s'entraîner avec l'équipe nationale sur une base régulière à Winnipeg.

Depuis mars 2015, elle focalisait d'ailleurs toutes ses énergies pour sa préparation en vue des qualifications olympiques, elle qui était sans contrat professionnel. «Nous étions sept à temps plein àWinnipeg, pendant que les autres filles poursuivaient leur saison ailleurs.»

La troupe a enfin été réunie à la fin décembre, dernière générale avant le tournoi du Nebraska. «On a dû s'ajuster rapidement. Je crois que cela a eu un impact sur nos résultats.»

C'est-à-dire trois défaites coup sur coup contre les Américaines, la République dominicaine et Porto Rico. Le Canada devait absolument terminer parmi les trois meilleures équipes pour rester en vie dans le processus de qualification.

«Non seulement on croyait avoir une meilleure équipe, mais nous étions plus fortes mentalement. Malheureusement, ça n'a pas paru sur le terrain.»

Meilleure libéro du tournoi

Dans ce genre de situation, les honneurs individuels parviennent rarement à apaiser les douleurs des athlètes. Janie Guimond ne fait pas exception à la règle. Même si elle a été nommée meilleure libéro du tournoi, elle qui excelle autant en réception de service qu'en défensive, la Bécancouroise retenait bien peu de points positifs.

«Ça fait du bien à l'orgueil, mais je suis allée chercher mon prix à reculons. J'aurais tellement échangé cette nomination pour une deuxième chance de qualification...»

Les chances sont bien minces, mais une dernière opportunité pourrait se présenter aux Canadiennes en mai. En sérieux manque de ressources financières, une équipe africaine pourrait rater le dernier tournoi qualificatif, ce qui ouvrirait la porte à une autre délégation. Encore là, ce ne sont que des rumeurs et la fédération internationale travaillerait sans doute pour amener cette équipe africaine au tournoi.

Chose certaine, Guimond restera dans l'entourage de la sélection cet hiver. «Je pars en vacances pour quelques semaines, mais je serai de retour à Winnipeg vers la mi-février. Mon coeur d'athlète me dit d'y croire. On ne sait jamais.»

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