L'UQTR dit non au retour du football

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Le conseil d'administration de l'UQTR a tranché, il n'y aura pas de programme de football.

Olivier Croteau (montage)

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(Trois-Rivières) Après des mois à se faire attendre, le conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières a finalement statué quant à un possible retour du football en ses murs. Il a refusé la proposition du groupe de 35 hommes d'affaires, tout en gardant une porte ouverte. Un refus qui semble davantage relié avec le côté politique qu'avec le plan d'affaires du consortium.

Après deux ans de travail, Jean-Guy Paré s'est... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Après deux ans de travail, Jean-Guy Paré s'est heurté à un non de la part de l'UQTR quant à la résurrection d'un programme de football en Mauricie.

Olivier Croteau

Le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR,... (Sylvain Mayer) - image 3.1

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Le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR, Ismaïl Biskri.

Sylvain Mayer

Au terme d'une réunion extraordinaire d'une durée de 90 minutes, jeudi, les membres du conseil ont annoncé leur décision par l'entremise du porte-parole de l'institution, Bertrand Barré. De toute évidence, le projet plaisait au conseil d'administration, mais celui-ci n'a pas osé aller de l'avant. «En raison du contexte budgétaire et des actuelles compressions du gouvernement, les membres du conseil d'administration, après maintes discussions, ont décidé de ne pas donner suite au projet d'équipe de football.

Les gestionnaires de l'Université font preuve de rigueur budgétaire et le moment est peut-être inopportun. Les membres du conseil d'administration n'ont pas eu de garanties que le projet se serait fait à coût nul, et ce, à court, moyen et long terme», a expliqué le porte-parole, les membres du c.a. refusant de répondre aux questions des médias.

Dans le camp des promoteurs, on semblait stupéfaits de la décision de l'institution. Même si l'Université a ouvert la porte à ce que le groupe présente de nouveau son dossier dans le futur, rien n'assure qu'il sera au rendez-vous. «Nous allons devoir nous réunir. Nous prenons acte de la décision de l'UQTR. De mon côté, je suis déçu, très déçu», soulignait le principal porteur du projet et président de la Fondation de l'UQTR, Jean-Guy Paré.

Le recteur, l'argent et le syndicat

Plusieurs facteurs auraient joué dans la décision de l'UQTR de ne pas donner son aval au retour du football universitaire sur le campus trifluvien. La présence d'un recteur par intérim uniquement aurait pesé lourd dans la balance, et ce, même si le principal candidat, Daniel McMahon, s'était prononcé en faveur du projet s'il était à coût nul.

Le 2 novembre dernier, M. Paré avait affirmé en rencontre avec le conseil d'administration que le projet allait dorénavant se faire à coût nul pour l'UQTR, qui devait, selon le plan original, investir 150 000 $ par année dans le budget de fonctionnement de l'équipe.

Il a toutefois confirmé jeudi que seule l'année 2017 allait se faire sans dépenses pour l'institution.

«Toutes les universités participent aux opérations de leur équipe. À Laval, ça se fait à coût nul, parce que c'est possible grâce aux profits des matchs. On ne peut pas espérer ça à l'UQTR parce que nous n'avons pas un stade de 12 000 places.»

Celui-ci estimait toutefois que l'opération pouvait être rentable grâce à son modèle faisant appel à la communauté à la hauteur de 3 M$. De plus, l'entreprise Le Prix du Gros, menée par l'éventuel président du club, Denis Dusablon, s'était engagée à acheter 

3675 billets par match lors des trois premières saisons, soit le chiffre nécessaire afin de permettre à la formation d'écrire son bilan à l'encre noire.

C'est toutefois la sortie médiatique du Syndicat des professeurs et professeures de l'UQTR qui semble avoir eu le plus d'influence dans le refus du c.a. L'organisation s'était prononcée contre le retour d'une équipe de football, particulièrement dans le contexte actuel de compressions universitaires. 

Selon des intervenants au dossier, qui ont demandé l'anonymat, le c.a. a préféré sacrifier un éventuel programme de football plutôt que d'attirer la colère de ses professeurs en ces temps de crise financière. Sans compter que la fin de la convention collective est prévue pour le printemps 2017.

«Les membres du conseil sont très sensibles aux commentaires de la communauté universitaire à l'égard du projet. Ça ne remet pas en cause la valeur et la pertinence du projet et les membres du conseil d'administration sont très conscients que dans un autre contexte, le projet aurait peut-être reçu une réponse très différente», a expliqué le porte-parole de l'UQTR, Bertrand Barré.

Jeudi soir, le président du Syndicat, Ismaïl Biskri, se réjouissait de la décision de l'institution. «On ne peut qu'être content de cette décision, ce n'était pas le temps. On parle de discuter avec les syndicats et d'ouvrir les conventions pour revoir les conditions de travail, alors je trouve indécent de parler d'une équipe de football.»

M. Biskri disait ne pas croire qu'à long terme, le projet pouvait faire ses frais et qu'il était impossible d'offrir une telle garantie. Il avouait toutefois ne pas avoir consulté le plan d'affaires du consortium. «Je ne l'ai pas vu, mais le problème, ce n'est pas l'investissement initial, c'est le fonctionnement après. Le projet peut-il être rentable? Et s'il ne l'est pas, où vont-ils trouver les fonds? Il n'y a aucune raison de créer une équipe de football, il faut plutôt consolider ce qui existe à l'UQTR. La mission première de l'université, c'est l'enseignement et la recherche.»

La venue d'une équipe de football aurait attiré environ 80 nouveaux étudiants et une subvention totale de 800 000 $. De plus, deux programmes de maîtrise auraient été créés, ce qui aurait permis l'embauche de nouveaux professeurs. «S'il y a création de programmes universitaires et d'embauches de professeurs, on ne peut pas être contre», concède le président du Syndicat.

Annuellement, l'UQTR donne près de 600 000 $ à ses autres programmes sportifs, pour seulement une infime fraction de la visibilité que le football apporte aux six universités québécoises. Questionné à savoir si les équipes sportives de l'UQTR devraient être abolies dans ce contexte de compression, M. Biskri estime qu'il ne faut pas tout rayer pour autant. «Non je ne pense pas qu'il faille éliminer les programmes sportifs, mais tout nouveau programme doit être pensé et réfléchi avant d'aller de l'avant.»

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