Charles Moreau s'en promet en 2016

Charles Moreau est le meilleur espoir de médaille... (Marika Allaire)

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Charles Moreau est le meilleur espoir de médaille du Canada en paracyclisme pour les prochains Jeux paralympiques.

Marika Allaire

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(Trois-Rivières) Si l'année 2015 en a été une de changements pour Charles Moreau, 2016 annonce des jours de gloire, à condition bien sûr que tout se déroule comme prévu.

L'athlète paracycliste de 33 ans, le meilleur de la catégorie H3 au Canada, fonde de bons espoirs pour les Jeux paralympiques de Rio. Tellement, en fait, qu'il entretient des chances de remporter une médaille, lui qui a connu une campagne fort prometteuse sur le circuit de la Coupe du monde en récoltant ses premiers podiums en carrière.

En ajoutant deux médailles de bronze ramenées des Jeux parapanaméricains, Moreau a confirmé son statut de favori sur l'équipe canadienne dans sa discipline, et ce en dépit de quelques bris mécaniques ayant mis fin à des courses qu'il aurait pu gagner.

«Je me rapproche des meneurs», constate-t-il avec optimisme. «Il y a deux ans, j'accusais un retard de trois minutes sur les meilleurs au contre-la-montre. Aujourd'hui, ç'a fondu à 30 secondes!»

Ça tombe bien, l'année qui commencera dans quelques semaines pourrait s'avérer la plus importante de sa carrière. Or, non seulement Moreau excelle-t-il au clm, il se découvre également un certain talent dans les épreuves sur route. «C'est certain que mes ambitions augmentent au fur et à mesure que je chemine. Il y a un an, je planchais sur un top-6 à Rio. En ce moment, je vise au moins une médaille.»

Trifluvien d'adoption

Originaire de Victoriaville, Charles Moreau habitait déjà à Trois-Rivières depuis six ans quand il a été victime d'un accident de voiture sur le pont Laviolette, en janvier 2008. Le choc provoqué par la collision l'a rendu paraplégique. Après avoir encaissé la terrible nouvelle, l'étudiant en chiropractie voulait s'assurer de garder la tête hors de l'eau, lui qui était désormais confiné à un fauteuil roulant.

Triathlète accompli, il a apprivoisé le paratriathlon. L'été, on le voyait s'entraîner à la piscine du parc de l'Exposition, endroit qu'il délaissait une fois l'automne installé pour le CAPS de l'UQTR. Ses partenaires d'entraînement vivaient presque tous à Trois-Rivières.

Puis, en 2012, il a décidé de concentrer ses énergies sur le paracyclisme, un choix judicieux qui lui permet aujourd'hui de prétendre à une place parmi les trois meilleurs sur la planète. Déjà, aux Jeux de Londres, il campait le rôle de réserviste pour le Canada aux Paralympiques. Puisqu'aucun athlète du pays ne s'est désisté, Moreau est demeuré spectateur. Mais il s'en promettait pour l'avenir.

«Le vélo a toujours été ma force, c'était logique pour moi de faire ce changement. En tout cas, ça m'a souri!»

Nouvelle vie, nouveaux défis

S'il avait l'habitude ces dernières années de rouler dans le secteur Saint-Louis-de-France, c'est à Victoriaville qu'il poursuivra son entraînement. Il y a un mois, Moreau a déménagé ses pénates dans sa ville natale avec sa conjointe. En juin, le couple accueillera son premier enfant. Plusieurs défis pointent donc à l'horizon pour le futur papa qui devra, en plus de ses nouvelles obligations, augmenter son volume d'entraînement en vue des Jeux.

«Mon entraîneur Sébastien Travers prévoit ajouter quatre ou cinq heures par semaine à mon programme. Au total, ça correspond à une vingtaine d'heures par semaine.»

Deux camps hivernaux meubleront aussi l'horaire de celui qui a dans la mire deux participations aux Jeux (2016 et 2020). «Pour Rio, tout va se jouer à la mi-mai avec deux Coupes du monde en Europe. Même si ma place est presque déjà acquise, je dois fournir les résultats.»

Histoire de pousser la machine à la limite, Moreau fera l'achat dans les semaines à venir d'un tout nouveau vélo spécialement conçu pour le contre-la-montre. «L'équipement influence nos performances, surtout à ce niveau. Sur le plan aérodynamique, je pense pouvoir retrancher de précieuses secondes, d'autant plus que je me distingue dans les virages serrés. Les petits détails font souvent la différence entre un top-10 et un podium.»

Fidèle compagnon, le vélo avec lequel il s'entraîne en ce moment pour les épreuves de route en sera à sa troisième et dernière année. L'année de tous les espoirs.

Des vitesses impressionnantes

Il n'est pas rare que les paracyclistes atteignent des vitesses avoisinant les 70 km/h. Charles Moreau a même déjà atteint les 93 km/h lors d'une course!

Un «jeune» de 33 ans

Aux Jeux olympiques, les athlètes de 33 ans sont souvent considérés comme des vétérans. En paracyclisme, dans la catégorie de Moreau, les trois leaders ont tous 42 ans ou plus, ce qui fait passer le Victoriavillois pour un jeunot!

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