Scandale en athlétisme: Alex Genest déçu

Alex Genest, un adepte du 3000m steeple-chase, se... (Yves Longpré)

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Alex Genest, un adepte du 3000m steeple-chase, se demande si ses résultats n'ont pas été altérés en raison de la présence de certains tricheurs, notamment des Russes, aux Mondiaux de 2013 et aux Jeux olympiques de Londres l'année précédente.

Yves Longpré

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Dès 2012 - et même un peu avant -, Alex Genest se doutait que quelque chose clochait dans le monde russe de l'athlétisme. Il n'était pas seul dans son camp, à la lumière des révélations de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Invité sur toutes les tribunes pour commenter le récent scandale qui secoue le pays de Vladimir Poutine, Genest ne se gêne pas pour condamner la corruption en lien avec des tests antidopage falsifiés et camouflés, qui impliqueraient le gouvernement russe ainsi que la fédération internationale et son ex-président, Lamine Diack. 

Genest, un adepte du 3000m steeple-chase, se demande si ses propres résultats n'ont pas été altérés en raison de la présence de certains tricheurs.

Le président de la commission de l'AMA, le Montréalais Dick Pound, a confirmé lors d'un point de presse à Genève que les manigances russes ont eu des répercussions sur les résultats d'événements importants, comme les Jeux olympiques de Londres en 2012, ceux de Sotchi en 2014 de même que pour les Championnats mondiaux d'athlétisme de Moscou, tenus il y a deux ans.

Ironiquement, c'est lors de ces Mondiaux que Genest est devenu le premier Québécois à participer à la finale du 3000m steeple-chase. «Je me souviens que les Russes avaient dominé les podiums. Puis, deux ans plus tard aux Mondiaux de Pékin, alors qu'on les savait sur le coup d'une enquête de l'AMA, plus rien! Leurs athlètes n'étaient pas de calibre, ils rataient les finales. Ce n'est pas normal et c'est fâchant. C'est extrêmement dégueulasse.»

Et la Russie n'était sûrement pas la seule à agir de cette manière, avance Genest. «Aux Jeux de Londres, j'ai raté la finale de peu en terminant 16e. Mais j'entretiens de gros doutes par rapport à deux coureurs, soit un Moldave (Ion Luchianov) et un Algérien (Mohamed Khaled Belabbas).» 

Ces deux athlètes ont terminé devant Genest par quelques centièmes de seconde, à peine.

«Quand tu y penses, c'est démoralisant. Mais il y a plein d'autres personnes qui pratiquent l'athlétisme de la bonne façon», tient à préciser le coureur de Lac-aux-Sables, confiant qu'il peut encore retrancher du temps à ses meilleurs chronos, lui dont les énergies se concentrent en vue d'une qualification pour Rio 2016.

«Je ne retournerai jamais sur la ligne de départ de Londres, on ne peut effacer le passé. Est-ce que j'aurais pu me classer en finale? Peut-être que oui. Est-ce que l'AMA a vraiment le goût de combattre ce fléau? Je souhaite que oui! Ce n'est pas une commission indépendante qui a sorti le tout, mais ça va prendre un vrai ménage et les sanctions appropriées.» 

«Je souhaite que l'AMA aille au bout de cette histoire. Le dopage, ça touche l'haltérophilie et le cyclisme, et ça semble désormais être très répandu dans l'athlétisme. C'est dommage, car à la base, c'est un sport pur.»

Un sport pur qui demande des heures d'entraînement et de perfectionnement. Des centres de recherche où on étudie l'évolution des athlètes, où de nouvelles méthodes se révèlent.

«Est-ce qu'il y a tout ça en Russie? Non! Il n'y a aucune équipe autour des athlètes, presque pas de suivi, ils ne mettent pas autant de temps ni d'énergie que les Canadiens, les Africains et les autres Européens. Je m'entraîne six ou sept fois par semaine à raison de deux à trois fois par jour. Je ne crois pas que tous les Russes peuvent en dire autant. Pourtant, pendant un certain temps, ils étaient pas mal plus rapides que nous...»

Des entraîneurs russes ont déserté leur pays, révoltés par la corruption avec le gouvernement et la fédération internationale. «Ils tentent de se trouver un emploi ailleurs, mais on s'aperçoit assez vite qu'ils savent bien peu de choses sur les méthodes récentes. En tout cas, pour eux, c'est plus avantageux d'apprendre dans un autre pays que de rester en Russie pour dénoncer le système de dopage. Ils risquent d'être assassinés!»

Alex Genest ne ruminera pas ce scandale bien longtemps. À la fin du mois, il prendra part au championnat canadien de cross-country à Kingston. Une autre étape dans sa quête d'une deuxième présence aux Olympiques. Des Jeux purs, comme tout le monde le souhaite.

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