Le gamin au coeur brisé

L'échange de Patrick Roy, survenu il y a...

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L'échange de Patrick Roy, survenu il y a 20 ans, a secoué plusieurs partisans, dont notre journaliste...

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(Trois-Rivières) Voilà maintenant 20 ans que mon allégeance au Canadien de Montréal s'est envolée.

Vingt ans que mon coeur de «p'tit boutte» qui rêvait de jouer pour les Glorieux a été brisé en mille miettes. Ce soir du 2 décembre 1995, le massacre orchestré par les Red Wings de Detroit au Forum a sonné le début de la fin. On avait trahi mon idole: Patrick Roy.

Alors âgé de 12 ans, je regardais le match du Canadien avec mon père à Québec, où je me trouvais pour un tournoi de hockey mineur.

Mon sourire a commencé à s'effacer de mon visage au même rythme que les Red Wings enfilaient les buts. Plus les rondelles déjouaient mon héros, plus j'implorais le ciel qu'on le retire de cette fosse aux lions. Mais visiblement, le nouvel entraîneur Mario Tremblay avait une autre idée en tête. Il avait décidé de le confronter.

Quand j'ai vu Casseau lever les bras au ciel après un arrêt de routine, un million de questions ont alors fusé dans ma tête de p'tit bonhomme. «Est-ce qu'ils vont finir par le sortir du match?» «Pourquoi a-t-il fait ça?». «Est-ce que sa carrière est finie?». Bref, je m'inquiétais pour mon idole.

Après neuf buts, Tremblay retire ENFIN son gardien-vedette du match. Mais il est trop tard. Dans une séquence désormais célèbre, Roy avise Ronald Corey qu'il vient de disputer son dernier match à Montréal.

Pendant le match, évidemment, personne ne sait vraiment ce que Roy a dit au président du Canadien. Mais, chose certaine, ça ne sent pas bon.

Trois jours plus tard, la nouvelle que j'appréhendais se confirme. Mon héros doit faire ses valises pour le Colorado. Il a été échangé à l'Avalanche contre Jocelyn Thibault. (C'est du moins ce que je retiens de la transaction dans ma tête de gamin).

Immédiatement, c'est la colère, la rage, l'incompréhension. Pourquoi, c'est lui qui doit quitter? Pourquoi pas Mario Tremblay, le méchant nouveau-venu?

Quelques secondes plus tard, la date du 5 décembre 1995 était inscrite au stylo sur les murs de ma chambre, sous chaque poster à l'effigie du roi Patrick. La rupture était aussi subite que définitive.

Vingt ans plus tard, le célèbre 33 a fait la paix avec le Tricolore. Son numéro flotte à juste titre dans les hauteurs du Centre Bell.

Cependant, le coeur du petit gamin de 12 ans n'a pas été complètement rapiécé. La plaie guérit, lentement, mais elle demeure ouverte.

J'ose croire que la réconciliation est pour bientôt.

Mais il est encore trop tôt.

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