Steve Bégin et le blues du retraité

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Deux ans après avoir annoncé sa retraite, Steve Bégin a toujours autant le feu sacré pour le hockey.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Près de deux ans après avoir officiellement accroché ses patins, Steve Bégin a toujours le feu sacré qui brûle en lui. Il suffit de passer quelques minutes en sa compagnie pour comprendre que si ce n'était pas de cette hanche qui l'a tant fait souffrir au cours sa carrière, il n'y a pas de doute que le Trifluvien continuerait à s'arracher le coeur sur une patinoire professionnelle.

«C'est sûr que ça me manque. Si je pouvais, c'est certain que je jouerais encore. Mais mon problème de hanche m'en empêche malheureusement», admet l'ancien numéro 22 du Canadien de Montréal qui était de passage à Trois-Rivières mardi à titre de conférencier invité au Club Richelieu.

D'ailleurs, le hockey manque à Bégin à un tel point qu'il jette très rarement un coup d'oeil aux matchs du circuit Bettman.

«Je n'écoute pas vraiment de parties. C'est difficile pour moi, encore aujourd'hui. Je commence tranquillement à m'habituer. Mais quand tu arrêtes de jouer, c'est impossible de recommencer à écouter le hockey du jour au lendemain. Tu veux trop être là, tu veux trop jouer», a expliqué en entrevue avec Le Nouvelliste celui qui a disputé 560 matchs dans la LNH, dont 289 avec le Tricolore.

Même si le désir de lacer ses patins à nouveau le chicote, il se dit en paix avec sa carrière. «J'ai absolument zéro regret. J'ai joué une dizaine d'années dans la LNH alors que personne ne me voyait jouer même un seul match. C'est une belle fierté. Ce n'est peut-être pas moi qui marquais les buts à épater la galerie, mais j'ai réussi à me rendre là avec ma combativité et ma persévérance», lance l'ex-hockeyeur qui aura aussi enfilé les uniformes des Flames de Calgary, des Stars de Dallas, des Bruins de Boston et des Predators de Nashville au fil de ses saisons dans le circuit Bettman.

Maintenant sa carrière derrière lui, Bégin consacre beaucoup de temps à la Fondation B3, qu'il a mise sur pied avec Francis Bouillon et Étienne Boulay, en plus de travailler comme estimateur chez Nobesco, une entreprise trifluvienne spécialisée en génie civil. Il passe également beaucoup de son temps avec ses filles Méanne, 11 ans, et Maylia, 8 ans, un privilège auquel il avait eu moins accès avec sa carrière.

Évidemment, il ne met pas une croix définitive sur le monde du hockey. Il y a deux ans, il a vécu une courte expérience derrière le banc des Foreurs de Val-d'Or, une avenue qu'il aimerait bien approfondir dans le futur. «J'aimerais bien ça coacher, mais pour l'instant, je veux passer du temps avec ma famille. Pendant que je jouais j'en ai manqué beaucoup alors que j'étais souvent parti.»

Les commotions, un sujet délicat

Lui-même au coeur d'innombrables séquences très rudes au cours de sa carrière, Steve Bégin concède que les temps ont bien changé dans le monde du hockey à propos des commotions cérébrales. Véritable sujet tabou au tournant du siècle, ces délicates blessures à la tête sont désormais scrutées à la loupe par les équipes médicales des différentes formations. La Ligue nationale de hockey a même créé un protocole afin d'encadrer les joueurs susceptibles d'être affectés par une commotion cérébrale.

Pour le Trifluvien, il n'y a pas de doute que la LNH a fait des pas de géants dans ce dossier. Il admet du même souffle que le sujet prend parfois un peu trop d'ampleur sur la place publique. «C'est bien ce qu'ils font présentement. Avec le protocole, c'est plus surveillé. Avant, on savait que ça existait mais on ne savait pas que c'était une commotion. Il fallait faire quelque chose. La tête c'est précieux, tu ne veux pas jouer avec ça. D'un autre côté, aujourd'hui, on en parle tellement, qu'aussitôt que quelqu'un a un petit mal de tête, on dit que c'est une commotion», mentionne-t-il.

Il faut dire que les précautions d'aujourd'hui sont à des années lumières de celles qui étaient en vigueur an début du millénaire. «Je me souviens qu'une fois, quand j'étais dans les mineures et j'avais fait une commotion. Je ne feelais pas et j'étais étourdi. Dans le vestiaire, on m'avait donné deux Advil, je m'étais mis un sac de glace sur la tête et j'étais retourné jouer. Et ça ne fait pas si longtemps que ça. C'était en 2000», se souvient-il.

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