De miraculé à joueur élite

Malgré une fracture du cou à l'âge de... (Stéphane Lessard)

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Malgré une fracture du cou à l'âge de 12 ans, Shawn Element n'a jamais cessé de foncer. Il apparaît maintenant parmi l'élite des joueurs québécois de son âge.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) La date du 14 octobre 2012 aurait pu être dramatique pour Shawn Element. Victime d'une fracture du cou, il est passé bien près de ne plus jamais chausser les patins. Trois ans plus tard, l'attaquant des Estacades de Trois-Rivières s'est hissé parmi la crème des hockeyeurs québécois de son âge.

Le Victoriavillois était alors âgé de 12 ans et évoluait dans la catégorie pee-wee AA. Appelé en renfort pour un match de bantam AA à Kingsey Falls, le jeune homme, impliqué dans une bataille pour la rondelle, se dirigeait vers le fond du territoire lorsqu'il a été frappé par derrière, le projetant tête première dans la clôture. Un violent choc qui a nécessité l'intervention de la physiothérapeute de l'équipe.

«Elle m'a relevé, mais une fois dans la chambre, je lui ai dit que j'avais mal au cou. On m'a couché par terre et l'ambulance a été appelée», explique le joueur de centre.

Une fois à l'hôpital, les médecins et ses parents croient qu'il est victime d'une commotion cérébrale, jusqu'à l'analyse de la radiographie de son cou. 

«Tout avait l'air correct jusqu'à ce qu'ils voient les rayons X. Les médecins n'aimaient pas ce qu'ils voyaient. Ils m'ont envoyé immédiatement à l'hôpital Sainte-Justine.»

Le verdict: fracture de deux vertèbres et compression d'une troisième. Fort heureusement, la moelle épinière n'a pas été atteinte, sans quoi Element se déplacerait peut-être en chaise roulante aujourd'hui.

«Le médecin m'avait parlé de quatre à six semaines de repos, je pensais être correct pour terminer la saison. Mais après être passé sur la table d'opération, j'ai réalisé que ma saison était finie. Sauf que je me suis dit que j'allais revenir fort et me rétablir», mentionne le hockeyeur de 15 ans, qui ajoute du tac au tac que jamais il n'a cru qu'il n'allait plus jamais revenir au jeu.

«Je m'aventurais toujours dans les coins, j'étais physique même au niveau pee-wee. À mon retour, la première fois que j'ai été dans le coin, je n'ai pas hésité. Même avant l'opération, mon père m'a demandé si j'allais un jour retourner dans un coin. Je lui ai répondu que oui, sans hésitation.»

En regardant aller Element sur la patinoire, jamais on ne se douterait qu'il y a trois ans, il passait à une fraction de centimètre de la paralysie. Du haut de ses 5 pi 11 po, il est l'un des joueurs les plus physiques de son équipe, en plus d'avoir accumulé 21 points en 28 rencontres. Son entraîneur, Frédéric Lavoie, y va même d'une comparaison flatteuse avec l'un des meilleurs attaquants de puissance de l'histoire de la LNH.

«Quand je l'ai vu, il m'a fait penser à Eric Lindros, qui était toujours le premier arrivé de chaque bord de la patinoire. Shawn a une présence physique, il est intimidant, mais il n'est pas salaud. Il n'a presque pas de minutes de punition. Il est discipliné et efficace.»

Les doutes dissipés

Après une période de neuf mois hors de la glace, Element a de nouveau enfilé ses patins au mois d'août 2013, mais il a quitté le hockey civil élite pour se joindre au hockey scolaire. Alors qu'on le voyait comme un excellent espoir à l'époque, son nom représentait maintenant un point d'interrogation. Allait-il être en mesure de revenir à son meilleur? Allait-il être craintif? Deux ans plus tard, cette blessure lui aura fort peut-être même permis de devenir meilleur.

«Avec tous les efforts que j'y ai mis, ç'a porté ses fruits. J'ai dû faire preuve de détermination sinon je n'aurais pas été capable», souligne Element.

«C'est certain que lorsque tu as un obstacle de la sorte dans la vie, tu en sors grandi. Quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il a eu ne peut pas s'en douter. Il n'est pas craintif, il y va toujours tête première», ajoute son entraîneur, qui a rapidement remarqué les qualités de meneur de son protégé.

«Les jeunes d'aujourd'hui sont souvent axés sur leur nombre de points, mais Shawn, c'est comme un vieux joueur, l'équipe passe avant les points. Son leadership sur la glace est impressionnant.»

Le pilote n'a d'ailleurs pas hésité à inviter le Victoriavillois au camp d'entraînement des Estacades, puisque jamais Element n'a quitté le radar de la structure intégrée mauricienne. Une invitation qui lui semblait impossible, trois ans plus tôt, couché sur la table d'opération.

«Je ne pensais pas me rendre jusqu'ici, mais j'ai travaillé fort pour le faire. Quand j'ai reçu l'invitation, j'étais très content et je me suis dit que j'allais faire tout ce que je pouvais pour me faire une place avec l'équipe.»

Sur le radar de la LHJMQ

Lentement, le nom du joueur de centre commence à circuler dans les hautes sphères du hockey junior. Ne soyez pas étonné si son nom est prononcé lors du prochain encan de la LHJMQ, et ce, très tôt dans la journée.

«Dans les échos d'aréna, on entend beaucoup parler de lui. S'il sort en première ronde, ce ne sera pas une surprise. C'est un type de joueur rare, il est complet», mentionne l'entraîneur.

Cette semaine, Element a obtenu une autre bonne nouvelle. En compagnie de son coéquipier Cédric Desruisseaux, il représentera le Québec lors d'un tournoi qui regroupera l'équipe de la Finlande ainsi que deux formations composées des meilleurs joueurs de 17 ans de la Ligue de hockey collégial du Québec. 

«Il partait de loin. Il n'était pas allé au camp de sélection. Comme il n'était pas sur la liste de Hockey Québec au départ, c'est qu'il a ouvert des yeux avec son début de saison. Ça prouve que le développement, ce n'est jamais fini et qu'un bon joueur de hockey fait son chemin», conclut Lavoie.

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