Ce qui ne tue pas rend plus fort

Il y a deux ans, Martin Bernard traversait... (photo: François Gervais)

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Il y a deux ans, Martin Bernard traversait un début de règne difficile avec les Cataractes, au coeur d'une séquence historique de 11 revers. Aujourd'hui, le portrait a bien changé alors que son équipe se situe au sommet de la LHJMQ.

photo: François Gervais

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(Shawinigan) La scène se passe le 28 septembre 2013. Une petite heure après la septième défaite d'affilée encaissée par les Cataractes en ce début de campagne, la première de Martin Bernard comme pilote de cette équipe en reconstruction. Bernard est à l'avant de l'autobus, isolé. Il est songeur, évidemment.

Après tout, son club commence à être comparé à la triste époque des Dynamos, une équipe qui avait signé notamment une misérable campagne de trois victoires. Un animateur radio demande sa tête à tous les matins. Bernard voit que son équipe progresse, mais elle est incapable pour l'instant d'acheter une fichue victoire. Et notre homme a assez de vécu pour savoir que dans son métier, c'est la colonne qui ne pardonne pas.

C'est à ce moment que son nouveau patron s'invite sur sa banquette. Mondou est direct. C'est un monologue, pas une discussion. Il lui dit de tenir le cap, que le plan tracé n'est pas moins bon qu'il y a un mois. Qu'il voit bien que l'équipe ne joue pas si mal, et qu'elle va sortir grandie de cette affreuse séquence. Puis, il lui dit de dormir tranquille, qu'il est à Shawinigan pour rester. Peu importe s'il perd le prochain match... ou les cinq suivants!

«Je n'ai pas peur de le dire, ce fut le point tournant de notre relation. Ça fait toute la différence du monde quand tu reçois une tape dans le dos comme ça. Tu peux te présenter le lendemain à l'aréna avec la bonne attitude devant les joueurs, en mode solution. C'est tellement important, ce que tu dégages lorsque tu es avec tes joueurs. Jamais, durant cette période, je n'ai senti de découragement dans le vestiaire. Ils voulaient gagner, c'est normal. Mais ils voyaient eux aussi qu'on s'en allait dans la bonne direction», livre Bernard.

Le moral était donc intact, mais les résultats n'ont pas suivi immédiatement. Les Cataractes ont finalement perdu 11 matchs d'affilée avant de goûter à la victoire, effaçant le record de concession de 10 défaites des Dynamos. Trois interminables semaines supplémentaires où la pression s'est accentuée autour de Bernard.

Ça n'a pas empêché Mondou de tenir parole, et il a même offert publiquement son soutien à son entraîneur dans les derniers moments de la tempête. «Plusieurs croyaient que c'était le baiser de la mort quand Martin a pris la parole publiquement. Pas moi. Je n'ai pas douté une seule seconde. Il y avait notre discussion en revenant de Gatineau, puis sa façon d'interagir avec moi. Ça n'a jamais changé. Ce bout-là, je n'avais aucune inquiétude.»

Bernard pouffe de rire quand on lui demande après combien de défaites il avait perdu le sommeil. «Une seule! C'est toujours comme ça. Je déteste perdre...», lance l'homme de hockey, en confiant que ce sont ses proches qui ont le plus souffert de ce début de règne stérile. «Quand tu fais du hockey, tu comprends que les critiques, les rumeurs, les victoires, les défaites, tout ça fait partie de ton travail. Mais pour tes proches, c'est plus difficile. Tu dis quoi à ta femme quand elle te raconte que sur le chemin pour aller porter les enfants à l'école, elle a entendu un animateur radio exiger ma tête? Tout le monde braillait dans l'auto... Je me souviens d'une discussion aussi où elle m'a dit, une chance que nous n'avons pas encore défait toutes nos boîtes!" Au point de vue familial, je ne peux cacher que ce fut difficile. On venait de s'installer ici, personne ne voulait déménager à nouveau.»

Le voeu des Bernard a été exaucé. Ils ont pu s'enraciner à Shawinigan et défaire les dernières boîtes du déménagement sans aucune presse. À partir du moment où l'équipe a décroché une première victoire le 18 octobre face à l'Océanic de Rimouski, cette jeune équipe n'a jamais cessé de progresser.

Quelques mois plus tard, les Cataractes 2013-14 devenaient la première équipe à se qualifier pour les séries malgré une séquence de 10 défaites en début de saison. L'an dernier, contre toute attente, ce jeune noyau a terminé au cinquième rang du classement général. Et cet automne, un an avant le plan prévu, les Shawiniganais sont identifiés comme les plus sérieux prétendants à la Coupe du Président.

«Dans le junior, les joueurs évoluent tellement, d'une saison à une autre. Si nous sommes un peu en avance, c'est grâce aux joueurs. Ils ont acheté le plan, ils ont travaillé pour que ça se produise. Du haut au bas de la pyramide, tout le monde tire dans la même direction. C'est très stimulant de travailler dans un environnement semblable.»

Un environnement qui aurait pu être complètement chamboulé en octobre 2013 si Mondou avait eu la gâchette facile...

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