Pierre-Luc Laforest: les Aigles plutôt que les majeures

Pierre-Luc Laforest sera de retour avec les Aigles... (Olivier Croteau)

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Pierre-Luc Laforest sera de retour avec les Aigles l'an prochain, tournant le dos à quelques équipes des majeures qui auraient aimé compter sur ses services avec une de leurs équipes mineures.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Si certains pensaient que le retour de Pierre-Luc Laforest avec les Aigles était assuré au terme de la dernière saison, le principal intéressé a confirmé vendredi qu'il a dû réfléchir longuement à son avenir après avoir remporté le championnat de la Ligue Can-Am en septembre. Trois équipes du Baseball majeur étaient intéressées à ses services.

Vendredi, les Aigles ont confirmé le retour du gérant de 37 ans pour les deux prochaines années. Le directeur général René Martin y est même allé d'une boutade.

«On parle d'un contrat de deux ans, mais réellement c'est un contrat qu'on revoit chaque année parce qu'on sait qu'un jour, Pierre-Luc va aller diriger les Blue Jays ou les Expos.»

Une blague qui n'est pas si loin de la vérité puisque le chef d'orchestre des Oiseaux aurait pu se joindre à une organisation des majeures au terme de la dernière campagne. Depuis qu'il dirige dans le baseball indépendant, Laforest avait reçu de l'intérêt de certaines équipes, mais les discussions se sont accentuées lors de la dernière saison. Les Rays de Tampa Bay, les Phillies de Philadelphie, deux formations avec lesquelles il a évolué, ainsi que les Yankees de New York étaient prêtes à lui ouvrir leurs portes.

«Chaque année, j'avais des discussions avec Philadelphie et Tampa, deux endroits où j'ai passé beaucoup d'années. À Tampa, il y a trois personnes en charge qui étaient là quand j'y étais en 1997. C'est une relation qui dure depuis 20 ans. Ils m'ont dit que je fais partie de la famille. Il n'aiment pas les curriculum vitae, ils aiment les personnes et ils savent tout de ce que j'ai pu faire. Ils m'ont dit qu'à tout moment, si je le voulais, je pouvais revenir dans l'organisation et que je n'avais qu'à les appeler.»

Les discussions ont toutefois été plus sérieuses cette saison, dont avec les Phillies et leur conseiller senior, Mike Compton, un ancien receveur des majeures qui a occupé plusieurs postes au sein de l'organisation.

«C'est lui qui m'a montré à devenir receveur en 2000. J'ai eu plusieurs conversations avec lui l'an dernier. C'était sérieux. Il m'a dit que ça fait trois mois qu'il pensait à moi pour un poste d'assistant à l'entraîneur des frappeurs et responsable des receveurs. Il m'a dit que c'était ma place, ma job. Je lui ai dit qu'il n'avait qu'à m'appeler. Il m'a répondu que comme je n'étais pas dans le baseball affilié, ce n'était pas possible.»

Parce qu'en effet, Laforest n'aurait pu faire le saut directement dans les majeures. C'est la tradition au baseball, on offre des promotions aux entraîneurs au sein de l'organisation. Il faut gagner ses galons en commençant au plus bas niveau.

«J'ai plusieurs amis qui sont passés par les ligues des recrues, où ils ont fait un an avant d'obtenir un poste plus important.»

Alors, pourquoi ne pas avoir fait le saut? Après tout, le baseball affilié offre de meilleures conditions salariales ainsi que la possibilité de gravir les échelons et d'atteindre les grandes ligues.

«Je ne sais pas. Ça fait trois ans que j'y pense. J'ai passé beaucoup de temps avec ma femme à savoir quoi faire. Moi ce qui est important, c'est d'accomplir quelque chose. Ici, j'ai commencé quelque chose.»

En effet, le gérant originaire de Gatineau est bien fier de ce qu'il a construit au stade Fernand-Bédard, où il a le dernier mot sur tout ce qui touche son vestiaire, contrairement au baseball affilié. «Un gérant n'a pas le dernier mot nulle part. Tu ne fais même pas ton alignement. Tu n'es qu'une marionnette.»

Un championnat qui change tout

Le discours de Laforest aurait pu être bien différent n'eut été de la fin de saison des Aigles et le championnat des séries. Alors que plus rien n'allait au début du mois d'août, plusieurs membres de l'organisation, dont René Martin, craignaient de voir le gérant plier bagage au terme de la campagne.

«Oui, je pensais qu'on allait le perdre. Pierre-Luc ce n'est pas un lâcheur, mais c'est un gagnant et je pense qu'il aurait réévalué sa situation.»

Victoire ou défaite, c'est toutefois la vie familiale qui a pesé le plus lourd dans sa décision de revenir à Trois-Rivières. Dans les années 1970, c'était le petit Ken Griffey Jr qui jouait à la cachette dans les estrades du Stade municipal, alors que Fernand Bédard lui-même jouait à la nounou. Aujourd'hui, ce sont deux petits blondinets qui se font entendre durant les matchs, supervisés par leur mère alors que leur père dirige 23 joueurs. «C'est la partie la plus importante pour moi. Je veux élever mes kids et être avec ma famille. Je devais donc trouver quel était le meilleur contexte pour moi. Le baseball affilié, ce n'est pas la gloire. Mais c'est un prix à payer. Si ce n'était que de moi, ça ne me dérangerait pas, mais ma femme n'a jamais vécu le baseball affilié, nous nous sommes rencontrés tout juste avant que j'arrive avec les Capitales.»

«Ce n'est pas juste moi, c'est ma famille et j'ai pris quelques décisions dans ma carrière où je n'ai pensé qu'à l'argent, avoue Laforest avec une certaine note de regret. Oui, tu peux faire pas mal plus d'argent dans l'affilié, mais tu dois te demander ce qui est important pour toi. Est-ce que 5000 ou 10 000 $ va te rendre vraiment plus heureux alors que tu ne verras jamais ta famille ou que tu vas te battre avec parce que tu n'es jamais là?»

L'ancien receveur des majeures sera donc de retour dans sa nouvelle ville d'adoption l'an prochain. Jusqu'à quand? Il sait très bien qu'à son âge, la fenêtre pour amorcer une carrière dans le baseball affilié va se refermer prochainement. René Martin, lui, se croise les doigts.

«Je m'attends à ce qu'il reste avec nous longtemps. Mais si Tampa Bay lui offrait un poste haut placé, avec un salaire de 300 000 $, on va comprendre. Et ce sera une autre victoire pour les Aigles!»

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