St-Pierre s'initie au ski paranordique

Ça faisait longtemps que Yves Bourque se cherchait... (Olivier Croteau)

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Ça faisait longtemps que Yves Bourque se cherchait un partenaire d'entraînement pour la pratique du ski paranordique. En Mathieu St-Pierre, l'athlète paralympique estime avoir déniché un des beaux espoirs de sa discipline.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Yves Bourque savait qu'il ne serait pas difficile d'initier Mathieu St-Pierre au ski paranordique. Une fois par semaine, l'athlète ayant pris part aux Jeux de Sotchi convie son ami à une séance d'entraînement en vue de la prochaine saison de glisse. À mots à peine couverts, il prédit déjà que son poulain deviendra l'un des meilleurs athlètes paralympiques de son sport au Canada. Rien de moins!

Bourque et St-Pierre ont invité Le Nouvelliste à une rencontre sur la piste Châteaudun, en bordure de l'autoroute 40 à Trois-Rivières, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. C'est souvent à cet endroit que les deux comparses se réunissent afin de pousser la machine, d'aiguiser les réflexes de St-Pierre, un mordu de sports confiné à un fauteuil roulant depuis l'accident de travail qui l'a privé de l'usage de ses deux jambes en février dernier.

Chaque jour amène son lot de défis pour cet athlète d'endurance accompli, habitué à braver les intempéries de la rivière St-Maurice. Apprivoiser ce nouveau mode de vie ne se fait pas en claquant des doigts, mais les sorties avec Bourque confirment au moins une chose: St-Pierre a toujours la piqûre pour le ski de fond, un passe-temps qu'il avait découvert avec ses compagnons de la Classique de canots.

Aujourd'hui, il bénéficie des précieux conseils d'un fondeur expérimenté et de son entraîneur, le professeur de l'UQTR François Trudeau.

«Il faut que je sois honnête, Yves m'attend pendant les pratiques. S'il le voulait, il pourrait me clancher dès le départ», rigole le Shawiniganais, dont l'équipement a justement été fourni en partie par son coéquipier.

«Yves m'a aidé à trouver la luge, celle qui sera attachée à mes skis quand je vais commencer à glisser cet hiver. Pour l'instant, on y va avec les roulettes dans la terre et sur l'asphalte, mais c'est un bon exercice car je dois encore apprendre à rester en équilibre. Je sais que je vais effectuer quelques sorties de route, mais j'ai un bon mentor pour retrouver le chemin!»

À le voir aller, Mathieu St-Pierre mise déjà sur une base intéressante, comme l'avait prévu Bourque. Ses années de canot ont renforcé le haut de son corps, il est doté d'une bonne puissance. Quant à la cadence, il suit le rythme. Rien de surprenant puisqu'il est habitué aux épreuves d'endurance. Il a même renoué avec la discipline du canot au cours de l'été avec sa copine et des amis de Shawinigan. Sa réadaptation, il ne la passe pas dans son salon.

«Il ne lui reste qu'à apprivoiser les techniques de luge, comment s'organiser pour être confortable et le plus performant possible. Mais je ne suis pas inquiet. C'est un athlète naturel, il a ça dans le sang, mentionne Bourque. Selon moi, 50 % de la job est accomplie. Avec le temps, il gagnera encore en puissance. À partir de ce moment, il deviendra un fondeur redoutable.»

Fort potentiel

C'est pourquoi Yves Bourque lui a proposé de prendre part au camp de développement de l'équipe nationale paralympique d'ici quelques semaines, à Canmore en Alberta. Non seulement le Bécancourois se plaît-il à côtoyer un partenaire d'entraînement dans la région, mais il croit dur comme fer que le jeune homme peut aller loin. Très loin. Même s'il ne faut pas brûler d'étapes.

«Je l'ai su dès le début. Écoute, ça fait une douzaine de sorties qu'on fait ensemble et il ne cesse de progresser. Il s'entraîne environ une heure par jour, si ce n'est pas plus. Avec mon travail chez Interval, j'ai initié beaucoup de gens dans la réadaptation physique, mais je n'ai jamais vu quelqu'un aussi motivé que Mathieu. Dans mon livre à moi, il deviendra un des meilleurs au monde. Il ira loin, j'en suis convaincu.»

Changer sa mentalité

St-Pierre carbure au même optimisme que «son maître.» Il n'en est pas moins conscient qu'il doit changer son approche vis-à-vis ses performances sportives.

«J'ai toujours été un gars compétitif, mais là, je suis en mode apprentissage. On verra où j'en suis dans un an ou deux. Mais si ça va bien, si je sens que j'évolue dans le ski paranordique, c'est certain que je suis intéressé à devenir un athlète paralympique de niveau international. Surtout que je reçois encore l'appui de mes amis. J'ai fait des pas de géant grâce aux dons amassés après mon accident et j'en suis très reconnaissant.»

Sa première course officielle devrait se dérouler au Vermont, quelque part en janvier. En plus de ses projets en ski paranordique, Mathieu St-Pierre vise toujours une participation à la Classique internationale de canots, en septembre prochain à La Tuque. Du ski au canot, sa motivation ne semble avoir aucune limite.

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