Samuel Girard sera au centre de «méchantes discussions»

Samuel Girard... (François Gervais)

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Samuel Girard

François Gervais

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La Presse Canadienne
Shawinigan

Les succès du défenseur Samuel Girard des Cataractes de Shawinigan font certainement de lui un espoir prometteur en vue du prochain repêchage de la LNH. Reste à voir maintenant quelle équipe sera prête à jeter son dévolu sur un défenseur à petit gabarit, une tendance peu populaire.

Sur sa liste préliminaire, la Centrale de recrutement de la Ligue nationale a classé Girard comme un espoir qui pourrait potentiellement être sélectionné entre la quatrième et la sixième ronde. Il s'agit là d'un classement surprenant pour l'un des meilleurs défenseurs de la LHJMQ.

«Quand j'ai vu la cote, ça m'a un peu fait quelque chose, mais ça me démontre à quel point je peux prouver que je peux grimper, a déclaré le principal intéressé. Ça me donne un objectif de plus.»

Pourtant, lorsqu'on discute avec des observateurs du monde du hockey, ils admettent qu'on ne peut pas reprocher beaucoup de choses à Girard. L'un d'entre eux est d'ailleurs convaincu que le défenseur des Cataractes serait repêché en première ronde s'il était un peu plus imposant.

«Samuel Girard possède des choses qui ne s'enseignent pas», a-t-il résumé sous le couvert de l'anonymat.

«Tout paraît facile pour lui, a pour sa part déclaré un recruteur d'une équipe de la LNH. Sa vision du jeu et son sens du hockey lui permettent de se démarquer des autres.»

Les succès du défenseur Samuel Girard des... (Infographie Le Nouvelliste) - image 2.0

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Infographie Le Nouvelliste

Discussions animées à prévoir

Le seul sujet qui revient continuellement dans les discussions - et qui risque de faire hésiter certaines équipes - est sa stature de cinq pieds neuf pouces et 168 livres.

«Il y a une chose que je peux garantir, c'est qu'il va y avoir de méchantes discussions à propos de ce joueur-là dans les réunions, c'est définitif, a lancé le recruteur. Avec le type de hockey qu'il joue, ça va revenir à son gabarit.»

Le doutes à propos de sa stature ne datent pas d'hier. Depuis son stage au niveau bantam, le défenseur des Cataractes de Shawinigan entend toutes sortes de commentaires à son sujet. Du haut de ses cinq pieds neuf pouces, le Robervalois n'y prête guère attention et se sert plutôt de son talent pour répliquer.

«Je trouve ça drôle, a lancé l'arrière de 17 ans après une victoire de 8-2 des siens face aux Remparts de Québec, vendredi. J'ai juste envie de les faire mentir et de pouvoir réaliser mon rêve. Tout ce que je peux faire, c'est de leur prouver que je suis capable de me rendre là. Après ça, ils vont peut-être se la fermer.»

Girard est devenu un spécialiste dans l'art de prouver à ses détracteurs qu'ils ont tort. Sa capacité d'adaptation, sa vision du jeu et son intelligence sur la patinoire lui ont permis d'afficher une progression constante malgré le fait qu'il affronte des joueurs plus costauds d'année en année.

À sa deuxième saison dans la LHJMQ, celui qui a remporté le titre de recrue défensive de l'année en 2014-2015 domine les défenseurs du circuit avec une récolte de 30 points en 22 rencontres. Son différentiel de plus-15 le place aussi parmi les meilleurs arrières de la Ligue.

«Je crois que ce que les têtes de hockey veulent voir de Samuel, c'est de la constance, a expliqué son entraîneur chez les Cataractes, Martin Bernard. Je pense que plutôt que de lui coller l'étiquette de défenseur offensif ou défensif, ils veulent lui coller celle de défenseur efficace.

«Ils sont tous conscients qu'offensivement, il va faire des choses extraordinaires. Défensivement, il démontre avec son différentiel qu'il est capable de bien gérer.»

Situation gagnante

Bien que la LHJMQ ne soit pas reconnue comme la ligue la plus physique du circuit canadien, Girard a démontré selon plusieurs qu'il était en mesure de se frotter à des joueurs plus grands et plus lourds que lui.

«Il s'en sort très bien par son intelligence du jeu, par sa mobilité et par sa fluidité sur patins, a expliqué son entraîneur chez les Cataractes, Martin Bernard. Il ne se place pas en position vulnérable et puisqu'il est très confortable en possession de rondelle, l'aspect physique, ça parait moins.»

Il y a bien sûr les Tobias Enstrom, Torey Krug, Duncan Keith et Erik Karlsson, mais force est d'admettre que les défenseurs à petit gabarit ne sont pas monnaie courante chez les équipes du circuit Bettman. Girard voit cependant parmi ces quelques exemples de réussite, une source d'inspiration et de motivation.

«Plus les années avancent, plus on voit des petits défenseurs. Ça m'encourage de voir des Keith et des Karlsson parmi les meilleurs de la Ligue. De les voir aller, ça me donne le goût d'avancer encore plus pour atteindre mon rêve.»

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