Moment de vérité pour les Herrera

En attendant la décision du juge à l'immigration,... (François Gervais)

Agrandir

En attendant la décision du juge à l'immigration, qui rendra son verdict le 21 décembre, la famille Herrera s'acclimate bien à sa nouvelle vie en Mauricie. Les enfants Jaycob et Katie fréquentent l'école Sainte-Thérèse depuis un mois tandis que leurs parents, Ludzmy et Javier, accumulent les heures de bénévolat.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Cliniques de baseball, emballage de cadeaux au centre commercial et séances d'autographes dans les supermarchés. Depuis huit semaines, le joueur des Aigles de Trois-Rivières Javier Herrera a multiplié les activités de bénévolat pour séduire le juge à l'immigration qu'il rencontrera, le 21 décembre à Montréal.

C'est à cette date que la famille du Venezuela saura si elle pourra s'établir au pays de manière permanente.

Javier, sa femme Ludzmy ainsi que leurs deux enfants Katie (11 ans) et Jaycob (5 ans) sont arrivés à l'aéroport international Montréal-Trudeau le 19 octobre dernier, fuyant leur pays d'origine où ils craignaient pour leur sécurité.

Les deux jeunes venaient de recevoir des menaces d'enlèvement à l'école quand le paternel a contacté l'ancien directeur général des Aigles Bob McDuff, qui a orchestré les démarches afin d'attirer le clan au Canada.

Après avoir déjoué les douaniers vénézuéliens, prétextant un voyage d'affaires à Trois-Rivières, les Herrera ont fait deux escales à Houston et Chicago avant d'atterrir dans la métropole québécoise. Arrivés à Trois-Rivières, ils ont été pris en charge par McDuff et sa femme Nicole Girard. Leur histoire a été publiée dans Le Nouvelliste, puis relayée dans les autres médias de la région.

En quelques jours à peine, l'organisation avait amassé des centaines de dollars ainsi que des vêtements et des meubles. «Ils ont plus de linge que moi, sourit McDuff. Mais ils ont un grand coeur, car ils en ont retourné une partie à la Société St-Vincent-de-Paul et aux Artisans de la Paix.»

À ce jour, près de 4000 $ ont été récoltés, en plus des bons d'achats et des biens matériels. Cet élan de générosité a touché les Herrera, qui souhaitent maintenant redonner en contribuant à leur société d'adoption.

«J'ai hâte de travailler, peu importe où. Je veux juste me rendre utile et passer à autre chose», affirme le paternel, témoin de la première neige dans la nuit de mardi à mercredi. «J'ai réveillé tout le monde, c'était magnifique! Ça donne de l'espoir en attendant le verdict...»

Entre confiance et nervosité

La conduite sur nos routes hivernales n'inquiète pas Javier Herrera. Depuis le début du mois, il effectue ses déplacements dans l'une des voitures appartenant aux Aigles. Il connaît de mieux en mieux sa nouvelle ville, croise plusieurs personnes empathiques à sa cause.

«J'ai serré plusieurs mains au centre d'achats en emballant les cadeaux des clients. Mais je suis pas mal moins bon que notre lanceur Matt Rusch, les gens ne devraient pas me faire confiance pour emballer», rigole le voltigeur de droite, qui commence petit à petit à apprivoiser les bases du français.

Les enfants fréquentent quant à eux l'école Sainte-Thérèse et semblent s'y plaire. Le petit Jaycob peut même compter jusqu'à 25 dans la langue de Molière, raconte son père avec une pointe de fierté bien sentie. Mais, étonnamment, ils posent peu de questions sur la situation actuelle.

«Ils m'ont toujours accompagné partout aux États-Unis durant ma carrière alors ils sont habitués aux déplacements. Par contre, pour la première fois, ils vont à l'école ailleurs qu'au Venezuela. J'imagine qu'ils comprennent en partie pourquoi nous sommes ici. À mes yeux, ils se doutent de quelque chose, mais ils en parlent très peu. L'important, c'est qu'ils sont rentrés à l'école il y a un mois et qu'on note du progrès.»

En fait, les principales préoccupations de Javier Herrera se concentrent vers la décision à venir du juge à l'immigration. Même s'il a reçu des témoignages encourageants, entre autres du directeur général du Service d'accueil aux nouveaux arrivants de Trois-Rivières (SANA) Ivan Suaza, l'athlète de 30 ans admet ressentir une bonne dose de nervosité à l'approche du jour J. En fait, il nage entre confiance et anxiété.

«C'est difficile à expliquer. Je suis content d'avoir Bob à mes côtés, il va nous aider à apaiser notre stress, comme il le fait depuis le début!»

«Oui à 95 %»

Justement, c'est Bob McDuff qui prendra la parole devant le juge lundi prochain. Il lui a d'ailleurs envoyé plusieurs documents importants qui, croit-il, feront pencher la balance en faveur des Herrera.

«Nous avons un dossier bien étoffé. J'ai sorti plusieurs articles décrivant le climat de terreur au Venezuela, les nombreux enlèvements d'enfants et les rançons demandées aux familles plus aisées. Le pays est instable en raison d'une crise économique et sociale, le juge ne sera pas insensible à ça.»

«Javier n'a pas de dossier criminel, il pratique la même religion que nous et nos cultures se ressemblent. J'évalue nos chances d'une réponse positive à 95 %.»

Et si jamais le juge refuse la requête de la famille? «Nous pouvons toujours aller en appel. Mais on préfère ne pas se rendre là.»

Question de célébrer Noël l'esprit en paix.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer