L'arbitre de boxe devenu globe-trotter

Le Shawiniganais Tony Germain a eu le privilège... (Karim de la Plaine)

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Le Shawiniganais Tony Germain a eu le privilège de rencontrer plusieurs grandes vedettes de la boxe au cours de sa carrière, dont Manny Pacquiao à qui il a pu serrer la main lors des derniers Championnats du monde de boxe amateur, au Qatar.

Karim de la Plaine

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(Trois-Rivières) Aux quatre coins de la planète, Tony Germain grimpe dans l'arène avec les plus redoutables boxeurs amateurs de la planète. Au fil des ans, il a pu observer de près les futures vedettes de la boxe professionnelle, les gants à quelques pouces du visage. Tout ça, sans même recevoir un seul coup de poing au visage! Pour un mordu du Noble art comme lui, c'est un véritable rêve qu'il vit en tant qu'arbitre international.

Tony Germain a travaillé lors des plus récents... (Association internationale de boxe amateur) - image 1.0

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Tony Germain a travaillé lors des plus récents Championnats du monde de boxe amateur, au Qatar. On l'aperçoit en pleine action lors du combat entre le Français Tony Yoka et le Britannique Joseph Joyce.

Association internationale de boxe amateur

Comptant maintenant deux Championnats du monde AIBA derrière la cravate, cet arbitre et juge de 43 ans a maintenant les yeux rivés sur son objectif ultime: les Jeux olympiques d'été présentés sous les chauds rayons de Rio, au Brésil en 2016.

Germain a d'ailleurs récemment subi un important test au Qatar alors qu'il a été désigné pour arbitrer la finale mondiale des super légers remportée par le Russe Vitaly Dunaytsev aux dépens de l'Ouzbek Fazliddin Gaibnazarov.

Au même titre que les pugilistes, il doit gagner sa place pour les Olympiques, tournoi après tournoi. Compte tenu de son expérience de 88 compétitions internationales, il considère les probabilités excellentes. «J'estime mes chances à 95 % d'être à Rio. Aux Mondiaux, il y avait 37 arbitres et j'ai fait partie des 10 sélectionnés pour faire une finale», note celui qui s'attend à recevoir une réponse au mois de mars.

Ascension rapide

Dans le monde de la boxe, le Shawiniganais a gravi les échelons à la vitesse grand V. En 1996, il a fait une première incursion dans le monde de l'arbitrage, après avoir goûté à cette discipline tant comme boxeur qu'entraîneur. La piqûre a été instantanée et sa progression fulgurante. Sept ans plus tard, il obtenait ses papiers pour infiltrer le premier échelon de la scène internationale.

Puis, en 2011, Germain a atteint le plus haut sommet de son métier ouvrant ainsi devant lui les portes des plus prestigieux rendez-vous. Un statut dont bénéficient seulement 140 personnes sur la planète.

En plus de tout, ça il a même eu droit à un passage à la présidence de la Fédération québécoise de boxe olympique.

«Au début, j'ai voulu arbitrer pour l'amour de la boxe. Je voulais rester impliqué dans le milieu. J'ai tout de suite aimé ça, mais je ne m'attendais pas à me rendre jusque sur la scène internationale», avoue celui qui a arbitré les premiers combats de Mikaël Zewski, alors qu'il était âgé d'à peine 11 ans.

Évidemment, avec une feuille de route garnie de près de 1000 combats internationaux et quelque 3500 de niveau local, cet enseignant d'histoire à l'école secondaire Val-Mauricie en a vu de toutes les couleurs. S'il soutient ne pas avoir été impliqué souvent dans des situations trop extravagantes, le Shawiniganais se souvient très bien d'une anecdote loufoque survenue aux Jeux du Commonwealth 2014, à Glasgow en Écosse.

Au premier round de son duel, l'Ugandais Robert Semitala avait vécu un problème d'équipement assez majeur: son gant s'était détaché de sa main. «Son gant s'est retrouvé complètement à l'extérieur du ring. J'ai rapidement arrêté le combat. Je ne pensais jamais voir une telle chose», rigole l'expérimenté officiel.

Vidéo du combat de Robert Semitala

Maintenant habitué aux combats de grande envergure, l'arbitre de 43 ans souligne avoir été particulièrement nerveux lorsqu'il a été désigné pour la finale des poids lourds aux Championnats du monde AIBA de 2011. «Les gradins étaient pleins et le favori local se battait. C'était pas mal stressant avec l'ambiance qui régnait! En bout de ligne, il n'a pas été donné gagnant, mais ce n'était même pas serré. Il avait été dominé par l'Ukrainien», se souvient-il.

Le combat impliquant l'Ukrainien Vasyl Lomachenko l'a également marqué en raison de l'ascension phénoménale de celui-ci. «Après trois combats professionnels, il devenait champion du monde!»

Au fil des ans, il a été un témoin privilégié de la transformation de la boxe chez les amateurs. Si le retrait du casque protecteur a fait grincer des dents au pays, Tony Germain indique plutôt que cette décision a été chaudement accueillie ailleurs sur le globe. Il fait lui-même partie des partisans de cette nouvelle réglementation. «C'est un changement vraiment positif. La boxe est beaucoup plus belle depuis le retrait du casque. Les boxeurs ne peuvent plus seulement se tenir les deux dans le milieu du ring et se cogner l'un contre l'autre. En plus, le nouveau système de pointage force le boxeur à se battre ronde après ronde.»

Pacquiao et compagnie

Par ailleurs, sur des scènes aussi réputées que les Championnats du monde, le gratin de la boxe professionnelle n'hésite pas à se pointer le bout du nez. Aux derniers Mondiaux, Germain a d'ailleurs eu le bonheur de rencontrer les légendes Manny Pacquiao ainsi que les frères Vitali et Wladimir Klitschko.

«Manny Pacquiao a démontré à quel point il est un véritable gentlemen. Il m'a beaucoup impressionné. Il était venu rencontrer les responsables du comité olympique du Qatar et il a pris le temps de serrer la main de pratiquement tout le monde qui se trouvait dans l'aréna. C'est plaisant de voir des gars comme ça qui n'ont pas oublié leurs racines de la boxe amateur.»

Dans un monde où la moyenne d'âge se situe à 52-53 ans, Tony Germain ne songe évidemment pas à la retraite. Quant à un éventuel saut dans le monde des professionnels, il n'ose pas trop y penser tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas goûté aux Jeux olympiques. «Je ne ferme pas la porte aux professionnels, mais je ne veux pas l'ouvrir tout de suite.»

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